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Abdelkarim Chankou - publié le Lundi 17 Janvier à 07:53

La chute de Benali : Ce que je crois




Deux jours après le départ précipité de Benali et sa famille pour l’Arabie saoudite et la passation de ses pouvoirs provisoirement au chef d’Etat au président du parlement en attente d’élections générales dans un délai de deux mois, et à la veille de la constitution d’un gouvernement de transition par Mohamed Ghannouchi reconduit dans ses fonctions de premier ministre en vertu de la constitution par le président ad interim Fouad Mebazaa, je puis enfin donner mon avis sur ce qui se passe dans ce pays maghrébin.



Abdelkarim Chankou
Abdelkarim Chankou
D’abord que mes lecteurs et amis veuillent ne pas m’en vouloir si je ne sacrifie pas à l’air du temps en en joignant ma voix à celles des exaltés et excités qui ne voient dans ces évènements que la déchéance d’un homme et la fin d’un système que les médias ont longtemps présenté comme autoritaire et liberticide.

Mon opinion est que l’étincelle qui a déclenché l’explosion en l’occurrence l’auto-immolation par le feu du jeune chômeur Mohamed Bouazizi à la mi-décembre devant la préfecture de Sidi Bouzid est de nature exclusivement sociale et a été récupérée rapidement par la foule pour des raisons hétéroclites où se mêle le politique au social, le subversif au vindicatif. Durant les 30 jours d’émeutes qui ont fait une cinquantaine de morts selon les médias et les ONG des droits de l’homme, le tiers selon les autorités, je n’ai pas vu ou n’ai pas eu l’occasion de voir le portrait de Benali brûlé ou déchiqueté par la foule ni même brandit ! C’est quand même curieux ! La foule s’en est pris aux seules forces de l’ordre qui cristallise à ses yeux le manque de liberté et la corruption du système. Mais y a-t-il une police au monde qui soit vraiment aimée de la population. La peur du flic est un phénomène mondial. Maintenant on peut dire que l’usage de la force de la part de cette police tunisienne été exagéré. Sans doute il l’a été. On peut aussi ajouter que cette police qui n’est pas habituée à de tels incidents a perdu les pédales.

Tout ceci nous ramène à la question qui est sur toutes les lèvres : si tout ce j’ai dit est juste alors pourquoi le régime de Benali est tombé si vite ? Ma réponse est : il ne peut en être autrement. Car l’économie tunisienne repose sur quatre piliers qui ont tous pris l’eau ces dernières années.

1) La machine de la formation des cadres qualifiés s’est retrouvée soudainement à injecter des dizaines de milliers de diplômés chômeurs sur le marché du travail local à cause de la fermeture des frontières de l’Europe qui en absorbait une bonne partie dans un passé récent ;
2) L’énorme parc de sous-traitance industrielle et des services qu’est la Tunisie s’est brusquement vu se tarir à cause de la crise financière internationale qui a commencé à se faire sentir dès 2009 ; d’ailleurs jusqu'à cette année, le classement WEF de la compétitivité économique en Afrique du Nord (2009-2010) a placé la Tunisie en tête ;
3) La Tunisie est aussi un énorme espace de farniente destiné aux touristes étrangers. Si bien que la moindre manifestation ou acte de violence peut selon les pouvoirs publics faire fuir les visiteurs étrangers ; d’où cette sorte de « paranoïa » des autorités.
4) L’Agriculture tunisienne pourvoyeuse en devises et main d’œuvre a également souffert : les cours de l’huile d’olive ont chuté de plus de 20 % en Tunisie et en Espagne en 2008.

Donc à un certain moment et quelque part en Tunisie des « gens » ont compris que les 30 jours d’émeutes et le cortège de leurs morts parmi les civils ont atteint un niveau de gravité tel que le pays ne sen remettrait jamais (d’autant que des médias comme Al Jazeera, qui a fait preuve d’un zèle inégalé plus par la haine contre le régime Benali que par sympathie pour les Tunisiens, a grossièrement fait grossir les choses) sauf si…

Si Benali s’en allait. Il est parti. La suite l’histoire nous le dira.



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