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Karim El Maghribi - publié le Jeudi 10 Mai à 14:43

L’infortune Benkirane




Qui l’aurait cru, il y a encore quelques semaines ? Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui se définit comme étant l’ami des pauvres et des vulnérables se démène comme un forcené, en ces temps ci, pour barrer la route à l’Impôt sur la fortune (ISF),



une mesure prévue dans la loi de finances du gouvernement précédent, du temps de Mezouar, argentier du royaume. Le projet de loi en question fut retiré à la dernière ministre sur ordre du premier ministre d’alors Abbas El Fassi. La suite on la connait. Puis plus rien sur cet impôt qui devait alimenter un fonds de solidarité, cher au PJD & Co.

La nature ayant horreur du vide, l’ISF que l’on croit enterrée, ad vitam aeternam, revient en force au devant de la scène. La commission des finances de la chambre des conseillers, où le gouvernement est minoritaire, a adopté en effet, mercredi soir 2 mai dernier, (à la barbe du ministre de Finances Nizar Baraka qui visiblement était ailleurs),  un amendement visant la création dudit impôt qui  instaure une taxation des riches selon trois tranches, respectivement 1% pour les revenus variant entre  10 et 30 millions DH ; 1,5 % entre 30,1 et 50 millions DH et 2,5 % pour les fortunes dépassant les 50 millions  DH.

Le scandale est venu de l’infatigable conseiller, Mohamed Daidaâ qui n’est que le chef du groupe parlementaire de la FDT, le bras syndical de l’USFP. La disposition dont il est l’initiateur a été votée par 12 voix pour (y compris les parlementaires du PAM et de l’USFP), 7 contre et 5 abstentions (RNI). L’absence d’une majorité d’élus et l’inadvertance du gouvernement a facilité les choses ; car n’étaient  présents lors du vote que 24 conseillers dont certains étaient au centre du « complot ». Finalement l’ISF est approuvé in extremis, juste avant la suspension de la séance vers 20h00 du même jour. La reprise des travaux de la Commission des finances devant reprendre  demain vendredi. En somme Benkirane et les siens sont dans l’embarras. Non seulement ce dernier a fait des belles promesses au patronat, mais ne veut surtout pas décourager les riches dont certains commencent à être séduit par la PJD. Nizar Baraka, le ministre des finances n’échappe pas à l’embarras non plus, rappelant les difficultés de mise en œuvre de l’ISF Driss El Azami, le ministre PJD du Budget, se dit défavorable à cet impôt « qui ne suscite pas de consensus au niveau international ». Surtout qu’avec l’arrivée à l’Elysée du socialiste François Hollande qui a promis de taxer les fortunes jusqu’à 75 %,  Benkirane devait s’attendre à une fuite de quelque fortunés français vers le paradis marrakechi.

Dilemme ? En tout cas Benkirane a décidé de mobiliser les députés de son parti et leur alliés de voter contre l’intégration de l’ISF dans le voler recette de la loi de finances qui tarde à venir, d’autant que les conseillers du PAM et de la FDT commencent à prendre goût au jeu de la navette entre les deux chambres dans l’espoir de gagner du temps : hier, ils ont fait tomber les sectoriels de six ministères. Seul Rabbah, ministre du Transport et de l’Equipement,  qui décidément mérite son nom a vu son budget passer. 

L’impôt sur la fortune vit ses jours décisifs. La séance plénière à la Chambre des conseillers, qui devait avoir lieu au plus tard aujourd’hui, pourrait sceller l’enterrement définitif  l’ISF.



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