Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU



MAP - Mustapha El Kadaoui - publié le Lundi 23 Septembre à 11:24

La culture de la violence, une exception américaine ?




Miami - Un jeune écolier touché par balle tiré par un camarade de classe âgé d'à peine 11 ans. Un autre, handicapé, se présente à l'école avec un revolver Smith & Wesson chargé. Une jeune fille de 13 ans tuée par un garçon dans un bus scolaire grâce à une arme à feu dissimulée dans son sac. Tout cela s'est passé dans le comté de Miami-Dade, en Floride. Ce ne sont là que des exemples de cette culture de violence qui caractérise l'Amérique, quoi qu'en dise le lobby puissant des armes à feu, la National Rifle Association (NRA).



La culture de la violence, une exception américaine ?
Les fusillades, ces derniers jours, à Washington dans un immeuble de bureaux de la marine ayant fait 13 morts, et celle entre bandes criminelles à Chicago (18 blessés) illustre bien cette culture de la violence qui fait l'objet d'un débat récurrent et parfois passionné à chaque fois que de tels événements se produisent.

Mais ce qui inquiète le plus, c'est la violence dans les écoles. Rien que dans les comtés de Miami-Dade et Broward, on a recensé quelques 200 incidents liés à l'utilisation des armes à feu.

Même si pour l'instant, il n'y a pas eu des morts, il n'empêche que les préoccupations et craintes se font de plus en plus sentir car tout le monde se souvient encore du massacre commis en décembre dernier dans une école primaire de Newtown, au Connecticut, qui a coûté la vie à 20 élèves et six adultes.

Pourtant, si l'on en croit des chiffres publiés en juillet dernier, les meurtres perpétrés avec des armes à feu aux Etats-Unis ont connu une baisse importante depuis leur record en 1993.

Une étude publiée récemment par le Bureau des statistiques judiciaires, un organisme gouvernemental, soutient que le nombre d'homicides liés aux armes à feu a baissé de 18.253 en 1993 à 11.101 en 2011, soit une réduction de 39 pc. Il en est de même d'une autre étude publiée par le Pew Research Center, un organisme privé, qui compare le nombre de meurtres à la taille de la population grandissante du pays. Le rapport détermine que le nombre de meurtres par armes à feu par 100.000 personnes a chuté de 7 en 1993 à 3,6 en 2010, une baisse de 49 pour cent.

Le rapport du département de la Justice parle lui d'une réduction de crimes de 1,5 million en 1993 à 467.300 en 2011.

Cependant les fusillades et massacres perpétrés ça et là, comme celui de l'école primaire de Newtown, et qui ont fait l'objet d'une couverture médiatique à n'en point finir, fait que ce genre de baisse s'avère difficile à constater chez le public.

Les deux études ont été publiées après que le Sénat américain eut rejeté une proposition demandant au gouvernement fédéral de faire preuve de plus de fermeté et de contrôle dans la vérification des antécédents pour les achats d'armes à feu. D'aucuns qui cherchent à dédramatiser cette situation de violence, n'hésitent pas à comparer avec d'autres pays comme la Russie par exemple où, d'après le site Gunpolicy.org, les russes ont, de loin, moins d'armes à feu en circulation mais plus d'homicides liés à ces armes.

Selon ce site, il y aurait ainsi moins de 13 millions d'armes à feu en Russie, comparés aux prés de 300 millions aux Etats-Unis, soit 9 armes pour 100 personnes en Russie et près de 100 pour 100 personnes aux Etats-Unis.

Les plus récentes statistiques d'homicides en Russie bien que datant de 2009, faisaient état de 21.603 meurtres durant cette même année, alors qu'aux Etats-Unis, selon le FBI, il y a eu 13.639 homicides en 2009 avec une population qui fait le double de celle de la Russie. De quoi conforter le lobby des armes à feu aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, la violence est liée à la création du pays et à sa culture. Dans le passé, cette violence était réfléchie et peut être, à l'exception des émeutes raciales, souvent contrôlée. Aujourd'hui, la violence urbaine est en hausse et exprime le désespoir, l'aliénation et l'autodestruction au point qu'elle devient incontrôlable, lit-on dans une étude publiée récemment.

L'étude se réfère notamment aux émeutes qui ont éclaté à Los Angeles et dans une vingtaine de villes en mai 1992 confirmant la représentation entretenue par les médias, le cinéma et la littérature : les Etats-Unis sont un pays d'une extrême violence. Les débordements associés au paysage urbain suggèrent que la violence est autant le fait des institutions légitimes qui les amplifient que des masses révoltées qui en sont à l'origine. Il s'agit en effet tout autant de la tyrannie de majorités et d'institutions (municipalités se désintéressant du sort de minorités victimes de brutalités , jurys, forces de police violant les règles de la justice la plus élémentaire) que de révoltes de la part des opprimés, poursuit l'étude dont s'est faite l'écho la presse américaine.

Ce qui est certain est que la violence liée aux armes à feu a bel et bien un rapport avec la vente libre de celles-ci, comme l'a récemment confirmé une autre étude.



               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles