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Abdelkarim Chankou - publié le Vendredi 17 Août à 11:49

La mort clinique de la politique




Les vagues de contestations populaires que vit le monde arabe depuis environ deux ans et qui sont dites niaisement « révolutions » par les médias et politologues cathodiques autres analystes de service pour donner plus de piquant aux images véhiculées - non sans grossissement- par les réseaux sociaux ne sont en réalité qu’une scénarisation proactive du déclenchement de la phase 2 de la mondialisation qui touche désormais les quatre coins du globe.



La mort clinique de la politique
Cette deuxième phase s’est accompagnée de la mort clinique de la politique. La politique ce n’est plus l’art du possible (Gambetta), c’est maintenant le flou artistique pour prouver que tout est encore possible alors que la situation est définitivement désespérée. Mieux : si selon Mirabeau « toute la politique part d’un grain de blé », aujourd’hui « toute la politique part du blé tout court ». C’est l’ère de l’argent roi. L’homme vaut par ce qu’il porte et ce qu’il a dans son porte-monnaie. On s’en fout de ce que recèle sa calebasse. Il possède une Rolex il vaut au moins une Rolex, il a un Solex il vaut au moins un Solex.

Il n’a rien il ne vaut rien. C’est aussi simple que ça.  Les politiques inventés pour parer à ce genre d’impasse ou du moins en retarder l’avènement  sont devenus des bêtes empaillées après avoir été plus ou moins des animaux politiques (Aristote). Ils sont devenus le décor d’une scène de théâtre où le vulgum pecus chante en chœur à la gloire de la liberté qui lui est donnée de s’extirper les cordes vocales, et pour enfoncer le clou c’est cette foule même à qui revient l’honneur de planter chaque fois le décor ! L’opération s’appelle « vote » ou « votation ».

  Bien évidemment, puisque le décor ne varie que par ses postures différentes cela a induit inéluctablement  la mort- également- de la pensée libre. Faute de planter le décor, les intellectuels quasiment momifiés (pire qu’empaillés) sont priés cette fois de servir de bois de soutènement  au décor scénique. Cynique non ? Pas assez. Car cette mort programmée des politiques et des intellectuels au grand bénéfice de la pensée unique et du règne de l’argent a laissé la porte grande ouverte à la religion-idéologie.

Un vide où les politiques fainéants, ceux qui étaient en sommeil ectoplasmique avant d’être ranimés comme par enchantement  par les mains qui tiennent les rennes de la mondialisation, se sont vite engouffrés, comme en Tunisie, Egypte, Libye, et bientôt le Yémen et la Syrie… Mais aussi dans d’autres pays qui ne sont ni arabes ni musulmans comme la Grèce  où l’église orthodoxe reprend, chaque jour que Dieu fait, du poil de la bête sans perdre de vue la Russie où la même église orthodoxe prie -actuellement- contre le président Poutine ! D’ailleurs ce retour « quasi providentiel » du fait religieux au grand dam de la chose politique n’est pas sans plaire aux grands manitous de la globalisation galopante. Devinez-vous en la raison ? Sinon la voici : L’église et la mosquée ont toujours été officieusement les meilleurs partenaires syndicaux des patronats. Avec le patronat universel  venu avec cette mondialisation heureuse (Alain  Minc) elles sauront être ses meilleurs alliés. Les politiques pas encore morts n’ont qu’à bien se tenir !



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