Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Appel à renforcer le rôle des jeunes dans le suivi de l’Agenda 2030 à... | via @lemagMaroc https://t.co/CmCOvzqFM2 https://t.co/80Vlht9g1c



Zakaria Abouddahab Professeur, Conseiller auprès du Centre - publié le Samedi 28 Juillet à 14:07

La Fondation Mohammed V pour la solidarité : acteur et catalyseur du développement social




Les Marocains savent que le Roi Mohammed VI, au moment où il était encore prince héritier, avait une fibre sociale prononcée. Dans son ancienne résidence à Salé, il ne manquait pas le rendez-vous hebdomadaire consacré à la réception des personnes démunies, notamment les catégories à besoins spécifiques comme les handicapés. En 1998, sur son initiative, un comité d’éthique a été institué, transformé après en une Fondation dont le nom lui a été attribué par feu le roi Hassan II, la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Le futur roi forgeait déjà sa propre doctrine en matière de gouvernance, érigeant ainsi la lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité au rang de grand jihad. Précisément, son premier discours du Trône, prononcé en date du 30 juillet 1999, avait souligné la nécessité de lutter contre ce fléau social qu’est la pauvreté. Ce style de gouvernement centré sur le développement social global est aussi relayé par d’autres organismes, comme la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus.



La Fondation Mohammed V pour la solidarité : acteur et catalyseur du développement social
En 1999, le Maroc présentait un tableau social contrasté. Il accusait un déficit important en matière d’indicateurs de développement humain, en raison, notamment, de plusieurs années d’application du Plan d’ajustement structurel, de la faiblesse des investissements publics et de l’affaissement de l’économie internationale. La Fondation Mohammed V pour la solidarité est donc née sur fond de ce déficit. Au fil des ans, l’institution est devenue l’un des acteurs les plus importants en matière de développement social. Dès 1998, des campagnes de solidarité sont organisées chaque année pour collecter des fonds à même de venir à la rescousse des populations défavorisées. Les citoyens marocains ont apprécié ce genre de mobilisation qui tend vers l’ancrage des valeurs de solidarité au niveau sociétal. Des valeurs qui découlent non seulement des enseignements de l’Islam, mais aussi d’une morale sociale combinée à une approche citoyenne.

Le concept incarné par la Fondation est original. Conjuguées à d’autres programmes gouvernementaux, à leur tête l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), les campagnes de solidarité ont permis de dégager des fonds investis dans des programmes sociaux prioritaires. Le bilan de ces actions est globalement positif. D’aucuns prétendront que de telles campagnes n’ont pas engendré un impact tangible sur le vécu des gens, alors que les populations bénéficiaires en seront les premières à témoigner de l’utilité de ces filets sociaux, aussi modestes soient-ils. En effet, les fonds investis visent des actions ponctuelles bénéficiant à des catégories particulières de personnes comme les filles rurales scolarisées, les handicapés sensoriels et les jeunes des quartiers défavorisés. Ces actions complètent et appuient d’autres programmes gouvernementaux comme les projets relatifs à la formation professionnelle pilotés par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT).

Conformément à ses statuts, la Fondation Mohammed V pour la solidarité a pour mission essentielle de lutter contre toute forme de pauvreté et de marginalisation sociale. Elle œuvre en outre par tous les moyens pour venir en aide aux personnes démunies ou se trouvant dans une situation sociale précaire. Le concept est donc intéressant, de par qu’il s’inscrit au cœur des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). A l’heure actuelle, les campagnes de solidarité initiées par la Fondation sont devenues un moment fort qui structure et ponctue l’agenda social du pays, notamment durant le mois de novembre qui symbolise le début de l’hiver. Avec le temps, le cadre d’intervention de la Fondation s’est élargi pour couvrir des actions tenant, par exemple, à la protection des habitants des régions enclavées par la neige. La Fondation est également présente dans les cas de sinistres graves comme les tremblements de terre ou les inondations. L’un des particularismes du mode opératoire de la Fondation est la rapidité de sa réaction, en l’occurrence lorsqu’il est question de déployer des tentes médicales. La suite du travail est généralement menée par les autorités territoriales, la protection civile, et l’armée quand il s’agit d’événements dramatiques comme le séisme qui a frappé la ville rifaine d’Al-Hoceima en février 2004. La Fondation est aussi active lors de l’arrivée des Marocains résidents à l’étranger (MRE). Chaque année, elle organise en leur faveur une campagne d’accueil et de solidarité baptisée « opération "Marhaba" » en aménageant, par exemple, des aires de repos et en œuvrant à la facilitation de leur transit. La Fondation mène aussi, durant chaque mois de Ramadan, des opérations de soutien alimentaire au bénéfice des personnes pauvres. La Fondation distribue, en outre, des vêtements et des articles divers aux populations démunies. Autant dire la dimension humanitaire des actions menées par la Fondation.

Les programmes de la Fondation concernent donc des thématiques à forte connotation sociale et humanitaire. Il s’agit de la santé, de la scolarisation et de l’éducation, de l’alphabétisation, de la formation professionnelle, du développement durable, du microcrédit et du volontariat. Celui-ci constitue, en fait, un moyen permettant à la Fondation d’impliquer un public particulier, notamment les étudiants, dans les opérations humanitaires menées sur le terrain. De proche en proche, la Fondation a constitué un véritable réseau national d’action sociale. Parmi les projets concrets réalisés, notons la création de trois entités spécialisées : le Centre national Mohammed VI pour les handicapés, le Centre Mohammed VI de soutien à la micro-finance solidaire et le Centre de formation aux actions de solidarité (CFAS).

La nouvelle Constitution du Royaume, adoptée par référendum le 1er juillet 2011, a donné un coup de fouet à la problématique sociale portée, entre autres, par la Fondation. Ainsi, au titre de l’article 34 de ce texte, les pouvoirs publics élaborent des politiques publiques visant les personnes et les catégories à besoins spécifiques, notamment certaines catégories de femmes et de mères, d’enfants et de personnes âgées et handicapées. Aux actions de bienfaisance et de proximité menées sur le terrain par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, s’ajoute donc la consécration constitutionnelle de droits fondamentaux à cette frange de la population. Cette consécration renforce les engagements pris par le Maroc au niveau international en ce qui concerne, notamment, la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la protection des droits de l’enfant et la protection des personnes handicapées. Le saut est décidément qualitatif.

Lutter contre la pauvreté nécessite de mobiliser des moyens colossaux. Inscrit dans la durée, il nécessite également une mobilisation tous azimuts impliquant tous les acteurs. La Fondation Mohammed V pour la solidarité, à travers ses multiples actions opérationnelles et de sensibilisation, a contribué à la mise sur agenda gouvernemental de la lutte contre la vulnérabilité qui s’érige, désormais, en politique publique constitutionnelle profitable à toutes les catégories démunies.



               Partager Partager