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Wahyuana - CGNEWS - publié le Mercredi 13 Février à 09:01

La finance islamique ne connaît plus de frontières




Wahyuana* : Le Festival islamique de finance (FES) de 2008 s'est tenu cette année à Djakarta du 16 au 20 janvier. Sur invitation de la Bank of Indonesia, le festival s'était donné pour thème « La finance et la banque islamiques pour une Indonésie prospère ».



Dans son discours d'ouverture, le président Susilo Bambang Yudhoyono a expliqué comment le système bancaire islamique avait contribué à amortir les secousses de la crise économique de 1998 en Indonésie. Alors que les banques classiques avaient fait faillite pour cause d' hyper-dévaluation de la roupie indonésienne (IDR), les banques islamiques ont pu survivre: plus, en canalisant l'essentiel de leurs activités de financement vers les petites et moyennes entreprises, elles sont devenues l'épine dorsale de l'économie indonésienne.

Bien que la part totale de la finance et la banque islamiques dans l'économie indonésienne soit relativement modeste – 1,7% seulement des actifs économiques nationaux - elle représente un marché économique fondé sur les principes de la loi islamique ou charia et qui répond aux besoins d'environ 200 millions de musulmans.

Le succès que connaît aujourd'hui la banque islamique en Indonésie est dû au fait que, ayant constaté la performance positive des banques islamiques dans le pays, le gouvernement indonésien a commencé à l'envisager en tant que solution de rechange pour améliorer la situation économique de toutes les victimes des ravages de la crise de 1998. Au-delà, le président Yudhoyono y a vu l'occasion pour l'Indonésie de devenir le centre de la finance et de la banque islamiques en Asie et dans le monde.

Par opposition aux banques traditionnelles, les banques islamiques accordent volontiers aux entreprises des prêts à taux flottants. Le taux d'intérêt flottant est indexé sur le taux de croissance de l'entreprise. De ce fait, le profit que réalise la banque sur le prêt est égal à un certain pourcentage des bénéfices de l'entreprise. Une fois le principal remboursé, l'accord de partage des bénéfices prend fin.
 
Autre exemple: le financement du capital de départ. L'entrepreneur fournit le travail et la banque le financement, en sorte que tant le profit que le risque sont partagés. Ces montages de participation entre capital et travail correspondent au principe islamique selon lequel l'emprunteur ne doit pas encourir tout le risque ou tout le coût d'un échec. Ce système assure une répartition équilibrée des revenus et empêche le bailleur de fonds de monopoliser l'économie.

Dans un contrat hypothécaire islamique, au lieu de prêter au client la somme nécessaire pour acquérir l'objet, la banque peut acquérir directement le bien et le revendre à l'acheteur, majoré de son bénéfice. L'acquéreur peut à ce moment-là rembourser la banque par paiements échelonnés et sans pénalités pour retards. Dans ce troisième exemple, la banque se prémunit contre un défaut de paiement en exigeant des nantissements solides.

Les vertus de la finance islamique sont reconnues au-delà des frontières de l'Indonésie. Au cours de l'actuel exercice financier, le Royaume-Uni se propose d'émettre et de négocier des sukuk (obligations sans intérêts rémunérées par les bénéfices), libellées en livres sterling, répondant aux désirs des musulmans vivant au Royaume-Uni et d'autres opérateurs souhaitant travailler en sterling, ainsi qu'à de nouvelles institutions européennes émergentes, comme l'Islamic Bank of Britain et la European Islamic Investment Bank. La Thaïlande et Singapour commencent à suivre cet exemple. A côté de Hong Kong, Singapour est devenu le marché de finance islamique le plus dynamique d'Asie.

Des sociétés mondiales, comme HSBC Amanah, Citibank Syariah, et Allianz Syariah, ont également des offres financières islamiques alternatives dans le secteur des assurances.
 
M. Dato' Mohd Razif Abdul Kadir, gouverneur adjoint de la Banque centrale de Malaisie, indique qu'il existe aujourd'hui 300 institutions financières islamiques en activité dans 76 pays. La capitalisation des actifs totaux de la finance islamique a représenté une somme supérieure à 1000 milliards de dollars par an, tandis que l'indice du Dow Jones islamique atteignait les 10 trillions de dollars. Ces sommes sont encore modestes par rapport à la valeur totale de l'industrie mondiale de la finance.

Depuis une vingtaine d'années, cependant, l'émergence de la finance islamique est devenue un facteur dynamique des affaires mondiales, avec un taux de croissance de 65% par an.
 
Il est évidemment tentant de se lancer dans une industrie qui présente un tel potentiel de développement.
 
Un des résultats les plus bénéfiques de la finance islamique a été de présenter au monde un visage serein de l'islam, fortement atteint par les images négatives du terrorisme.

Le président Yudhoyono assure également que les services financiers islamiques ne sont pas seulement destinés aux communautés musulmanes. Il existe, dans la finance et la banque islamiques des valeurs communes qui la rendent plus accessible et plus acceptable pour les non-musulmans. Ainsi, la pratique du prêt sans intérêt est respectée par les trois confessions d'Abraham; on en trouve des occurrences dans le Coran (2:275, 278-279), et dans d'autres textes religieux tels que le Nouveau Testament (Luc 6:34-35) et la Torah, Vieux Testament (Exode 22:25).

De surcroît, la finance islamique valorise l'égalité, en acheminant le crédit vers le consommateur par le moyen d'opportunités d'investissement ouvertes et par le partage des profits et des pertes par le débiteur et le créancier.

Sur ces bases, la pratique financière de la banque islamique se rapproche du concept de "nouveau paradigme d'économie monétaire" esquissé par Joseph E. Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'économie en 2001. De plus, ces dogmes économiques sont tous conformes aux principes de la démocratie – une économie du peuple et pour le peuple qui est capable d'effacer l'aliénation économique.

* A Djakarta, le journaliste Wahyuana a fondé le Maluku Media Center (MMC), institution œuvrant pour un journalisme de paix et de résolution des conflits.


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