Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Maroc – Afrique : Emergence d’une diplomatie des contrats: Paris:... | via @lemagMaroc https://t.co/oN902uV2Ce https://t.co/lX1HTSCAPM



Jawad Kerdoudi via Marance.info - publié le Mercredi 11 Septembre à 00:00

La crise syrienne : Une question qui divise le monde






Jawad Kerdoudi
Jawad Kerdoudi
Suite au déclenchement du Printemps arabe en Décembre 2010 en Tunisie, un mouvement de contestation populaire a atteint la Syrie le 15 Mars 2011. Le régime syrien de Bachar Al Assad a violement réprimé la rébellion qui dure depuis deux ans et demi. Le bilan est catastrophique : plus de 110.000 morts dont la plupart des civils, des milliers de blessé, des millions de réfugiés dans les pays voisins, et un pays en ruines. Le comble a été la mort de 1300 personnes et 3600 blessés dans un faubourg de Damas suite à une attaque chimique le 21 Août 2013.

Suite à cette attaque chimique,  les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui l’ont  imputée au régime syrien, ont décidé d’opérer des frappes courtes et ciblées contre la Syrie à titre de punition, invoquant le Traité International d’interdiction de l’utilisation des armes chimiques. Cette décision a été prise en dehors d’une résolution du Conseil de sécurité par suite de l’opposition de la Russie et de la Chine membres permanents dudit Conseil. La Chine et surtout la Russie sont d’inconditionnels partisans de régime syrien en place, et soutiennent que les armes chimiques ont été utilisées par les rebelles, et que de toutes façons il faut attendre le rapport des inspecteurs de l’ONU qui ont mené un enquête sur place sur l’utilisation des armes chimiques.

Par la suite, David Cameron Premier Ministre de Grande-Bretagne a soumis la décision de frappes de la Syrie au Parlement britannique qui l’a rejetée. Prenant acte de la décision du Parlement, le Premier ministre anglais a indiqué que son pays ne participerait pas à la frappe. De son côté le président Obama a décidé de mettre au vote la décision de frappes de la Syrie par le Congrès américain qui se réunira le Lundi 9 Septembre 2013.
Entre-temps, a eu lieu le 5 Septembre 2013 à Saint-Petersbourg en Russie le Sommet du G20. Rappelons que ce Groupe constitué des 19 pays les plus importants de la planète ainsi que de l’Union européenne, avait été créé pour résoudre les problèmes économiques et financiers du monde. Ce Groupe a d’ailleurs joué un grand rôle dans le sauvetage du système monétaire international après la grave crise économique de 2008-2009. La crise syrienne s’est imposée à ce Sommet, mais aucune décision commune n’a été prise. Les Etats-Unis et la France ont tenté de convaincre les participants de la justesse des frappes contre la Syrie, alors que la Russie et la Chine s’y sont fermement opposées.

Les ministres des Affaires Etrangères de l’Union européenne réunis les 5 et 6 Septembre 2013 à Vilnius (Lituanie) ont signé une déclaration indiquant qu’il y a de « fortes présomptions de la responsabilité du régime de Bachar Al Assad quant à l’attaque chimique du 21 Août 2013 », mais n’ont pas approuvé formellement les frappes aériennes contre la Syrie . D’autre part, onze membres du G20 dont l’Allemagne ont approuvé « une réaction forte contre l’usage des armes chimiques en Syrie ». Enfin le Président français Hollande a indiqué qu’avant de prendre une décision de frappes contre la Syrie, il allait attendre la décision du Congrès américain le 5 Septembre 2013, ainsi que le rapport des inspecteurs de l’ONU. L’opposition en France a réclamé à l’instar de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, qu’un vote puisse être organisé au Parlement français avant toute décision définitive de frappes contre la Syrie.

On voit bien que le monde est divisé sur la question syrienne. On peut ranger la position des différents pays en trois catégories. Sont favorables aux frappes aériennes contre la Syrie : les Etats-Unis, la France, le Canada, la Turquie, l’Australie, le Japon ainsi que les pays Arabes du Conseil de Coopération du Golfe. Sont opposés aux frappes : la Russie, la Chine, le Vatica, l’Iran, ainsi que la plupart des pays d’Amérique du Sud. Les autres pays ne sont pas  prononcés d’une façon claire.

Les deux semaines à venir vont être déterminantes quant à la décision définitive des frappes contre la Syrie. En effet, pendant cette période seront connus la décision du vote du Congrès américain et le rapport d’enquête des inspecteurs de l’ONU. Si le vote du Congrès américain est positif, et si le rapport des inspecteurs de l’ONU indique clairement l’utilisation d’armes chimiques, il y a des fortes  chances  que ces frappes aient lieu.
En cas de frappes de la Syrie, il y aura inévitablement de nombreuses pertes civiles et de grandes destructions dans un pays qui est déjà en ruines. Il est difficile de prévoir qu’elle va être la réaction du régime syrien et de ses alliés : Russie, Iran, Hisbollah. Ces frappes vont-elles amener comme l’espèrent les Etats-Unis et la France le régime syrien à la table des négociations pour une solution politique ? Ou au contraire vont-elles consolider le régime syrien, et retarder à jamais toute solution politique ?

Dans l’autre sens, la non-frappe de la Syrie va consolider le régime syrien et l’éloigner de toute solution politique. L’Occident va perdre toute crédibilité dans la région et dans le monde, surtout vis-à-vis de l’Iran, de la Corée du Nord et des autres dictatures de la planète. Les Etats-Unis vont perdre la face vis-à-vis de ses alliés dans la région, notamment les pays Arabes du Conseil de coopération du Golfe. Les armes chimiques pourraient être à nouveau utilisées par la Syrie ou par d’autre pays.

En conclusion, l’issue de la crise syrienne aura des répercussions importantes sur l’avenir du monde.

Jawad Kerdoudi
Président de l’IMRI
Institut Marocain des Relations Internationales


Tagué : Jawad Kerdoudi

               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 10 Octobre 2016 - 19:04 L'école, écosystème

Jeudi 6 Octobre 2016 - 12:02 Des législatives 2.0