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Dr Ben Kirat - publié le Mercredi 10 Juillet à 11:30

L'identité marocaine




Arabe, Amazigh, Africain, Juif, Europeen, Ligue Arabe, Union du Maghreb Amazigh



L'identité marocaine
L’Identité Marocaine en Construction

La théorie Huntington enfin se révèle de plein fouet grâce aux guerres de Croisades que les Etats Unis mènent contre les musulmans à travers le monde et à tous de témoigner qu’on soit Arabe, Musulman, non-Arabe et non-Musulman. Elle se conjugue dans la continuation des agressions qui se manifestent en Iraq, en Afghanistan, en Palestine, et en Iran. Elmanjra remarque dans son ouvrage que «août 1990 rentrera dans l’Histoire comme date de naissance de l’ère du «post-colonialisme». Pour Elmanjra, «La guerre civilisationnelle contre l’Islam a commencé en 1985. La raison est connue et elle est simple. Selon les statistiques du Vatican, cette année le nombre de catholiques a atteint 850 millions et celui des musulmans 865 millions. La compagne contre l’Islam est donc lancé, en parle déjà d’extrémisme religieux.» Donc il faut venir au secours du Vatican et créer des guerres pour anéantir ses musulmans ingrats; avant il fallait envoyer le prêtre convertir les mécréants, les païens, les sauvages et provoquer les locaux pour créer des conflits et y envoyer l’armée pour les soumettre; voilà le prêtre croisé complice de l’armée pour s’entendre sur le colonialisme. Le premier objectif était les minerais et les produits agricoles et l’autre objectif en devenir c’est le pétrole et la géopolitique, que ça soit pour le canal de Suez ou des oléoducs, qui motivent les USA et en même temps assurer l’hégémonie mafieuse de ses arnaqueurs américains.

Faut-il en parler du monde Arabe car il n’y a aucun rapport qui puisse le lier à la lâcheté de certains irakiens qui ont pacté avec Satan, suivant la doctrine extrême, et exécuté Saddam Hussein pour en bénéficier de son héritage, contrairement au libéralisme laïc du mouvement Nahda, dans la plupart. Saddam était un homme déplorable mais pas plus que tous les autres leaders des régimes arabes, sans exception aucune. Les années de plomb du roi Hassan II du Maroc, du régime mafieux et des dictateurs algériens, des affaires et de répression de Ben Ali ou du dictateur par excellence Kadhafi, de la violence du régime du Shah Pahlavi de l’Iran, de Moubarak ou de Hafiz Assad ou son fils Bechar, de l’Arabie Saoudite et le reste ne laissent rien à admirer.

Mais, tout de même, mettre le Maroc actuel dans le même sac que l’Irak ou autres pays du monde arabe est un manque de sagesse analytique et ne peut être qu’une chimère: chaque pays du Moyen Orient ou du Maghreb à sa spécificité, comme l’a d’ailleurs chaque pays d’Europe. C’est là l’erreur de l’Occident Nord utilisant ‘Arabe’ ou ‘Musulman’ ou encore ‘Maghrébin/Nord-Africain’ pour identifier un Marocain ou un Tunisien, ce qui est complètement inacceptable, car l’usage de ‘Arabe’ ou ‘Musulman’, comme dire un ‘Blanc’ ou un ‘Noir’; ces appellations sont démunies de sens et se limitent à une description négative du colonialisme ancien, ethnique, linguistique, religieuse ou de couleur, mais jamais de la nationalité d’un citoyen marocain, ou autre. On ne veut pas parler des pays comme le Maroc, la Tunisie pleinement, mais cette négativité de non-existence d’‘Arabe’, de ‘Musulman’, mais quel arabe? Quel musulman? Dire qu’il est marocain, qu’il parle marocain (toutes les langues du pays dans sa diversité), c’est confirmer son existence, la parité, tout simplement une appartenance à une nation, une culture, un tout politique, économique et social, des qualificatifs d’un état souverain. Peut-être faut-il informer le monde que le mot ‘arabe’, ‘maghrébin’ ou ‘musulman’ en lui-même ne désigne nullement le marocain, le tunisien ou l’algérien, car ce n’est que la limite de l’esprit borné de ‘l’Orientaliste’, porte-parole du colonialisme ancien. (Mais et la France et l’Espagne se tournent vers le Maroc, avec une croissance du PIB de 3,5 à 7% au cours de ces dernières années, pour les épauler à soutenir leurs économies et réduire la balance commerciale négative de ces deux pays en crise aigüe, l’Espagne en particulier). Il faut dire Marocain, Tunisien ou Algérien, car arabe, maghrébin ou musulman n’ont aucun sens et aucun lien entre les différentes composantes politiques de l’Occident Sud. S’il y a la Ligue Arabe, c’est dans cette ligue que ce limite l’usage d’une entité politique ‘dite’ épithète arabe, comme l’Union Européenne, c’est dans cette union que réside leur consentement et leur différence, pas plus. L’Espagne et l’Angleterre sont aussi loin l’un de l’autre que l’est le ciel de la terre, que l’est la Pologne de l’Europe de l’Est du reste des pays de l’Europe de l’Ouest et du Nord, et dans leur système démocratique et dans les mœurs. Il y a ‘La Conférence Islamique’, mais elle se limite à ses fonctions et les musulmans qui se sont adhérés, mais, chaque pays est distinct de l’autre, de l’Indonésie au Maroc. Il est important de consulter l’œuvre de Clifford Geertz, qui décrit deux pays musulmans, le Maroc et l’Indonésie en l’occurrence, qui se trouvent à moitié du monde de l’un l’autre, et se demande s’il y a raison de les appeler tous les deux comme ‘Musulman’. Sa conclusion est claire et nette: il n’y pas une telle chose comme une ‘Société islamique’, il y a des sociétés qui sont façonnées, en partie, par l’Islam, mais sont aussi formées dans un creuset naturel par leur position dans le monde physique, leurs héritages de langue et de culture, leurs possibilités économiques et l’accident de leur histoire politique.

Pour le Maroc, non seulement devrait-il suivre la voie laïque mais suivre son modèle particulier, comme suggéré par Geertz, mais au sein de la communauté des démocrates du monde, pour ne pas se limiter à un pays particulier de l’Occident. Le Maroc se proclame totalement Amazigh d’abord, arabophone par la langue officielle choisie et l’apprentissage du Coran, Africain par son lien historique et généalogique depuis l’empire ancien, Juif depuis l’histoire de cette religion connue tour à tour comme Ifriqiya et Mauritanie qu’elle a accueilli sur son sol, européen et par sa culture et par ses langues, allant du Français dominant, à l’Anglais des affaires et à l’Espagnol traditionnel du nord et du sud du pays et aussi bien par son voisinage à quelques kilomètres de Gibraltar. Il est temps que le Maroc change de camp car la langue française, suivant Almanjra, «est parlée par moins de 4% de la population mondiale. La langue d’un pays qui, selon ses propres experts, a 15 ans de retard technologique, comme est en train de le démontrer la guerre du Golfe, et ou plus des deux tiers des chercheurs publient en anglais parce qu’ils savent que s’ils publient en français, ils ne seront pas lus même en France.» Mais il ne propose pas son abondant car il stipule que, «je ne suis pas pour le remplacement de l’hégémonisme français par l’Anglais. Aujourd’hui c’est l’Anglais, demain ça sera l’Espagnol ou le Japonais. » Malheureusement il n’en dit rien de l’Arabe et ses 23 pays de 375 million d’habitants, ou de la Chine ou de l’Inde bien qu’il parle de l’Espagnol qui peut être la première langue aux Etats Unis d’ici 2025 à 2030, ce qui est confirmé par d’autres sources très récentes.

Tout organisation économique régionale représenterait un pas en avant et peut être un succès exemplaire plus que jamais réussi qu’auparavant. Une Ligue ou Union de la Méditerranée et des pays du Moyen Orient serait une nouvelle institution régionale dépourvue de l’épithète arabe qui n’est qu’un euphémisme pour l’hypocrisie et le mensonge, car il n’y a jamais eu de peuple ethniquement arabe en dehors d’el Jazira el Arabia, l’Arabie Saoudite en tête, uni ou homogène, ni dans la langue ni dans la politique, ni dans l’économie ou tradition, comme confirmé ci-dessus. Il n’y a rien de commun chez le Marocain et l’Egyptien ou la personne d’Arabie, pas plus avec un Algérien ou un Tunisien. Ils sont même différents dans la pratique et l’interprétation de l’Islam et ne peuvent avoir une vue unique ou même célébrer les fêtes musulmanes le même jour. Ceci a été déjà exprimé par Clifford Geertz, déclarant que la ‘Société Islamique’ n’existe pas. il y a des sociétés qui existaient avant l’Islam, et l’Islam les a façonnés comme ils l’ont façonné et chacun de manière différente.

L’autre raison pourquoi l’Arabe et le monde arabophone devraient dépasser la période colonial, car l’espace géographique des nations arabophones allant du Maroc du côté atlantique jusqu’aux Emirats Arabes du Golf Arabe avec 23 pays et une masse de territoire de plus de 14 millions de kilomètres carrés et une population qui dépasse 375 millions d’âmes dont le grand pourcentage est jeune et moderne. Même si ces pays sont divisés par des frontières et des politiques différentes, il faut les considérer comme un block économique uni. Il faut revaloriser la région toute entière en tant que futur potentiel d’une économie unie et avec un partenariat incontournable face à une concurrence extérieure afin de soulever les défis internes et de les traduire en un partenariat valable et non de compétition et de conflits.

Enfin, on peut, sans effort, constater que la région de l’Occident Sud avec 14 million de km2, est plus vaste que les Etats Unis qui ne disposent que de 9,6 million km2, l’Europe avec 10,6 million km2, et la Chine avec 9,6 million km2. L’Inde au fait ne dispose que de 3,2 million km2. En plus, la région du monde arabophone a environ 60% des réserves mondiales de pétrole et 45% de gaz, des réserves de phosphate énormes avec d’autres minerais et matières premières sollicitées de par le monde, avec un climat favorable pour le développement des énergies renouvelables comme le cas des pays du GCC et du Maroc, et ce dernier avec des terres fertiles et son Plan Vert dispose de suffisamment d’eau nécessaire pour soutenir la vie humaine et agricole. Les défis de leur développement économique se posent, en particulier dans le domaine de l’infrastructure, de la transformation et de la production industrielle et recherches scientifiques; sur le volet politique, il faut faire face à la démocratie et à la transparence des gouvernements; et le social demande l’encouragement, la création et l’expansion de la société civile, la liberté individuelle et le respect des droits de l’homme, tandis que celui de l’identité reste à déterminer pour tous. ‘Qu’est-ce être Marocain? Qu’est-ce être Arabe?’


Ben Kirat PhD, Professeur à l’Université de Marbella, Malaga, Espagne, Auteur des livres,
1- International Relations and Franco-Moroccan Co-operation 1940-2012, (Oxford: Joshua Horgan Partnership, 2012).
2- Immigration and the Influence of Islam in French Politics and International Relations 1900-2012, (Oxford: Joshua Horgan Partnership, 2012).
3- La Civilisation Religion et Antithéisme dans les Relations Internationales à l’Aube du XXIe Siècle, Malaga, 2013

Dr Ben Kirat, Visiting Professor at Marbella University, Centro Comercial Vasari-Alzambra, Urbanizacion Vasari-Alzambra, 29660 Nueva Andalucia, Marbella, Malaga, Spain.


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