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Alice Danemo - publié le Samedi 15 Novembre à 10:08

La croissance africaine tirée par les entreprises privées ?




Le dernier rapport de la Banque Mondiale revient sur l’amélioration du climat des affaires en Afrique ; parallèlement Actis, Airtel, ou encore Bosch viennent de lancer de nouveaux investissements. Le fonds d’investissement britannique Actis est en train d’acquérir une importante notoriété sur le continent, tandis que le géant indien des télécoms Airtel a profité du forum organisé par Richard Attias l’été dernier pour conclure un partenariat avec l’UNESCO afin de former les jeunes du Gabon. De son côté, l’industriel allemand Bosch vient d’ouvrir deux succursales, prouvant une fois encore le rôle des entreprises étrangères dans le développement économique d’un territoire. Toutefois, le dernier livre de l’économiste-géographe Sylvie Brunel met en garde sur la fragilité d'un développement encore à consolider.



L’Afrique est un continent plein de promesses, entre les chiffres de la Banque Mondiale et ceux du Fonds Monétaire International, les prévisions de croissance ont de quoi faire envie aux vieux pays industrialisés. D’ailleurs de nombreuses entreprises ne se trompent pas sur leurs nouvelles perspectives de développement et choisissent de s’implanter sur l’autre rive de la Méditerranée. Des décisions d'autant plus rationnelles que dans son rapport Doing Business 2015, la Banque Mondiale montre que sur la question du climat des affaires, « l’Afrique réforme à tout va » dans le but d’entretenir cette dynamique très positive.

Le fonds britannique Actis a ainsi annoncé sa volonté de renforcer sa présence en Afrique en entrant au capital de la société de distribution Tekkie Town, pour 65 millions de dollars. Au moment de l’officialisation, le directeur général et fondateur de l'enseigne, Braam van Huyssteen, confiait ainsi : « je suis très excité d'accueillir Actis au sein de notre conseil d'administration ». Il s’agit effectivement d’un acteur réputé du fait de son implantation ancienne: il possède déjà des parts dans l’entreprise d’agroalimentaire égyptienne Edita, et au sein de la société Vlisco qui est spécialisée dans la vente de tissus pagne.

Autre démarche intéressante à souligner, celle initiée lors du New York Forum Africa, en mai dernier à Libreville. A l’occasion de la quatrième édition du NYFA organisée par Richard Attias et Ali Bongo,Christian de Faria, président de la branche Afrique de la compagnie indienne Airtel, s’était engagé à investir dans la formation des jeunes Gabonais. L’accord salué par la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, consacrera 4,3 millions de dollars afin de créer des cyber-centres équipés de serveurs et d’ordinateurs dans des écoles du pays.

Même le prestigieux industriel allemand Bosch a décidé de renforcer sa présence sur le continent africain. Déjà actif en Angola et au Mozambique, l’équipementier automobile et le fabricant d’électroménager va ouvrir deux nouvelles unités en Algérie et au Ghana. Le groupe est engagé dans cette partie du monde depuis 1906, il y emploie actuellement 600 personnes et a réalisé un bénéfice de 324 millions d’euros en 2013. Par ailleurs, l’entreprise compte s’appuyer sur Robert Bosch France SAS, « compte tenu des relations privilégiées de la France avec plusieurs pays ». Un choix probablement judicieux alors que se prépare actuellement le XVème sommet de la Francophonie.

Avec ces trois exemples, on se rend compte de la réalité du « décollage africain ». Les choix de ces firmes montrent aussi l’évolution du modèle de développement, qui passe de l’exploitation des matières premières à la création d’un véritable tissu industriel. Cependant, même si ces progrès sont à saluer et devraient permettre d’apporter un emploi aux très nombreux jeunes qui rentrent chaque année sur le marché du travail, la situation ne doit pas être idéalisée comme nous l’explique notamment l’économiste-géographe Sylvie Brunel. En effet, l’auteure du livre L’Afrique est-elle si bien partie ? rappelle que les dirigeants ont encore à faire face au « défi de l’urbanisation galopante, avec ses périls sanitaires, sociaux et financiers ».


Tagué : Alice Danemo

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