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CGNews - Emarrakech - publié le Samedi 14 Février à 08:42

L’opinion des jeunes: Pro Palestinien et pro Israélien?




Shayna Zamkanei - Chicago – Pour nous qui nous sommes émus du nombre de civils tués à Gaza, notre obligation en tant que citoyens du monde responsables a consisté à militer pour la fin de la guerre, à fournir une aide humanitaire et à presser Israël et le Hamas à conclure un accord de cessez-le-feu durable.



Vu la gravité de ces problèmes, il pourrait sembler futile de se perdre dans des discussions sur les mots, mais il se trouve que les mots ont le pouvoir d’exacerber – ou d’apaiser – les conflits violents.

Cette guerre, en particulier, a révélé le pouvoir des mots. Dans les débats et les manifestations qui ont eu lieu partout dans le monde, il était impossible à quiconque d’exprimer son désaccord sans être automatiquement étiqueté de “pro Palestinien” ou “pro Israël” – expressions recourant à l’amalgame et mutuellement contradictoires.

Aucune des manifestations “pro palestiniennes” et “pro israéliennes” qui se sont déroulées dans les rues du monde entier n’a laissé de place pour ceux qui étaient à la fois inconditionnellement contre les roquettes du Hamas et indignés par la campagne militaire de l’IDF. Les rues étaient trop petites pour faire entendre la voix de la raison. Les manifestations en Angleterre, en France, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas sont passées à côté du possible, du praticable (un cessez-le-feu négocié), pour ne se fixer que sur le sang et les parti pris idéologiques.

Ainsi, lors de la manifestation de Trafalgar Square à Londres, les protestations contre le gouvernement israélien devant le nombre croissant de morts palestiniens ne se sont jamais assorties d’appels à la paix entre Israël et le Hamas; et pourtant les protestataires rendaient le Hamas responsable de la guerre.

A Paris et à Amsterdam, les slogans condamnant l’un ou l’autre protagoniste ont non seulement gaspillé le potentiel de la rue à influencer les politiques, mais aussi alimenté les craintes d’éventuelles actions terroristes et de violences dans les communautés européennes déjà aux prises avec leurs problèmes d’intégration.

Les manifestants qui se bloquent sur les problèmes sans jamais penser aux solutions ne font qu’aggraver la polarisation et excluent les protestataires prêts à un effort d’analyse et de recherche de la paix.

Cette question du langage s’infiltre aussi dans les conversations personnelles. Ayant grandi dans une famille qui partage plusieurs religions, j’en ai assez de m’entendre poser la question : alors, tu es pour les Israéliens ou pour les Palestiniens ? Ou encore de me faire harceler pour que j’avoue si je suis pour les uns ou pour les autres.

Aucun des deux termes ne correspond à ma propre position, non plus qu’à celle de quantités d’autres gens qui intègrent des concepts interculturels de justice et d’humanité, tels que ceux qui figurent dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. En temps de guerre, cependant, ces concepts supposent des efforts épuisants de médiation, d’éviter les pertes civiles, de repartir l’aide humanitaire sans tenir compte de considérations politiques et de résister a la tentation de la punition collective.

Si je critique l’action Israël dans chacun de ces domaines, ce n’est pas pour absoudre le Hamas de ses erreurs et vice versa. Mais il est particulièrement ardu d’expliquer qu’aucun des deux protagonistes n’a le monopole de la critique ou de la victimisation.

La réprobation publique doit trouver un nouveau moyen de se faire entendre, surtout en en Europe et en Amérique du Nord, où les groupes “pro Israéliens” et “pro Palestiniens” s’affrontent fréquemment dans la rue.

Il faudrait une levée de boucliers en faveur de modes d’expression reposant sur une terminologie claire et constructive correspondant à des objectifs réalistes. Tous les slogans comme “Mort à … telle ou telle nation, tel ou tel peuple” n’ont rien a voir avec la réalité et sont totalement improductifs. Le discours public doit adopter un mode d’expression qui réunira, de part et d’autre des deux camps, tous les citoyens véritablement épris de paix.

Ainsi, un discours plus constructif entonné par les deux camps pourrait déboucher sur un appel retentissant au cessez-le-feu, à la trêve, au déblocage de l’aide humanitaire, à la cessation des bombardements sur Gaza, à la fin des fusées Kassam, à des pourparlers entre Israël et le Hamas, entre le Fatah et le Hamas, etc. Le recours à des slogans tout simples comme “Fermez les tunnels, ouvrez les frontières”, “Pas de drones, des maisons “, ou encore “Justice sans frontières” pourraient déboucher sur des solutions plus pacifiques.

Il appartient à tous les hommes épris de paix d’adopter ce langage plus précis, plus inclusif et constructif, et de le diffuser par la presse et par le courrier électronique avant chaque manifestation. Les éducateurs ont aussi le devoir de l’enseigner aux enfants. Chaque citoyen conscient a la responsabilité d’exprimer son désaccord sans recourir a la rhétorique qui tue.



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