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par Murtaza Kumail Khwaja - publié le Vendredi 18 Septembre à 06:00

L’opinion des jeunes : Des jours meilleurs pour le Pakistan

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Lahore (Pakistan) - Depuis un certain temps, mes amis et moi, jeunes Pakistanais que nous étions, nous rencontrions souvent pour discuter des problèmes politiques et économiques de notre pays. Jusqu'au jour où, avec la plus profonde consternation, nous nous sommes rendus à l'évidence: les Pakistanais ont tendance à attendre que les autres fassent les choses à leur place, tout simplement parce que cela fait plus de 60 ans qu'ils s'époumonent en vain à dire ce qu'ils veulent. Ce constat étant fait, il n'était pas question pour nous de laisser cette culture s'éterniser: il nous fallait agir pour que notre société, ensemble, marche vers son avenir.

Nous avons décidé alors de faire changer nous -mêmes les choses dans notre pays en y faisant naître un sens de la responsabilité collective. A l'époque, nous n'avions pas encore de programme bien défini, nous voulions simplement nous bouger et faire bouger le Pakistan, le faire avancer dans son avenir politique et économique.

Nous avons créé le mouvement Zimmedar Shehri (Citoyens responsables), qui regroupe quelques personnes qui croient en des jours meilleurs. Le Pakistan, pays en développement, certes, a cependant tout ce qu'il faut pour entrer dans une phase de transformation et de croissance. Notre philosophie est toute simple: pour que notre pays puisse aller de l'avant, chacun doit y jouer le rôle qui lui revient.

Jeunes et enthousiastes comme nous l'étions, nous avons pensé que la transformation devait partir de la base. Notre intérêt s'est immédiatement porté sur le problème des ordures, chaque jour plus stressant. Tout le monde se plaint des poubelles répandues sur les trottoirs, des déchets qui s'accumulent dans les rues, mais personne n'agit, ni les habitants, ni les responsables, pour y trouver remède. 

Nous nous sommes donc mobilisés en petits groupes de garçons et de filles pour aller nettoyer après la fermeture des marchés le dimanche. Parfois, il nous fallait jusqu'à trois heures pour laisser la place impeccable. Notre objectif était simple: que les gens se rendent compte, par nos actions, que chacun a une responsabilité envers le reste de la société, que le gouvernement n'est pas seul responsable du changement, que le peuple aussi doit agir et que c'est par l'action collective que nous parviendrons à changer les choses.

Notre initiative avait aussi un but plus général: que les Pakistanais aient de nouveau foi en leur gouvernement. Il était important de montrer à tous ces gens que, quand on met la main à la pâte, ça ne passe pas inaperçu et que le soutien vient forcément, même si les obstacles semblent démesurés.

Lorsque nous avons démarré notre projet en mars 2009, nous n'étions que quatre jeunes hommes de 22 ans, avec pour tout bagage nos bonnes intentions et notre Facebook pour diffuser la bonne parole. Aujourd'hui, une quarantaine de personnes se joignent à nous chaque dimanche lorsque nous allons nettoyer les marchés. Lorsque les habitants du cru s'y mettent aussi, nos escouades peuvent atteindre jusqu'à 80 personnes.

Après enquête auprès des commerçants et des habitants, nous avons constaté qu'il n'y avait pas assez de poubelles. Nous intervenons donc auprès des municipalités pour qu'elles en fournissent. Les députés à l'Assemblée nationale qui sont venus voir nos actions nous ont assurés qu'ils feraient installer ces poubelles si nous trouvions l'argent pour les financer.

Pas plus tard que le mois dernier, nous avons ouvert une section de Citoyens responsables à Islamabad, sous la houlette d'Ali Faateh et de Meekal Jamil. Les membres de la permanence organisent régulièrement des événements. Une semaine, ils ont ramassé les ordures dans un quartier surpeuplé. La semaine suivante, avec des militants des droits de l'homme, ils ont organisé une veillée aux chandelles devant une église dans un quartier chrétien, pour présenter les excuses de la nation à leurs concitoyens chrétiens à la suite des sanglantes émeutes qui se sont déroulées à Gorja le mois dernier et qui ont fait sept morts et laissé 51 maisons en ruines.

Nous avons également organisé une collecte de vieux vêtements pour les habitants des bidonvilles. Amis et famille nous ont déjà donné une centaine de sacs, et d'autres vieux habits attendent d'être emballés. Plus tard, nous voulons installer une permanence de bénévoles pour gérer nos actions, des ateliers de trois jours sur le service aux collectivités et des programmes de responsabilisation dans les écoles de tout le pays.

En ce moment, nous sommes en pourparlers avec Karachi et Peshawar pour y ouvrir des sections de notre mouvement. La tâche est immense. Mais déjà nos projets commencent à prospérer et à inspirer ce changement: l'engagement de tous pour un avenir meilleur. Car tel est notre espoir.


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* Murtaza Kumail Khwaja, fondateur du mouvement Zimmedar Shehri (www.zimmedarshehri.com), est en quatrième année de médecine au Fatima Memorial Hospital College de Lahore. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).



Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 17 septembre 2009, www.commongroundnews.org

Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=263...


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