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Centre d’Etudes Internationales - ibn khaldoun - publié le Mercredi 21 Décembre à 23:32

L’islam modéré au Maroc




Le 27 novembre 2011, le ministre de l’intérieur marocain Taïb Cherkaoui communiquait les résultats des élections législatives anticipées tenues deux jours plus tôt. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) en est sorti vainqueur, en obtenant 107 sièges sur les 395 qui étaient à pourvoir. Cette victoire a conduit, conformément aux dispositions de la Constitution marocaine adoptée le 1er juillet 2011, à la nomination par le roi Mohamed VI d’un premier ministre, qui à son tour sera amené à former un gouvernement de coalition, avec d’autres partis politiques notamment. Le PJD, parti qualifié de conservateur et d’islamiste modéré tant au niveau national qu’international, se définit lui-même comme relevant d’un référentiel islamique et monarchiste.



L’islam modéré au Maroc
D’une manière générale, l’islamisme modéré suppose le rejet de toute forme d’appropriation de l’islam qui se ferait au service d’éléments radicaux. Et bien qu’il n’y ait aucune définition arrêtée du concept d’islamisme modéré, celui-ci devrait être défini comme une forme d’islam politique qui rejette toutes les conclusions offensives et discriminatoires.

 Mais, dès lors que l’on parle d’islam, même si l’on fait suivre le qualificatif modéré, bon nombre d’inquiétudes et de confusions subsistent quant aux imbrications que peuvent avoir la religion, l’exercice du pouvoir politique et l’Etat, en particulier aux yeux des Etats occidentaux. Pour traiter de la question, en ce qui concerne le Maroc, il conviendra de souligner un certain nombre de particularismes, dont notamment le caractère indissociable du politique et du religieux. En effet, et selon toutes les Constitutions qui se sont succédé au Maroc depuis l’accession du Royaume à l’indépendance, l’institution royale jouit d’un double pouvoir : politique tout d’abord, dans la mesure où le roi joue un rôle d’arbitre nécessaire entre les institutions ; symbolique ensuite, notamment à travers l’institution d’ « Imarat al Mouminin », qui fait du souverain le « commandeur des croyants ».

 La mise en place et la consolidation ayant conduit à l’ancrage irréversible de cette institution dans les mœurs politico-religieuses marocaines résulte d’un long processus de maturation initié dès la fin du VIIIème siècle avec l’avènement des Idrissides. Le roi, au titre de la Beïa et d’une doctrine politique musulmane à l’ancrage historique indéniable, dispose de pouvoirs qui lui sont reconnus à titre personnel, et qu’il est tenu d’exercer lui-même, sans délégation aucune. Cette institution, à vocation unificatrice et fédératrice est constitutive de ce qui définit le Maroc actuel, et ce, en totale corrélation avec les impératifs modernes de séparation, d’organisation et d’exercice des pouvoirs.

C’est dans ce sens que le 1er décembre 2011, la chaîne de télévision américaine Fox News, déclarait, en réponse aux craintes que pourrait avoir l’occident face à l’islamisme, même modéré, que le Maroc est « (…) immunisé contre les extrémismes religieux », dans la mesure où, « Le Roi, en sa qualité d’autorité religieuse suprême du pays, a mis en place l’énergie et les ressources nécessaires (…), dans le but de promouvoir l’islam modéré ».

Il apparaît donc clairement que le choix démocratique des Marocains ayant porté un parti ayant comme référentiel l’islam modéré, sur le devant de la scène politique nationale, ne remet pas en question les fondements et constantes du pays. Le Maroc dans sa conception identitaire ne peut être envisagé sans sa composante musulmane.

 Relativisons tout de même en précisant que cet attachement indéfectible à la Monarchie et à la religion musulmane n’est aucunement incompatible avec les grands principes démocratiques. Le gouvernement marocain, conformément à la volonté d’établir la démocratie et l’Etat de droit initiés par l’institution royale, sera donc tenu de veiller au respect des droits humains, à la lutte active contre le terrorisme et d’honorer la volonté marocaine de promouvoir les libertés individuelles, en accord avec les dispositions constitutionnelles consacrant la vie privée de chaque citoyen marocain.



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