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MAP - publié le Jeudi 5 Novembre à 17:26

La Marche Verte: une mobilisation populaire qui a surpris le monde






Buenos Aires - L'agence de presse officielle argentine "Telam" a consacré un dossier spécial à la Glorieuse Marche Verte organisée il y a 40 ans à l'appel de Feu SM Hassan II, y voyant l'émanation d'une mobilisation populaire ayant surpris le monde par son aspect pacifique et poussé le colonisateur espagnol à se retirer du Sahara marocain.
Dans ce dossier publié à l'occasion du 40ème anniversaire de la Marche Verte célébré vendredi, le journaliste Horace Rana propose de revivre les moments forts de cet événement à travers deux articles comprenant faits historiques et témoignages, ainsi qu'une vidéo et des infographies.

Dans un premier article comportant plusieurs passages du discours historique de Feu SM Hassan II et des chansons comme "Nidaa Al Hassan" et "Laayoune ainiya", Telam reprend une déclaration de l'ambassadeur du Maroc en Argentine, Fouad Yazough, qui a affirmé que depuis le début du XXème siècle et jusqu'au milieu des années 70, "le Maroc fut le seul pays de la région à avoir subi une domination coloniale multiple".

"La partie nord était sous protectorat espagnol, le centre sous protectorat français, la ville de Tanger était sous l'administration internationale de 12 pays tandis que les provinces du sud étaient colonisées par l'Espagne", avait expliqué le diplomate marocain.

Les événements du 6 novembre 1975 ont permis au Maroc de recouvrer ses provinces du sud, indique l'auteur de l'article, en soulignant qu'après la Seconde Guerre mondiale, l'idée de la libération des peuples du Maghreb était devenue de plus en plus présente comme en témoignent les manifestations au Maroc qui se sont transformées en insurrection armée, surtout après l'exil de Feu SM Mohammed V. 

Citant le spécialiste en sciences politiques et membre de l'Institut des études africaines à l'Université argentine de John F. Kennedy, Adalberto Agozino, Telam rapporte également qu'après le retour d'exil de feu SM Mohammed V, la France a accepté d'entamer des négociations qui se sont soldées par la déclaration de l'indépendance du Maroc en 1956, notant que la décolonisation de la partie sous contrôle français a été réalisée d'un seul coup.

Mais ce processus n'a pas été aussi rapide pour toutes les régions, relève le journaliste, précisant que si le Maroc a récupéré Tanger en avril 1956 puis Tarfaya en 1958, l'Espagne a continué à occuper les territoires de Sidi Ifni jusqu'en 1969 et les provinces du Sud jusqu'en 1975 et elle occupe encore illégalement les présides de Sebta et Melilia. 

L'Espagne, ajoute Rana, voulait créer "un Etat artificiel" pour préserver ses intérêts économiques dans la région mais "le Maroc a avorté cette tentative en saisissant la Cour internationale de justice, laquelle a affirmé dans sa décision rendue le 16 octobre 1975 que le Sahara n'était pas un territoire sans maître (terra nullius) au moment de sa colonisation par l'Espagne en 1884, et qu'il s'agissait d'une région peuplée de tribus sahraouies liées aux Sultans du Maroc par les liens légitimes de la "Bei'a".

Sans perdre de temps, poursuit Telam, feu SM Hassan II a adressé un discours au peuple marocain en annonçant que le Maroc allait recouvrer ses provinces du Sud d'une manière pacifique à la faveur d'une marche de 350.000 volontaires armés uniquement du Saint Coran et du drapeau national.

L'agence reprend à cet égard le passage historique du discours que Feu SM Hassan II a adressé au peuple marocain: "Demain, tu franchiras la frontière. Demain, tu entameras ta Marche. Demain, tu fouleras une terre qui est tienne. Tu palperas des sables qui sont tiens. Demain, tu embrasseras un sol qui fait partie intégrante de ton cher pays".
Rappelant que l'appellation Marche Verte émane de la symbolique du vert considéré comme la couleur de l'Islam et de la paix prônée par le Saint Coran, Telam souligne que Feu SM Hassan II avait demandé aux centaines de milliers de volontaires de s'armer du Saint Coran en tant que symbole indubitable du caractère pacifique de cette marche visant à libérer les provinces du Sud du joug du colonialisme.

Ainsi, le Maroc est parvenu à recouvrer ses provinces du Sud sans résistance ou protestation de la part de l'Espagne, poursuit la même source, soulignant que suite au succès de la Marche Verte, l'Espagne avait offert, deux jours plus tard, des garanties concernant la restitution de l'ensemble du Sahara.

Telam propose également un article étoffé des témoignages de trois journalistes marocains ayant vécu cet événement historique, en affirmant que 40 ans après l'organisation de cette impressionnante manifestation populaire suite à laquelle le Maroc a forcé le colonisateur à retirer ses troupes, il est difficile d'oublier les souvenirs et les faits ayant jalonné cet événement.

Dans ce sens, l'agence de presse argentine reprend les propos du journaliste Wahah Ahmed El Hiba, qui avait couvert la marche pour la Radiodiffusion Télévision Marocaine (RTM) à Rabat. Selon lui, "les gens peuvent parler et écrire sur la Marche Verte, mais personne ne peut ressentir ce qu'avaient ressenti ceux qui y ont participé". "Je n'oublierais jamais ce moment-là et je remercie Dieu d'être Marocain", s'est-il réjoui.

Pour sa part, Said Jadidi de Radio Tarfaya (la voix de la libération et de l'unité), a relevé que la journée du 6 novembre était empreinte d'un enthousiasme indescriptible, en soulignant que son flair de journaliste lui indiquait que "quelque chose bougeait et que quelque chose allait se produire" étant donné que la Marche Verte est restée jusqu'à son lancement un mystère dont l'idée, la conception et l'exécution étaient entourés du plus grand secret.

Abondant dans ce sens, le médecin militaire espagnol Felix Beltran a affirmé que "l'organisation de la Marche Verte était l'un des secrets les mieux gardés de l'histoire du Maroc", en soulignant que "la plupart des responsables militaires et fonctionnaires espagnols stationnés à l'époque au Sahara avaient appris la nouvelle via les journaux".

Reprenant un ancien témoignage de Feu Mohamed Gharbi de Radio Tanger, l'agence de presse argentine rappelle que ce dernier s'était retrouvé à son arrivée à Tarfaya au milieu d'une foule pleine d'enthousiasme et empreinte d'un sentiment de nationalisme. "A partir de ce moment, je me suis considéré comme l'un des volontaires et j'ai commencé à recueillir des déclarations avec les moyens disponibles à l'époque que j'ai exploités plus tard dans la préparation d'une émission spéciale pour Radio Tanger", avait-il indiqué.

Les différends témoignages recueillis par Telam ont été unanimes sur le fait que la Marche verte était un événement unique dans l'histoire, en ce sens que des volontaires armés uniquement de leur foi et du Saint Coran ont poussé le colonisateur à plier bagage.

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