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Kamal Znidar - publié le Dimanche 12 Janvier à 13:58

L'exclusion sociale et la révolte par le feu




L'exclusion sociale peut se définir comme une rupture du lien social. Elle est un phénomène social qui relève des difficultés d'intégration des individus à la société, et qui se caractérise par la perte de la place sociale, l'absence d'un rôle social et la défaillance des liens sociaux.



L'exclusion sociale peut résulter d'un refus ou d'un défaut d'intégration socioéconomique par un individu ou un groupe social, comme elle peut résulter d'un ostracisme des personnes qui ne correspondent pas au modèle dominant de la société. En privant ses individus d'une reconnaissance, on nie et stigmatise leur identité, et ils peuvent développer des sensations haineuses qui risquent de générer des réactions négatives ou barbares pour répondre à la privation de reconnaissance et le rejet social : contre-acculturation, grèves, manifestations, délinquance, banditisme, machisme, sexisme, terrorisme, suicide, etc.

L'exclusion sociale peut frapper dès l'enfance lors de la phase de l'acculturation primaire. L'enfant peut être exclu du tissu social lors des débuts de sa scolarisation et des premières années de sa socialisation familiale. Les privations et les chocs que l'enfant subit à un jeune âge se répercutent tout au long de son existence. La négligence et la maltraitance peuvent causer des défaillances mentales, des blocages psychologiques et sociaux, et stopper son développement ; elles peuvent l'empêcher de se remettre et continuer son processus d'acculturation. Une éducation trop sévère et asphyxiante, une maltraitance violente, une séparation parentale ou rupture familiale inexpliquée, un manque d'affection ou de compréhension, la privation, la négligence, une humiliation publique ou un traumatisme grave, etc., tout ça peut laisser des traces et engendrer des sensations de malaise, des troubles psychoaffectifs et un ras-le-bol qui vont se manifester par un échec scolaire, une auto-exclusion et une phobie de la société. Tout ceci peut le conduire vers le chemin de la déviance, de la délinquance et faire de lui un des clochards ou des terroristes de demain.

L'exclusion sociale est un phénomène qui peut découler d'un processus de cumul des précarités et des handicaps sociaux. Elle est un processus infernal aux multiples facettes qui témoigne des difficultés d'insertion professionnelle et d'un défaut d'intégration sociale. Le chômage, la pauvreté, le divorce, l'âge, l'absence de diplôme, les problèmes de santé et la faible insertion dans les réseaux familiaux ou sociaux constituent des facteurs de précarité qui débouchent fréquemment sur l'exclusion sociale.

L'exclusion sociale peut apparaître comme le résultat d'une volonté personnelle générée par le racisme, l'extrémisme religieux ou la haine voire la jalousie-envieuse de la société ou des groupes dominants. C'est le cas des marginaux (délinquants, criminels, racistes, extrémistes religieux, etc.) qui refusent la conformation à la Loi, l'insertion sociale et rejettent librement les valeurs et les normes sociales transmises par les institutions de socialisation. Comme elle peut être le résultat de la discrimination, la stigmatisation et la ségrégation raciale ou sociale.

Les exclus sont des individus atomisés, isolés, qui ne participent pas pleinement à la vie sociale et qui n'appartiennent plus à un groupe de base de la société comme la famille, le groupe de voisinage, les associations, etc. Mis à l'écart, ils se retrouvent hors de la société n'ayant plus de soutien d'aucune sorte, ils perdent peu à peu les repères sociaux qui les maintenaient encore insérés dans le tissu social. Ainsi, ils en arrivent à ne plus fréquenter les institutions caritatives, les centres d'accueil ou les bureaux d'aide sociale et de la solidarité nationale. Ils deviennent sans revenu régulier, sans appartenance familiale ou sociale, parfois même sans domicile fixe. La perte du lien social s'accompagne aussi d'une image de soi dévalorisée et d'une sensation d'inutilité au monde. Au-delà de la galère, la misère et l'obscurantisme, ils subissent toutes sortes d'injustice sociale : le racisme, la discrimination, la stigmatisation et la ségrégation raciale ou sociale. Face à tout ça, les exclus deviennent démoralisés et incapables de définir un projet de vie et de planifier le futur ; et là, ils risquent d'opter pour les chemins du suicide, de la déviance, de la délinquance, du banditisme et les groupements terroristes.

L'exclusion sociale est un phénomène qui représente un danger à la stabilité et l'ordre de la nation. Les citoyens doivent coopérer harmonieusement et faire leur maximum pour stopper ce fléau et empêcher la naissance de plus de cas d'exclusion. Les actions à entreprendre doivent intervenir avant l'aboutissement du processus afin de faciliter et réussir l'insertion socioéconomique de l'ensemble des citoyens, d'éviter la dispersion du lien social et le déclenchement de nouvelles révoltes barbares et anarchiques qui prendront la forme de ces immolations, cette révolte par le feu, qui sont devenues une norme au Maghreb et un peu partout au monde arabo-musulman inclus la Palestine et l'Arabie Saoudite.

Cette série des tentatives de suicide consécutives qu'a connu le monde arabo-musulman reflète un sentiment de mécontentement profond qui s'est emparé des citoyens de ce monde. Elle est le reflet d'un sentiment de désespoir profond qui pousse ces citoyens vers le suicide. L'âme arabo-musulmane est brisée par la pauvreté, la précarité de la vie, le chômage et toutes sortes de crises socioéconomiques. Pour se libérer de ces flammes de détresse qui brûlent son corps et son âme, ces victimes de l'injustice et la corruption des dirigeants arabo-musulmans optent pour le suicide afin de mettre fin à leur chaos et se sauver de cet enfer qu'ils vivent sur terre.

Pour mettre fin à ces calamités d'actions-suicidaires devenues le mode de protestation privilégié des victimes du monde arabo-musulman, les gouvernements doivent évoluer dans le sens du renforcement des bases du système démocratique, la bonne gouvernance et le développement économique, social et humain avant que la situation ne s'empire plus que ça et ces cas isolés ne deviennent une norme qui prendra la forme de séries d'immolations qui se pratiquent en masse par les groupements des victimes et des exclus de ce monde.


Tagué : Kamal Znidar

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