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Fahd Iraqui - publié le Lundi 11 Février à 10:50

La culture selon le PJD




Djellaba blanche immaculée, tarbouche watani rouge… Benky s’est mis sur son trente et un pour assister à l’ouverture d’un festival d’Al Amdah Nabawiya qui serait passé inaperçu si le Chef du gouvernement n’avait pas été présent. Il faut croire que Benkirane ne pouvait décliner l’invitation. C’est une manifestation organisée par le Mouvement unicité et réforme (MUR), la matrice de son parti (PJD), et donc sa base électorale. Et puis, ce n’est pas surprenant que notre Chef du gouvernement soit fan de ce genre de chants religieux. Il a la tronche du gaillard ta9lidi qui, dans les fêtes familiales, préfère ramener des tolba plutôt qu’un orchestre de cha3bi. C’est une question de mauvais goût, on s’en fout…



La culture selon le PJD
Ce dont on se fout moins, c’est la portée politique de cette sortie officielle du Chef du gouvernement. Il a débarqué à cet événement entouré de trois de ses ministres alors que, deux jours auparavant, le Festival national du film de Tanger a été boycotté par les membres du gouvernement. Le message est donc alarmant – d’où le look gyrophare de Benky – à l’adresse des acteurs culturels : votre cinéma, il me passe au-dessus du tarbouche, mon gouvernement cautionne la culture “authentique”. Le manifeste du MUR, distribué entre deux louanges à Sidna Mohammed, donne d’ailleurs une vision de la politique culturelle que Benky et ses partisans aimeraient bien mettre en pratique : “Relier l’art à sa fonction de prédication” pour “relever le goût artistique de la société tout en renforçant sa foi”. Brrr ! Ça donne envie de rester inculte…
 
Commissions & dysfonctionnements
Voici des chiffres qui ne laissent pas indifférents : le parc automobile de l’Etat compte quelque 130 000 véhicules pour lesquels le contribuable paie une dizaine de milliards de dirhams en frais de carburant. Bien sûr, ces stats n’ont rien d’officiel. C’est l’économiste Abdelkader Berrada qui les avance dans une interview accordée à un de nos confrères. Officiellement, on ne nous dit pas grand-chose. Juste qu’une commission interministérielle travaille sur “l’examen des dysfonctionnements que connaît la gestion de ce parc”.

On ne nous annonce pas en combien de temps cette commission pourra rationaliser cette dépense publique, ni si elle commencera par rendre public un inventaire exhaustif des voitures de fonction. Et encore moins si elle se penchera aussi sur le parc des militaires ou si elle s’aventurera jusqu’aux abords du garage royal. Annoncer la création d’une commission sans identifier son champ de compétences ni lui fixer des délais, c’est juste une manœuvre désuète de politiciens : on admet l’existence de “dysfonctionnements”, on crée une commission pour les traiter, on oublie cette commission dès qu’on oublie le problème, on réactive la commission quand le problème resurgit, on laisse traîner jusqu’à la fin de mandat pour dire qu’on n’a pas eu le temps pour tout régler et, surtout, promettre que ça sera fait lors du prochain mandat… Ça s’appelle jouer la montre et c’est une spécialité des politiques qui veulent durer aux affaires !
 
La vérité si je mens
Bien sûr que Kamal Hachkar est un agent du Mossad. Et évidemment son docu Tinghir - Jérusalem est financé par des fonds casher. Et cela va de soi que son œuvre raconte des bobards. Les juifs n’ont jamais existé à Tinghir, ni ailleurs dans le royaume chérifien, gouverné de toute ère (selon l’échelle temps de nos manuels scolaires d’histoire) par des descendants du prophète.

Ce film est forcément le produit d’un complot du lobby sioniste, une de ces manœuvres qui visent à diviser notre Oumma, à saboter nos efforts de soutien à nos frères palestiniens et à dédiaboliser l’affreux occupant juif au nez crochu. Voir ce film, c’est donc forcément faire le jeu de lihoud. Alors, le projeter dans le cadre du Festival national du film de Tanger, c’est œuvrer pour une normalisation avec Israël, un crime d’Etat jugé comme haute trahison dans un pays comme l’Iran. Chez Ahmadinejad, le patron du festival, le réalisateur du film, le script, le dernier des machinos cité dans le générique ainsi que tous ceux qui l’ont regardé, écoperaient de la peine capitale. Au Maroc, hamdoullah, on n’en est pas encore là. Personne ne se laisse berner par cette fumeuse théorie du complot. Même les quelques dizaines de personnes qui sont allées protester contre “ce film sioniste” sont des gens normaux et lucides. Ils ont juste de petites habitudes bizarroïdes comme ranger chez eux un drapeau de la Palestine et une banderole anti-Israël, au cas où…

En leur âme et conscience, ils savent pertinemment que leur “intifada” -à la sauce exception marocaine- devant la salle Roxy de Tanger n’est que du cinéma. Ils ne sont que des silhouettes dans un thriller de série Z relatant une lutte de pouvoir sur fond de débat politico-religieux.


Tagué : Fahd Iraqi

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