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Chriet HAMID - publié le Jeudi 10 Octobre à 11:40

L’impératif au Royaume de re-adhérer à l’union Africaine






Hamid Chriet
Hamid Chriet
Le Maroc n’est que membre observateur de la Cédéao comme je l’avais proposé dans mon article paru le 30/01/2013 dans le journal « le soir échos « Et si le Maroc adhérait à la CEDEAO » depuis rien n’as été fait et il n’est plus membre de l’UA depuis une éternité, ce qui limite son panafricanisme.

Mais dans un très long message, dont la lecture a été donnée par son chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, il a souligné l’importance que ce regroupement régional représentait pour le royaume qui se « hisse au premier rang des investisseurs africains dans la sous-région ».

Sa Majesté Mohammed VI a ainsi évoqué la situation au Mali, avec un ton didactique mais ferme qui laisse entendre que le temps des récréations est terminé (« les fragilités croissances de l’Etat, affaibli par les divisions politiques et les dissensions militaires ») : « Aujourd’hui, a-t-il dit, au moment où le règlement de la crise malienne est entré dans une phase opérationnelle nouvelle et différente, la Cédéao est encouragée à poursuivre ses actions de médiation, de facilitation, de protection et de stabilisation post-conflit. Durant les étapes décisives et délicates à venir, les initiatives de la Cédéao seront déterminantes pour accompagner le Mali, pays souverain, dans la réalisation de sa ‘Feuille de route de transition’, et dans l’accomplissement des différents objectifs définis par le Conseil de sécurité […] L’approbation par tous les acteurs maliens du modèle à construire, des étapes à franchir et des modalités à mettre en œuvre est, en effet, d’une importance capitale ». « Voisin solidaire », « partenaire pour la paix et la sécurité dans la région », le Maroc est engagé dans la résolution de la crise « malo-malienne » mais entend être, également, aussi omniprésent (et exigeant) que possible dans la « post-crise ». Il s’agit pour le Maroc « d’approfondir davantage sa coopération avec la Cédéao, en élargissant à de nouveaux horizons son statut de membre observateur, lui conférant un contenu significatif et singulier, sur les plans politique, économique, socio-culturel et stratégique ».Obnubilée par le Mali (et dans une moindre mesure par la situation en Guinée-Bissau), la Cédéao (qui, hormis le président tchadien et le premier ministre marocain a accueilli les chefs d’Etat du Burundi et de la Mauritanie) n’a pas oublié ses fondamentaux : l’intégration régionale dont la priorité, a rappelé Ouattara, est « l’achèvement de la construction du marché commun pour lequel des progrès tangibles sont chaque jour réalisés ». Il a, par ailleurs, rappelé que la condition siné qua non de la finalisation de ce projet de marché commun était « la réalisation des projets régionaux d’interconnexions entre nos Etats […] qui s’inscrit dorénavant dans des initiatives à la fois bilatérale et multilatérale ».

Là encore, il faut reconnaître que la Côte d’Ivoire joue, plus que d’autres pays, sa partition, Ouattara étant en position de mobiliser des moyens financiers considérables pour des projets qui concernent les grandes infrastructures d’interconnexions routières, ferroviaires, électriques, énergétiques, câblées… Sur ce terrain le chef de l’Etat ivoirien retrouve le roi du Maroc. Et ce ne saurait être un hasard. Dans le contexte actuel, ce sont les deux pays phares de la zone ouest-africaine « élargie ».

Le Maroc bien plus que l’Algérie (malgré ses énormes richesses pétrolières et gazières), la Côte d’Ivoire bien plus que le Nigeria (malgré, là encore, ses énormes richesses pétrolières et gazières). C’est que Rabat et Abidjan savent « extravertir » (autrement dit séduire les investisseurs étrangers) leur économie et parviennent, malgré les soubresauts politico-sociaux, à éviter le chaos.

C’est pourquoi aussi Sa Majesté Mohammed VI et Ouattara sont préoccupés par la résolution de la crise « malo-malienne » et de la situation au Nord-Mali. Ils savent qu’en ce domaine ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions : Mohammed VI n’oublie pas la question jamais résolue du « Sahara occidental » ni le fait que son gouvernement est perçu comme « islamique » tandis que Ouattara est confronté à une improbable « réconciliation » qui pèse sur la vie politique de son pays. Ils sont donc engagés dans une course de vitesse : croissance économique contre subversion politique. Et il n’est pas sûr que la ligne d’arrivée soit encore loin… !

Priorité à la CEN-SAD
Fort de cet acquis, Sa Majesté Mohammed VI a exhorté « la diplomatie à accompagner assidûment cette orientation, par le développement de nos relations bilatérales avec les pays subsahariens, par une contribution efficace aux actions de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens, CEN-SAD, notamment à la définition des nouvelles missions dévolues à ce rassemblement ».

Entité composée de 28 Etats dont le Maroc, elle avait tenu son premier congrès, le 4 février 1998 à Tripoli. Après la chute du régime de Kadhafi, autrefois le principal bailleur de fond de cette organisation, Rabat a tenté de se positionner comme le nouveau leader en abritant une réunion, le 4 juin 2012, du comité exécutif de la CEN-SAD.

Un objectif exprimé clairement par le ministre des Affaires étrangères, Saâdeddine El Otmani. Dans des déclarations à la presse, il affirmait que le royaume « est bien placé pour jouer un rôle d'avant-garde au sein de cette organisation, en capitalisant sur les liens étroits tissés avec les pays membres et sur sa présence constante et résolue dans le continent ».

Opportunité pour le Maroc
Le Maroc souhaite que la CEN-SAD soit un espace de libre-échange entre les 28 pays. Avant même la réunion de Rabat, le royaume est membre d’un comité ministériel restreint composé de huit membres, chargé de la révision des statuts de ce groupement.

Il est clair que la CEN-SAD offre au royaume une chance de consolider davantage sa présence sur le continent africain. Avec la disparition du régime de Kadhafi et la menace grandissante des mouvements terroristes sur la stabilité des Etats du Sahel, notament avec aqmi, Ansar din, le polisario, les shebab , Mujao , il a entre les mains une carte à jouer pour rattraper le retard qu’il accuse depuis son retrait, en 1984, de l’Organisation de l’unité africaine, l’ancêtre de l’Union africaine, suite à l’admission de la "RASD".

Hamid CHRIET.
Géopolitologue-intellectuelle



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