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Nour Awaiss - publié le Lundi 19 Août à 19:49

La jeunesse tunisienne ne s’arrête pas aux manifestations






La jeunesse tunisienne ne s’arrête pas aux manifestations
Beyrouth – Les manifestations se poursuivent à la place Bardo, devant le bâtiment de l’Assemblée nationale constituante tunisienne, au lendemain de l’assassinat de Mohamed Brahmi, homme politique de l’opposition, le 25 juillet dernier. La place est divisée entre les manifestants qui exigent la dissolution du gouvernement tunisien dirigé par le parti Ennahda et ceux qui le soutiennent.

Un grand nombre de manifestants en faveur d’un camp comme de l’autre sont des jeunes, et ils sont nombreux à avoir soutenu la révolution de Jasmin en janvier 2011. Afin de mieux comprendre le sentiment de la jeunesse tunisienne et ce qu’elle met en œuvre pour aider le pays à traverser ce moment difficile, je me suis entretenue avec les dirigeants du Conseil national de la jeunesse dans trois villes différentes – avec Mohamed Messani à Sousse, avec Ghada Daly à Sidi Bouzid et avec Zeinab Aouini à Bizerte.

Selon Mohamed Messai, « beaucoup de jeunes ont le sentiment que les hommes politiques tunisiens ne se soucient pas des intérêts majeurs du pays, tels que l’économie ».

« Souvenez-vous qu’il y a deux ans, les Tunisiens – et particulièrement les jeunes entre 18 et 30 ans – sont descendus dans les rues tunisiennes pour exiger de l’emploi et une économie plus prospère. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux estiment que ces priorités sont tombées aux oubliettes et que les politiciens ne se sentent concernés que par leurs propres intérêts », ajoute-t-il.

Les jeunes tels que Messai demandent aux hommes politiques, dans cette période transitoire, de mettre leur énergie au service du développement économique de la Tunisie plutôt que dans une lutte idéologique. « C’est la seule voie de la prospérité », affirme Messai.

Messai et les dirigeants du Conseil de la jeunesse de Sousse, dont il est membre, ne s’expriment pas uniquement par le biais de forums de discussion. Ils sont également en contact avec d’autres agents, tels que les hommes politiques. Ils ont récemment rencontré Taher Hmila, un porte-parole de l’Assemblée constituante nationale, afin de traiter de nombreux sujets, comme, par exemple, l’âge légal pour qu’un candidat puisse se présenter à une élection en Tunisie. Bien qu’il soit encore tôt pour dire si des changement concrets résulteront de cet entretien – pour l’instant, Hmila n’a rien promis à ces jeunes – Messai affirme que « nous devons poursuivre notre travail et être les porte-paroles des questions qui nous touchent – nous ne pouvons pas abandonner ».

Ghada Daly approuve les paroles de Messai. Lorsqu’on lui demande son avis sur les violences récentes qui sévissent dans le pays, elle répond que « certains Tunisiens tiennent l’opposition pour responsable de ces violences – qui comptent notamment le meurtre de 8 soldats il y a deux semaines près de la frontière algérienne – car elle vise la chute du gouvernement. Mais le problème n’est pas là. C’est sur l’avenir du pays que nous devons nous tourner ».

Qui plus est, Ghada Daly estime que rien ne peut être accompli par un seul et unique groupe. « La Tunisie est encore en phase de transition et les fondements pour un avenir meilleur, nous devons les construire ensemble », dit-elle.

Par « ensemble » Daly n’entend pas uniquement les différents partis politiques, mais les nouvelles générations et les plus anciennes. « Nous (les jeunes) voulons être entendus des hommes politiques », affirme Daly. A cette fin, avec les dirigeants du Conseil de la jeunesse de Sidi Bouzid, elle s’est tournée vers les médias pour que leur voix soit entendue sur divers sujets, allant du statut des jeunes athlètes de la région au coût de la vie.

D’autres jeunes se mobilisent pour veiller à un avenir stable dans le pays en s’attaquant directement à la violence. Au lendemain de l’assassinat de Mohamed Brahmi, Zeinab Aouini et le Conseil de la jeunesse de Bizerte ont pris les choses en main. « Nous ne pouvions pas regarder tout ce sang et rester les bras croisés », explique-t-elle.

Alors qu’elle estime que les efforts en vue de la stabilité nécessitent du travail autant sur le court que sur le long terme, les dirigeants du Conseil de la jeunesse de Bizerte ont décidé de se concentrer sur la stabilité à long terme.

« Nous développons actuellement un projet, dans un premier temps, avec les écoles primaires. Il intègre des activités visant l’acceptation mutuellement, et l’expression de son opinion dans la paix et la sécurité. Dans notre Conseil de la jeunesse, nous réfléchissions à la forme que doit prendre ce projet et, parallèlement, contactons les établissements de la région. Dans les premières discussions, des écoles ont exprimé leur intérêt pour notre projet et des enseignants nous ont encouragés à le concrétiser », nous raconte-t-elle.

Les dirigeants du Conseil de la jeunesse de Bizerte mettent en œuvre leur projet à niveau local, mais espèrent le faire à niveau national, enseignant ainsi aux nouvelles générations des principes de la non-violence.

Les dirigeants de la jeunesse de Bizerte, de Sidi Bouzid et de Sousse ont de grandes attentes pour leur pays et sont prêts à travailler à un avenir inclusif.

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* Nour Awaiss est rédactrice pour le Service de presse de Common Ground. Article écrit pour CGNews


Tagué : Nour Awaiss, Tunisie

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