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CGNews, Pensee Afifi et Jane Slusark - publié le Lundi 1 Octobre à 14:19

L’humanité ne commence pas par la géographie




Pensee Afifi et Jane Slusark* - Le monde arabe et l'Occident représentent les deux faces d'une même médaille. Bien que nous venions de diverses régions du globe, nous sommes deux parties qui font un tout: nous vivons dans le même monde. Et dans ce sens, bien que nous ayons tous notre culture propre, il est utile de rappeler – et de consolider – notre culture universelle.



Les racines les plus élémentaires de la culture mondiale puisent leur substance dans le fait que nous, en tant qu'êtres humains, éprouvons les mêmes émotions primaires – douleur, amour, colère, peur etc. Nous aspirons tous à éviter la douleur et à optimiser le plaisir. C'est l'existence de la peur qui nous empêche de nouer des relations ou de faire confiance à un autre, surtout un autre que nous ressentons comme différent. Nous savons tous que notre ressenti commun sur la mort, la vie, la guerre et la tragédie, et la façon dont elles affectent notre personne, sont la surface commune sur laquelle nous pouvons construire le respect et l'amitié. Personne ne veut perdre un fils, une mère ou un grand-père – nous devrions tous pouvoir comprendre la démence de la violence inutile.

Nous comprenons aussi que chacun a un lien personnel avec sa maison ou son village – nous aurions de la peine à les voir détruire. Mais la culture universelle que nous partageons peut être ternie par la déshumanisation. La guerre n'est possible que lorsque nous percevons l'ennemi comme infra-humain. La rhétorique des politiciens et des responsables surexcités permet aux masses populaires d'oublier qu'elles ont le même coeur que ceux qu'elles "détestent" de l'autre côté de la frontière. Une fois dépouillé de leurs attributs extérieurs, ce qu'on retrouve est le même individu avec les mêmes besoins élémentaires.

Il existe également des valeurs, des morales et des traditions qui sont respectées et appréciées dans le monde entier, par exemple le rôle de la famille. Les formes peuvent différer, mais les relations entre les membres d'une famille sont importantes dans toutes les communautés et toutes les cultures. Dans le monde arabe, la famille incarne le passé, le présent et l'avenir. Dans le monde arabe, on croit que les individus ne sont pas éduqués seulement par l'école, mais aussi par la famille. Avec cette conviction, les familles font un effort extraordinaire pour former la personnalité de leurs enfants. Les liens familiaux comportent également des responsabilités considérables: un Arabe sera beaucoup moins estimé s'il ne bénéficie pas en permanence du soutien et des conseils de sa famille.

Dans le monde occidental, l'indépendance de chaque individu joue un rôle plus important dans l'élaboration des liens familiaux. En ce sens, les familles occidentales fournissent à leurs enfants éducation, conseils et soutien, mais elles leur enseignent également l'indépendance et le sens des responsabilités qui leur permettront de façonner leur propre vie en dehors des confins de la famille.

Dans les deux cas, l'importance de la famille est évidente. Bien que les étudiants arabes et américains que nous sommes discutent parfois du niveau de responsabilité et d'indépendance dont ils jouissent en famille dans leurs cultures respectives, ils se rendent compte aisément que, malgré nos désaccords, nous convenons tous que la famille joue un rôle important en matière d'éducation et de soutien.

Les pays définissent leur culture par leur histoire. Mais on peut demander à juste titre: "Quelle histoire ?" Les manuels scolaires proposent le plus souvent l'histoire politique, l'histoire des conflits. Pourtant, dans chaque pays il existe des périodes sombres aux cours desquelles de graves erreurs ont été commises, il existe aussi "le bon vieux temps" où tout était simple et les gens étaient heureux. Chaque pays a eu sa part de triomphes et d'épreuves. Certes, il faut se rappeler l'histoire, mais il importe aussi de ne pas la refaire. Les griefs du passé ne doivent pas empêcher deux nations de se respecter dans le présent ni d'avancer de conserve vers un but commun. A trop nous concentrer sur l'événement, nous oublions les émotions collectives, les aspects humains qui ont permis dans l'histoire de régler les conflits.

Pour parvenir au respect et à la compréhension véritables sur un plan mondial, nous devons nous rapprocher les uns des autres et valoriser les caractéristiques humaines que nous avons en commun. Nous sommes tous des êtres humains qui partageons les mêmes émotions, les mêmes besoins, les mêmes valeurs. Ce que nous oublions trop souvent, c'est que, quelles que soient nos divergences, nous ne pouvons pas nous extraire de l'autre côté de la médaille: nous avons tous quelque chose en commun à partager. A tout le moins, nous pouvons partager notre soif de nous comprendre les uns les autres.

* Pensee Afifi est étudiante à l'Université américaine du Caire et Jane Slusark, à l'Université de l'Iowa. Elles ont écrit cet article en collaboration, dans le cadre du Programme de dialogue interculturel islamo-musulman du Soliya Connect Program.



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