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Ahmed Hamdaoui - publié le Lundi 16 Décembre à 15:45

La crise linguistique au Maroc : le pragmatisme qui fait defaut




La tempête soulevée par l’association « ZAKOURA » qui propose l’usage du dialecte dans l’enseignement préscolaire et primaire a pu faire sortir les grands experts en linguistique de leur long silence. Le débat engagé, à mon avis, manque de pragmatisme.



La crise linguistique au Maroc : le pragmatisme qui fait defaut
Pour rentrer directement dans le vif du sujet, on constate que pratiquement toutes les interventions des grands experts en linguistique et en pédagogie s’opposent à l’officialisation de l’usage de la « darija » dans l’enseignement au Maroc. MAIS, dans la majorité de ces interventions et analyses surtout à la radio et dans la presse écrite, on accuse les défenseurs de ce projet de vouloir préparer le terrain à la FRANCOPHONIE, alors que l’usage du dialecte ne travaille ni les intérêts de l’arabe classique, ni ceux de la langue française.

Pourquoi ce « monstre » de la Francophonie ressort à chaque fois que l’on traite du problème linguistique au Maroc ?. Alors que le problème au Maroc est un problème lié à la qualité de l’enseignement des langues TOUTES les langues y compris l’enseignement de la langue arabe. Que dire des répercussions de ce problème sur la qualité de l’enseignement scientifique. Que dire aussi des répercussions de ce problème sur le rendement et la qualité des activités des entreprises. Voilà donc les points de ce débat actuel sur lesquels je souhaite rebondir.

Le Professeur Abdelkader Fassi Fihri Président de l’Association marocaine de linguistique, vient de publier un long article en deux parties dans un journal marocain d’expression arabe. Dans cet article L’auteur, tout en considérant ce projet comme une grande menace contre la langue arabe, il insiste aussi sur le problème de la menace de la francophonie. Pour appuyer ses inquiétudes il parle d’une visite à des Entreprises marocaines auxquelles on a posé la question : Si vous avez le choix entre deux Techniciens supérieurs, le premier est très compétent et possède beaucoup de qualifications professionnelles, mais ne maîtrise pas l’usage de la langue française et un deuxième candidat très moyen sur le plan professionnel mais qui maîtrise bien l’usage de la langue française, lequel des deux engageriez-vous ?. La réponse est sans équivoque, l’Entreprise préfère engager le candidat moyen mais qui maîtrise bien l’usage de la langue française. Voilà donc un exemple qui illustre bien la répercussion négative du problème linguistique sur la qualité et le rendement des activités des Entreprises.

Exactement le même problème se pose aux universitaires qui souhaitent engager des étudiants dans des travaux de recherche et particulièrement dans les domaines scientifiques. Si vous choisissez les brillants, ce qui est souvent le cas, alors vous devez vous préparer souvent à prendre en charge vous-même, la rédaction de tous les rapports écrits de ces étudiants et peut-être même de vous farcir aussi les communications orales des résultats de leurs travaux …

Ce-ci m’amène à dire que l’urgence actuellement n’est pas l’enseignement préscolaire ou primaire, l’urgence c’est l’enseignement supérieur universitaire et particulièrement dans les filières scientifiques où l’on enseigne en français à des étudiants qui ont suivi un enseignement scientifique primaire et secondaire arabisé. Les étudiants des Universités et les Enseignants Chercheurs vivent un vrai CALVAIRE. Chaque année le problème s’aggrave et face à ce dilemme, chacun essaye à sa manière de résoudre ce problème de communication. Une anarchie commence à s’installer dans les Universités marocaines et particulièrement dans les Facultés des Sciences où certains enseignants veulent imposer l’usage du dialecte dans certains enseignements…

Alors à TOUS ces experts qui refusent le retour à l’usage de la langue française dans l’enseignement des sciences dans les Lycées, je leur demande « solennellement » : que nous proposez-vous pour atténuer nos souffrances et les souffrances de nos étudiants ? Que nous proposez-vous pour mettre en phase l’enseignement secondaire avec l’enseignement supérieur au Maroc ? …

Si je me permets de parler ainsi, c’est parce que déjà en 2011, j’ai osé attirer l’attention sur ce problème dans une lettre ouverte adressée au Ministre de l’Éducation Nationale.

Voilà donc le pragmatisme qui fait défaut dans l’actuel débat sur les problèmes linguistiques au Maroc.


Ahmed Hamdaoui
Professeur à la Faculté des Sciences Semlalia
Université Cadi Ayyad
Marrakech



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