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Jamal MOADDEQ - publié le Mardi 19 Novembre à 17:52

La diplomatie marocaine face aux armes de l’influence






Le discours royal, à l’occasion du 38e anniversaire de la Marche verte, a été clair, frontal et offensif. Le souverain a évoqué les manœuvres orchestrées par les adversaires du royaume pour instrumentaliser le dossier du Sahara. Une mise au point qui marque une transition dans la gestion de ce dossier.

Partager les coulisses diplomatiques de la question du Sahara avec les citoyens est une première depuis le début de ce conflit. Une approche offensive qui annonce la fin d’une ère et le début d’une autre. Face à ce changement, la diplomatie marocaine est appelée à renouveler sa démarche en tenant compte de la nouvelle donne économique, politique, géopolitique, etc. la pratique diplomatique est passée d’une politique de diffusion et de rayonnement culturel à une politique d’influence dite du « Soft Power ».

Prenant conscience de l’importance de disposer de moyens d’influence et pour faire face à la domination occidentale, les pays émergents ont mobilisé des moyens importants pour s’imposer sur la scène international et rééquilibrer les rapports de force. Toutes les puissances émergentes (le Qatar, le Brésil, l’Inde, la chine etc.) s’intéressent de plus en plus au « soft Power » à travers la culture, le sport, la science, le business, etc. La diplomatie d’influence se distingue de la diplomatie classique en ce qu'elle ne se contente plus de mobiliser ses propres agents, mais fait appel à des partenaires, entreprises, ONG, think tanks, etc. Elle a une logique multipartenariale qui croise les expertises des différents acteurs.
Dans ce contexte le Maroc doit opter pour une politique volontariste, notamment avec ses partenaires africains, pour défendre sa position et ses valeurs. Le réseau diplomatique marocain doit faire preuve de dynamisme et renforcer sa politique de coopération et d’influence sur place. Il doit déterminer ses priorités et moderniser ses modes d’action. La logique universelle n’est plus d’actualité. Il faut absolument cibler des pays en fonction des intérêts économiques et politiques du Maroc et mettre en place la stratégie et l’organisation nécessaires. La diplomatie implique une priorité, des moyens et des ressources humaines.

L’influence se joue sur le terrain et non plus dans les ambassades, elle s’appuie de plus en plus sur les acteurs économiques et ceux de la société civile, sur une capacité d’anticipation et de mobilisation. Il faut accorder plus d’importance à la formation de nos diplomates, à la production de la connaissance et sa diffusion à travers les think tanks, à l’innovation, à la communication via les nouvelles technologies et à la présence de nos ressortissants dans les réseaux internationaux.

Cette réflexion sur une nouvelle pratique diplomatique, nécessite la consultation des hommes et des femmes qui agissent sur le terrain dans leur secteur d’activité et qui peuvent apporter leur expertise. Il apparait évident que la diplomatie d’influence constitue un enjeu majeur pour le Maroc. Le renforcement de sa position économique et politique en Afrique risque de déclencher une contre-attaque de la part des ses rivaux dans la région d’où la nécessité de consolider ses réseaux afin d’anticiper toutes les manœuvres de déstabilisation. Un nouveau défi à relever pour le Maroc.


Tagué : Jamal MOADDEQ

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