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Abderrahim El Maslouhi - publié le Lundi 18 Mars à 08:36

La Tijâniya : Un pilier spirituel structurant des relations maroco-sénégalaises






Abderrahim El Maslouhi
Abderrahim El Maslouhi
Partager l’attachement à une voie spirituelle, voilà qui incarne la symbiose de deux nations. Cela est vrai des relations entre le Maroc et le Sénégal, pays musulmans qui ont découvert dans le tijanisme (ou tarîqa tijâniya) une voie salutaire commune et une doctrine pour la vie. À la différence de certains gouvernements qui recourent, pour conforter leur présence sur l’échiquier géopolitique régional, à l’intimidation à main armée ou à la mobilisation des pétrodollars, le Royaume du Maroc a emprunté une autre voie : l’édification d’un ordre moral librement partagé par les voisins et pays amis. On aperçoit ici un indice de ce que les spécialistes de la politique étrangère conviennent de désigner comme « diplomatie spirituelle », un mode d’action diplomatique basé sur la mobilisation des ressources spirituelles, lesquelles, on le sait, sont plus propices au dialogue, à la tolérance et à l’entente mutuelle.

Bien évidemment, les efforts sur soi-même ne tardent pas à produire leurs fruits. Les visites royales effectuées au Sénégal (le Roi Mohammed VI en est aujourd’hui à sa cinquième visite officielle) ont toutes donné la mesure des signes de déférence et des vœux de bienvenue exprimées par les citoyens sénégalais eux-mêmes qui reconnaissent dans le Souverain marocain un homme d’État d’une stature humaine et spirituelle rarement égalée. Qu’un peuple voisin et ami voue une considération aussi élevée à un Souverain étranger, cela mérite une explication plausible. Pour autant qu’on puisse en juger, la considération du peuple sénégalais puise son fondement dans deux arguments complémentaires : le Roi du Maroc est d’abord descendant du Prophète et Commandeur des croyants ; mais, par delà cette filiation chérifienne, le Royaume du Maroc abrite un des foyers spirituels les plus rayonnants de l’Islam soufi, la tijâniya. Aussi, dans le cadre de sa visite officielle au Sénégal, le Souverain marocain a reçu, le samedi 16 mars 2013, «  (…) en la Résidence Royale à Dakar, Cheikh Abdel Aziz Sy Junior, porte-parole de la famille religieuse des Tijanes de Tivaouane, représentant le Khalife Général, Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoume ».   
    
L’histoire nous en renseigne, Fès est le berceau de cette voie spirituelle qui compte aujourd’hui plusieurs millions d’adeptes au Sénégal et au Maroc, comme partout dans le monde (France, États-Unis, Indonésie, Pakistan, Égypte, Algérie, Tunisie, etc.). C’est en 1782 que Sidi Ahmed Tijani a fondé cette branche de l’Islam qui se reconnaît dans le soufisme, basée sur le Coran et la Sunna (Tradition du Prophète). Les contrées, où le tijanisme a prospéré, comptent plusieurs milliers d’adeptes supervisés par un guide local considéré comme le représentant de la voie. C’est le cas, par exemple de la ville historique de Fès où siège Tijani Zoubir, descendant direct du Maître fondateur. Chef-lieu de la confrérie, la ville de Fès abrite le mausolée du Cheikh Ahmed Tijani.

Si donc les fidèles sénégalais de la confrérie sont toujours à affluer annuellement dans la « capitale spirituelle du Royaume », c’est pour se ressourcer dans l’esprit authentique de la voie tijâniya ; laquelle voie compte aussi plusieurs implantations locales en Afrique subsaharienne, dont principalement Tivaouane (Sénégal) qui passe aujourd’hui pour être la ville sainte du tijanisme en Afrique de l’Ouest, ville où est installé l’actuel représentant de la tarîqa, Chiekh  Ahmed Tidiane Sy. Plus encore, l’Afrique occidentale compte dans chaque pays plusieurs autres confréries qui se revendiquent toutes de la même tarîqa. Pour ne citer que les foyers les plus influents, il s’agit de Chinguetti (Mauritanie) et de Baniagara (Mali). On le voit bien, quand la source est pure, les rayons de la foi franchissent tous les horizons.


Abderrahim El Maslouhi
Professeur à la faculté de droit de Rabat-Agdal



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