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Amer OUALI - AFP - publié le Mercredi 11 Mars à 17:50

La chute des revenus pétroliers met l'Algérie à la diète






L'Algérie, qui a perdu 50% de ses revenus pétroliers, est contrainte de prendre sans tarder des mesures d'austérité budgétaire pour diminuer le coût énorme des transferts sociaux qui permettent au pouvoir d'acheter la paix sociale.

L'heure des choix douloureux a sonné pour le gouvernement dirigé par Abdelmalek Sellal, qui s'apprête à présenter un budget rectificatif destiné à prévenir le risque d'une crise financière.

"Il faut prendre des mesures drastiques sur les subventions" qui profitent actuellement à l'ensemble des ménages algériens indépendamment de leurs revenus, préconise l'économiste Mustapha Mékidèche interrogé par l'AFP.

La loi de finances 2015 prévoit plus de 17 milliards de dollars en transferts sociaux qui touchent à l'éducation, la santé, le logement et la famille.

Le gouvernement subventionne aussi les produits de première nécessité (céréales, lait, sucre, huile alimentaire), l'énergie (carburants, gaz, électricité) et l'eau. Une facture globale évaluée de 40 milliards de dollars, soit presque autant que le déficit budgétaire de 42 milliards de dollars.

"Les transferts sociaux à partir du budget de l'Etat sont d'un niveau incomparable dans le monde entier", a affirmé le président Abdelaziz Bouteflika dans un discours diffusé le 5 juillet.

Mais cette générosité n'est plus possible avec la chute depuis un an des cours du brut, alors que le pétrole et le gaz rapportent à l'Algérie plus de 95% de ses revenus extérieurs et comptent pour 60% dans le budget de l'Etat, s'accordent dirigeants et experts.

"L'Algérie se dirige vers la faillite à une vitesse plus rapide que prévu et l'achat de la paix sociale n'est plus possible", prévient l'opposant islamiste Abderezak Mokri, sur le site de son parti.

"Aujourd'hui, il est impossible de continuer à reporter la décision d'une rationalisation de la dépense publique et notamment celle liée aux subventions", estime aussi le professeur Cherif Belmihoub, cité par le quotidien Liberté.

Une telle réforme sera "désagréable à court terme mais efficace à long terme", renchérit M. Mékidèche.

En attendant l'adoption du budget rectificatif, plusieurs pistes sont évoquées: réserver des subventions aux plus démunis, augmenter le prix du carburant frauduleusement exporté vers le Maroc et la Tunisie, ou lancer une amnistie fiscale pour attirer dans les banques les liquidités en circulation sur le marché informel et évaluées par le Premier ministre à 37 milliards de dollars.

Réformes structurelles demandées -

La Banque d'Algérie a sonné l'alarme le 12 juillet, s'inquiétant du "creusement du déficit budgétaire" et de "l'érosion plus rapide des ressources du Fond de régulation des recettes (FRR)".

Constitué par l'excédent de recettes d'hydrocarbures à partir d'un prix prévisionnel de 37 dollars le baril, le FRR sert à financer le déficit budgétaire mais aussi des mesures urgentes du gouvernement qui lui permettent d'acheter la paix sociale. Comme une massive hausse des salaires en 2011, qui lui avait permis d'éviter la contagion du "printemps arabe".

Au premier trimestre, le gouvernement a puisé dans ce Fonds et dans les réserves de changes pour faire face à la baisse de ses recettes extérieures qui ont fondu de moitié durant la même période.

En outre, la balance des paiements a enregistré un "déficit record" de 10,72 milliards de dollars au premier trimestre.

Depuis le début de l'année, le gouvernement tente de réaliser des économies sur la facture des importations en appelant à consommer local. Il a aussi gelé des projets d'infrastructures et d'équipements qui n'avaient pas été lancés.

Son espoir de voir les prix du pétrole se redresser est douché par le retour attendu de l'Iran sur le marché à la suite de l'accord conclu cette semaine par Téhéran avec les grandes puissances sur le nucléaire.

"Ce retour va favoriser la tendance baissière des cours: ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'Algérie", estime M. Mékidèche.

Le pays avait mis près de 20 ans à s'extirper de la précédente crise pétrolière dans les années 1980. Il avait dû recourir à l'endettement extérieur et avaler la potion amère d'un plan d'ajustement structurel de son économie imposé par le Fonds monétaire International (FMI).

Le mois dernier, un responsable du Fonds a de nouveau appelé l'Algérie à mener une politique macroéconomique "prudente" et à lancer des "réformes structurelles".



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