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MAP - Sanae Bennaceri - publié le Mercredi 19 Novembre à 10:52

La cigarette électronique, une nouvelle forme masquée d'addiction



Rabat - Au moment où l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que les associations déclarent la guerre contre le tabagisme, on assiste ces dernières années à l'apparition d'une cigarette électronique qui, paraît-il, est moins nocive et moins coûteuse.



Lancée à grands renforts de publicité avec même le soutien de certains avis scientifiques, cette cigarette est présentée comme une alternative bien meilleure que la cigarette ordinaire qui contient des produits toxiques et pollue l'air par sa mauvaise odeur.

Manar, responsable dans une boutique de vente de ce genre de tabac à Rabat, indique, à ce propos, que la cigarette électronique connaît un grand succès, très prisée à la fois par les hommes et les femmes qui cherchent à arrêter de fumer ou bien encore à goûter une nouvelle façon de fumer. 

Dans une déclaration à la MAP à l'occasion de la journée mondiale sans tabac, elle ajoute que des médecins conseillent même à leurs patients de vapoter pour se libérer petit à petit de l'addiction, d'autant que la cigarette électronique contient moins de nicotine (une seule tige électronique équivaut à deux paquets de tabac ordinaire). 

Un avis que ne partage par le président de l'association marocaine pour la lutte contre le tabac et la drogue, Hassan El Baghdadi, qui pense que le danger de cette cigarette réside dans le fait que le niveau d'inhalation de la nicotine est limité, ce qui, selon lui, contredit la réglementation en la matière, d'autant que la nicotine est responsable de l'accoutumance. Et de déplorer le fait que la loi sur le tabac reste encore sans effet. 

D'autres avis, préconisent, en revanche, que la cigarette électronique, comme le chewing Gum et le patch, peut aider à ne pas sentir le manque, ce qui n'est pas l'avis de la grande autorité en matière de santé publique, l'OMS qui assure que cela ne repose sur aucune argumentation scientifique, notant que toutes les études menées sur le sujet n'ont pas montré que la cigarette électronique peut jouer ce rôle-là. 

De même, le docteur Abdelaziz Aychane, pneumologue et enseignant à la faculté de médecine de Casablanca, relève que la cigarette électronique ne peut en aucun cas être prise comme une alternative mieux que la cigarette ordinaire, allant même jusqu'à assurer qu'elle peut même au contraire contribuer à l'addiction. 

En attendant les conclusions des recherches menées actuellement aux Etats-Unis, il rejette l'information selon laquelle les médecins conseillent à leurs patients le recours à cette cigarette électronique pour cesser définitivement de flirter avec la mort. 

Hassan El Baghdadi est de même avis en disant que cette supposée vertu de la cigarette électronique n'est en fait qu'un argument de marketing pour amener encore plus de personnes, notamment parmi les filles et les garçons, à goûter l'effet du vapotage. 

Nizar, un jeune homme de 28 ans qui travaille comme chauffeur dans un établissement public, a fait l'expérience de la cigarette électronique sous la pression de sa famille qui voulait qu'il arrête de fumer et aussi en suivant le conseil d'un copain.

"J'ai tenté le coup mais cela s'est avéré finalement sans conséquence sur ma consommation, ressentant toujours les mêmes symptômes de manque. Pire, je me suis trouvé encore plus accro à la cigarette en cherchant à chaque fois à changer pour d'autres saveurs", dit-il. 

Devant ce constat, le ministère de la santé a dénoncé dernièrement dans un communiqué les effets néfastes de cette cigarette et aussi les publicités qui en louent outrancièrement les vertus, soulignant que les promoteurs de ce genre de cigarette ciblent principalement les jeunes et les femmes exposés ainsi aux graves maladies causées par le tabac. 

Tout en appelant les citoyens à ne pas céder à la tentation, le ministère de la santé relève que la cigarette électronique peut même conduire à l'addiction au tabac ordinaire.

Dans son plan d'action pour lutter contre ce fléau ravageur, le ministère de tutelle a renforcé les structures d'accueil pour aider les fumeurs à arrêter avec pas moins de 18 hôpitaux et 247 dispensaires.

Cela dit, en attendant les conclusions des études en cours sur les effets de la cigarette électronique, il est de priorité absolue de mener un combat sur tous les fronts pour parvenir à lutter contre le tabac ou tout le moins en réduire les effets dévastateurs et ce, sous toutes ses formes, ordinaire et électronique. 

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