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Belkouch Hicham - publié le Lundi 10 Décembre à 17:27

L’avenir de l’économie marocaine sera démocratique ou ne sera pas






L’avenir de l’économie marocaine sera démocratique ou ne sera pas
Il est clair que les pigeons qui se trouvent devant le parlement ne sont pas là par pur hasard. Ils sont là pour qu’on puisse avoir une image simplifiée sur ce qui se passe à l’intérieur de ce bâtiment et afin de nous simplifier la carte politique marocaine pour qu’on sache que les partis politiques ne se battent que pour les quelques miettes tombées du haut de la table du Makhzen, tout comme les quelques miettes de pains tombées de la main d’un enfant, laissant ainsi les pigeons s’entretuer pour les avoir.

La démocratie n’est pas juste un slogan politique, c’est surtout un processus de développement politique, économique, culturel, social … et une économie forte dans un pays non démocratique ne peut être qu’une bombe à retardement. Je citerai à titre d’exemple la Tunisie à l’époque Benali, ou cette dernière réalisait le taux de croissance le plus élevé de la région, dépassant ainsi les 5 à 6%, mais cela n’a pas été suffisant pour calmer la rage du peuple tunisien. L’Iran à l’époque du Chah, vers la fin des années 70, réalisait un taux de croissance de 10%, mais cela était insuffisant aussi pour le peuple iranien. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’en économie, il ne suffit pas de produire de la richesse, mais le plus important c’est de savoir la distribuer. Car s’il y a une politique de création de richesse et pas de politique de redistribution de cette dernière, cela ne fait que créer plus d’écart entre les classes sociales, où les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent.

C’est pourquoi Najib Akesbi avait déclaré lors d’une conférence que « L’avenir de l’économie marocaine sera démocratique ou ne sera pas », car il est difficile voire impossible, dans un pays non démocratique, de redistribuer la richesse créée, de demander des comptes à ceux qui gouvernent et de pourvoir contrôler et évaluer les politiques économiques du pays.

Au Maroc, après la vague de protestation qu’a connu le pays, les attentes étaient grandioses et le peuple marocain avait soif de changement et de démocratie. Répondant aux manifestants, l’Etat parlait d’une « nouvelle ère » avec une nouvelle constitution et un nouveau gouvernement. Certes, au niveau de la forme, nous avons eu les deux, mais concrètement …. Walou !! Nous sommes toujours dans l’incapacité d’exiger des comptes à ceux qui nous gouvernent, il est difficile de dire que le pays redistribue la richesse de façon équitable et encore moins de pouvoir contrôler et évaluer ses politiques économiques.
En ce qui concerne le premier point lié à la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes, il est important de revenir à la constitution marocaine et d’analyser certains articles :

Article 46 : La personne du Roi est inviolable (Qui ne doit pas être enfreint, à l’abri de toute poursuite), et respect Lui est dû.
Article 48 : Le Roi préside le Conseil des ministres composé du Chef du Gouvernement et des ministres.
Article 49 : Le Conseil des ministres délibère :
des orientations stratégiques de la politique de l’État (visions économiques et sociales à long terme).
des orientations générales du projet de loi de finances.
Je ne vais rien dire, je ne vais pas commenter, c’est assez clair, à vous de faire le lien entre ces 3 articles et savoir si nous pouvons ou pas demander des comptes au conseil des ministres qui est chargé de tracer les principales orientations du pays.

Toujours en ce qui concerne la reddition des comptes et en dehors de la constitution, l’exemple le plus représentatif est ce lui du projet TGV Tanger-Casa qui demandera au Maroc 25 milliards de Dh. Sans parler du financement, la façon dont ce projet fut imposé aux marocains sans demander leur avis ni aux députés censés les représenter, cela me pousse à me demander à quoi bon avoir un parlement, des élections, un gouvernement, si un tel projet d’une telle importance, n’a pas été au cœur des débats parlementaires. Dans un pays où une seule personne prend une décision qui concerne 35 millions de citoyens, on ne peut parler de démocratie pour la simple raison que cela vient en contradiction avec toutes les définitions imaginables de cette dernière.

Autre exemple est celui du budget du palais qui reste sujet tabou au sein du parlement. Je ne demande pas aux parlementaires de le critiquer, mais juste en discuter, de dire s’il faut le réduire ou l’augmenter (pourquoi pas) en avançant des arguments, en le comparant avec le budget des autres monarchies dans le monde, se positionner au moins quelque part. Ce n’est pas un manque de respect d’en débattre !En ce qui concerne la répartition des richesses, il faut savoir que le Maroc en terme d’indice de Gini qui mesure le degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée est classé 130 sur 194 pays. En terme fiscale, il faut savoir que ce ne sont que les classes pauvres et moyennes et les Petites et Moyennes Entreprises qui payent leurs impôts, tandis que la classe riche et les grandes entreprises sont exonérés et vivent dans l’impunité totale. Sans parler des subventions, ou 13% de la population qui représente la classe riche profite de 42% des subventions, tandis que la classe pauvre qui est de 34% ne bénéficie que de 7%. Cela ne pourra que créer et renforcer les inégalités et les écarts existants entre les couches sociales, car sans une véritable politique de redistribution de la richesse, la justice sociale ne restera qu’un simple rêve parmi d’autres.

La principale question à laquelle nous devons répondre aujourd’hui est : Pourquoi Benkirane répond toujours aux journalistes qu’il n’est qu’un simple chef du gouvernement ? Qui est responsable de quoi ? A qui devrons-nous exiger des comptes ? Quand nos très chers politiciens nous cassent les oreilles avec leur discours de nouvelle ère de changement, de corréler entre la responsabilité et la reddition des comptes, de parler de justice sociale …. Ceci ne reste que des slogans politiques jusqu’à présent. Et je pense que le jour où nous aurons les réponses à ces questions là, le jour ou nous saurons qui est responsable de quoi, le jour ou nous pourrons contrôler, évaluer et critiquer ouvertement les politiques de l’Etat, sera le jour ou les pigeons auront terminer leur mission et pourront quitter leur place devant le parlement. Histoire à suivre …


Tagué : Belkouch Hicham

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