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Zakaria Abouddahab - publié le Mardi 26 Mars à 11:08

La consolidation des relations entre le Maroc et le Gabon




Le périple royal en Afrique subsaharienne, commencé le 15 mars 2013 par une visite d’Etat au Sénégal puis par une autre en Côte-d’Ivoire, s’achève par celle au Gabon entamée à partir du lundi 25 mars 2013. Progressivement, le Royaume a tissé avec ce pays de l’Afrique équatoriale des relations fortes. Feu le Roi Hassan II et feu le Président Omar Bango Ondimba entretenaient des relations exemplaires d’amitié. Leurs successeurs, le Roi Mohammed VI et le président Ali Bongo Ondimba, se sont inscrits dans la même trajectoire. Et pour cause, les deux pays ont des intérêts mutuels croissants. Quant à leurs politiques étrangères, notamment pour ce qui est des questions africaines, elles sont largement convergentes.



La consolidation des relations entre le Maroc et le Gabon
Sur le plan des relations entre les deux Etats, le Maroc et le Gabon ont développé un modèle de coopération sud-sud des plus réussis. La singularité de ces relations tient à de multiples facteurs tant historiques que politiques, culturels et géopolitiques. Géographiquement, le Gabon se situe dans une région qui compte, également, des pays disposant de solides relations avec le Royaume comme la Guinée équatoriale ou l’ancien Zaïre, devenu la République démocratique du Congo. 
 
Les journées économiques et commerciales maroco-gabonaises, lancées il y a quelques années à l’initiative du Centre marocain de promotion des exportations, impulsent une dynamique entretenue des échanges, surtout que le Gabon est le dixième client du Maroc. Economiquement, le Gabon est un pays qui regorge de ressources et abrite l’une des faunes et flores les plus importantes d’Afrique. Le Gabon est membre, depuis 1975, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
 
Sur le plan des échanges culturels et humains, force est de remarquer que les deux pays abritent des communautés qui se sont bien intégrées aux pays, y compris par le biais des mariages mixtes. On notera aussi que plusieurs étudiants gabonais poursuivent leurs études au Maroc, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. Des bourses sont accordées à ces étudiants par le canal de l’Agence marocaine de coopération internationale.
 
On mesure donc l’intérêt de la visite royale à ce pays. Plusieurs secteurs de coopération sont susceptibles de faire l’objet d’accords entre les deux pays. On en cite le secteur agroalimentaire, celui des Travaux publics, l’électricité, l’énergie, le secteur pharmaceutique et médical, les nouvelles technologies ainsi que les finances. Les principales exportations du Gabon sont constituées principalement de pétrole, de gaz, de manganèse, de fer et de bois. Le pays serait aussi un producteur potentiel d’uranium. Si le Maroc exporte plusieurs produits en Afrique, y compris au Gabon, à l’instar des produits alimentaires, des produits finis, des équipements industriels et des fils et câbles électriques, il est à noter que ceux-ci demeurent faibles en pourcentage. En 2010, ils n’étaient que 9,8% contre 65,3% à destination de l’Europe et 15,1 en direction de l’Asie. 
 
C’est dire que le potentiel des échanges entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne en général, et le Maroc et le Gabon en particulier, est loin d’atteindre son apogée. De manière générale, la visite royale effectuée en mars 2013 dans les trois pays de l’Afrique subsaharienne susmentionnés souligne l’intérêt crucial accordé par le Royaume au continent africain. De nouvelles perspectives de coopération s’ouvrent donc à l’issue du périple royal avec un continent dont le potentiel est énorme, mais qui reste encore exposé à la marginalisation. Il est peut-être temps de réfléchir, à la lumière des mutations régionales et internationales, à un nouveau mode d’intégration économique du continent.
 
Zakaria Abouddahab
Professeur à la faculté de droit de Rabat-Agdal



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