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AHMED ADDOU - publié le Jeudi 17 Avril à 14:13

L’important, c’est le cœur






L’important, c’est le cœur
Qui d’entre nous, petits et grands, ne connaît pas ce chef-d’œuvre de la littérature française, publié en 1943, traduit en 270 langues et dialectes, vendu à plus de 147 millions d’exemplaires et signé Antoine de Saint-Exupéry ?
Avec tous ces indices, vous avez certainement deviné : « LE PETIT PRINCE ». Un récit imaginaire dans lequel l’émotion est présente autant que la réflexion.
Qui d’entre nous, en lisant le chapitre 21 de ce conte poétique et philosophique, n’a pas été fasciné et conquis par la portée et la profondeur du secret de la vie, révélé par le renard au petit prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».
Au chapitre 25, la même idée est reprise et reformulée par le petit prince : « Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur ».
C’est la phrase leitmotiv du livre qui touche le lecteur de façon particulière, puisqu’elle répond à un besoin de richesse immatérielle, puisqu’elle comporte une vérité universelle qui n’est pas assez mise en valeur dans notre monde, basé sur les biens matériels, visibles, palpables.
Une phrase célèbre, une phrase inoubliable, une phrase lumineuse, une phrase magique aux évocations multiples.
Le cœur dont il est question ici, n’est pas bien sûr, l’organe qui fait circuler le sang dans nos veines et dans nos artères.
Non ! Ce cœur fait pour voir l’essentiel appartient au langage symbolique. C’est lui qu’on évoque quand on dit, par exemple, qu’on a du cœur, qu’on a un cœur d’or, qu’on a le cœur gros ou serré. C’est grâce à ce cœur immatériel qu’on peut donner de bon cœur, ou parler à cœur ouvert…
Ce cœur impossible à localiser dans notre corps, c’est la partie de notre être avec laquelle nous sommes à même d’écouter l’autre, à même de le comprendre et à même de l’aimer.
Malheureusement, à notre époque, nous nous laissons guider et mystifier par les apparences. Nous ne voyons pas ce qui est essentiel. Nos regards sont superficiels. Nous pensons connaître l’autre, nous n’en connaissons en réalité que les apparences.
En effet, nous vivons dans une société qui voue un véritable culte à l’apparence. Ce culte est largement alimenté et entretenu par les médias. Notre mal de vivre ne provient-il pas essentiellement du fait que nous paraissons être au lieu d’être ?
Entre être et paraître, nombreux sont ceux qui ont résolument retenu la seconde option.
«Le paraître » ne peut en aucun cas être fidèle à « l’être » puisqu’il tend à dissimuler, à déguiser, à falsifier, à étouffer ce dernier.
« L’être » est notre « Moi » authentique, profond. « Le paraître » est notre « Moi » artificiel, superficiel, celui que les autres voient, mais qui ne reflète pas forcément ce que nous sommes vraiment.
Etre, c’est se placer au niveau du cœur. Etre, c’est vivre en communion et en harmonie avec soi-même et avec le milieu environnant.
Si on prend l’habitude de voir avec le cœur, l’ego perd progressivement de son importance et finit même par se dissoudre.
Actuellement, nous ne savons plus aimer. Nous avons perdu notre spontanéité, notre capacité de nous émerveiller devant les choses simples. Dans notre vie, nous avons tendance à passer à côté des êtres et des choses sans les voir, sans les comprendre. Si nous savons nous arrêter, si nous savons poser le regard de l’amour sur ceux qui nous entourent et sur ce qui nous entoure, alors, chaque être, chaque chose prendra une valeur toute particulière et unique. Nous passons à côté de l’essentiel et ne retenons que le mirage de l’autre.
Ne plus regarder en profondeur, ne plus voir avec amour, c’est s’assécher, se désertifier.
Regarder avec les yeux du cœur, c’est pénétrer au plus profond de l’être ; c’est en découvrir toute la beauté et la richesse ; c’est y trouver l’oasis cachée, le jardin secret, le trésor enfoui.
La vérité est là où l’on ne sait pas regarder, là où on ne regarde jamais. La vérité, le bonheur, la vraie vie ne deviennent accessibles qu’à travers les yeux du cœur.
Nul ne peut nier le fait que le cœur est le don le plus précieux qu’Allah nous ait accordé et c’est dans le cœur que réside notre foi en Dieu et notre amour pour le Prophète Mohammed (paix et bénédiction sur lui) et pour tous les êtres vivants.
La place qu’occupe le cœur dans l’Islam est de la plus haute importance. Seul celui dont le cœur est pur obtiendra le bonheur et la réussite dans l’Au-delà.
La tâche première du Prophète Mohammed (PBSL) n’était-elle pas de purifier les cœurs ?
Nombreux sont les versets coraniques qui évoquent la purification du cœur qui est, par excellence, l’objet de la spiritualité musulmane. Le Saint Coran présente le cœur sain et pur comme l’unique capital et la seule voie de salut au jour de la Résurrection :
« Le Jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui vient à Allah avec un cœur pur » (Sourate Achouârae/Versets 88-89).
« Ceux qui ont cru et dont les cœurs s’apaisent à l’évocation d’Allah. N’est-ce point par l’évocation d’Allah que s’apaisent les cœurs ? » (S. Arâad/V. 28).
« Car les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué » (Sourate Al Anfal / Verset 2).
« Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont les cœurs dans les poitrines qui s’aveuglent » (Sourate Al Hajj / Verset 46).
« Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs, après que Tu nous aies guidés et accorde-nous Ta miséricorde. C’est Toi, certes, le Grand Donateur » (Sourate Al Imran / Verset 8).
C’est à l’homme de purifier son cœur et de développer en lui la réceptivité nécessaire pour bénéficier de la Grâce infinie de son Créateur. Comment serait-il possible que les rayons de la Grâce d’Allah et l’illumination divine entrent dans un cœur rempli de désirs immoraux, égoïstes et bestiaux ?
Ainsi, lorsque de mauvaises actions sont commises de façon répétée, la lumière qui permet à nos cœurs de faire le distinguo entre le bien et le mal s’affaiblit progressivement, jusqu’à disparaître totalement.
L’individu sent alors son cœur se transformer en une pierre dure ; rien n’en coule et rien ne l’émeut. C’est ce qui apparaît dans ce verset : « Vos cœurs se sont endurcis ; ils sont devenus comme des pierres ou même plus encore » (Sourate Al Baqara / Verset 74).
Nombreux sont aussi les Hadiths qui traitent du cœur. J’en offre au lecteur tout un bouquet.
Le Messager d’Allah (PBSL) a dit : « En vérité, il y a dans le corps humain un organe qui, s’il est pur, purifie tout le corps et s’il est corrompu, corrompt tout le corps. C’est le cœur ».
« Allah ne regarde pas votre aspect, mais il regarde ce que renferme votre cœur et ce que vous accomplissez ».
« Le plus éloigné d’Allah parmi les gens est celui dont le cœur est endurci ».
« Le plus haut degré de la cécité, c’est la cécité de l’égarement qui surviendrait après la guidance et la pire des cécités est la cécité du cœur ».
« Allah ne regarde pas votre corps ni votre image, mais votre cœur ».
« Ô Abou Dhâr ! Crois-tu que la richesse, c’est l’abondance des biens matériels ? Certainement pas. La vraie richesse, c’est la richesse du cœur et la vraie pauvreté, c’est la pauvreté du cœur ».
« Il arrive que le cœur du croyant soit recouvert par des nuages, comme c’est souvent le cas pour la lune, ce qui lui fait perdre sa clarté ; ensuite, lorsque ces nuages disparaissent, le cœur resplendit à nouveau ».
S’appuyant sur les Versets Coraniques et les Hadiths du Prophète, les exégètes du noble Coran ont avancé diverses interprétations pour dépeindre le cœur qui est sain et pur.
Pour certains, « Le cœur sain est un cœur qui est purifié de l’associationnisme et de la mécréance ».
Pour d’autres, « Le cœur sain est un cœur qui est exempt des péchés, de l’orgueil et de l’hypocrisie ».
Pour d’autres encore, « Le cœur sain est un cœur qui n’est pas rempli de l’amour pour le monde d’ici-bas, amour qui est la source de tous les maux et de toutes les fautes ».
Pour d’autres enfin, « Le cœur sain est un cœur où personne d’autre que Dieu ne se trouve ».
Ainsi, l’important chez l’homme, ce n’est ni la beauté, ni la force physique, ni la fortune, ni le pouvoir, ni les diplômes, ni le prestige, ni la renommée.
L’important chez l’homme, c’est le cœur, la noblesse du cœur, la richesse du cœur, la pureté du cœur.
Seigneur, nous Te prions par Tes plus beaux Noms et Tes Attributs sublimes de nous doter de cœurs qui s’emplissent de piété à Ton souvenir et qui Te rendent toujours grâce.
Seigneur, nous Te demandons des cœurs qui s’apaisent à Ton souvenir et qui Te craignent.
Seigneur, Ô Toi qui retournes les cœurs, attache nos cœurs à Ta religion !
Ô Toi qui orientes les cœurs, Tourne nos cœurs vers Ton obéissance ! AMEN !

AHMED ADDOU
Enseignant à Oujda



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