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Abdelkarim Chankou - publié le Jeudi 13 Septembre à 12:10

L’attaque du consulat américain de Benghazi : quid de la piste iranienne ?




Dans un contexte international marqué par la course à la Maison Blanche et la montée en puissance des islamistes au Maghreb, en Egypte et aussi dans certains pays du Golfe comme le Koweït, la plupart des analystes et des observateurs de la scène arabe voient leurs visions perturbées si bien que pour éviter la panne sèche posent la question dont personne en pourra répondre sans employer le conditionnel ou l’adverbe « peut-être ».



L’attaque du consulat américain de Benghazi : quid de la piste iranienne ?
 Pour le cas qui nous préoccupe pour le moment, à savoir l’attaque à la roquette contre le consulat américain de Benghazi qui s’est soldé par la mort de l’ambassadeur des Etats-Unis Chris Stevens (photo) et de trois marines chargés de sa protection rapprochée, cette question-colle  est  celle-ci : l’attaque était-elle planifiée ?, autrement dit l’ambassadeur était-il visé personnellement ? Evidemment, une réponse affirmative changerait de fond en comble les données du problème et indiquerait qu’il y a eu préméditation de cet acte terroriste et lâche. Ce qui signifierait que derrière la horde des fanatiques du groupe Ansar Al Charia ou Les défenseurs de la charia (nom que s’est donné récemment un groupe de salafistes marocains) il y aurait eu une organisation structurée de type Al Qaeda si ce n’aurait été une branche ou une filiale de celle-ci. Un indice plaide, cependant, pour cette thèse : les assaillants semblaient être au courant de la présence de l’ambassadeur au consulat de Benghazi (siège du Conseil national de transition et du Gouvernement provisoire) où il devait participer, probablement, aux tractations pour la formation du futur premier ministre libyen.

Or ce genre d’informations est difficile -voire impossible- à obtenir par un simple groupe d’islamistes excités aussi lourdement armés soient-ils.

 Néanmoins, la piste d’Al Qaeda et assimilés (qui semble préférer l’emploi des explosifs aux armes balistiques) ne tient pas la route. Pas plus que la corrélation faite directement avec la projection dans les salles américaines de « Innocence of Muslims », un film à petit budget, réalisé par un Américain et qui parmi ces passages jugés injurieux, il y a un qui qualifie l’islam de cancer. Al Qaeda ne daignerait pas en fait d’engager sa lourde logistique destructrice pour un film que nombre de critiques ont déjà qualifié de « médiocre » et surtout pas pour tuer un ambassadeur américain dans un pays où le chaos,  allié de Al Qaeda par excellence, règne en maître 12 mois après  le renversement de Kadhafi. Autrement dit, Al Qaeda a tout à perdre dans une action qui risque de donner l’occasion aux Américains de renforcer leur présence militaire en ex-Cyrénaïque, ce qui n’est pas de nature à servir les intérêts immédiats d’Al Qaeda, surtout si elle était en train de faire un nid  en Libye.

D’autres pistes sont donc à explorer. Or qui dit organisation structurée dit Ceservice d'un Etat. Celui des mollahs iraniens semble s’imposer à l’analyse. D’autant que le contexte dans le Moyen-Orient et le Golfe arabique (ou persique) joue en faveur de la piste iranienne. En effet, les mollahs de Téhéran  auraient tout intérêt à éloigner le plus possible le champ des hostilités de leurs terres et de celle de leurs alliés comme la Syrie de Bachar Al Assad ou le sud-Liban du Hezbollah, en créant des diversions. A y voir de plus près, la projection du film de Sam Bacille sur les musulmans , la commémoration des attentas du 11 septembre et le lancement du « dialogue stratégique » entre les Etats-Unis et le Maroc  (seul pays à avoir rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en mars 2009) sont autant d’occasions inespérées pour les mollahs iraniens de créer une grande diversion pour masquer une éventuelle attaque meurtrière contre le « grand Satan américain », surtout que les récentes déclarations belliqueuses du gouvernement israélien qui menace de lancer une impulsion électromagnétique (IEM) sur l'Iran pour paralyser l'ensemble de ses réseaux de transports et de communications n’ont pas assez inquiété Washington comme le voudrait Téhéran. Mieux : l’assassinat d’un haut diplomate américain et de trois  marines en pleine campagne présidentielle serait de nature à culpabiliser l’Etat hébreu qui se sentirait en partie - voire en totalité - responsable de la mort de l’ambassadeur, d’autant que le réalisateur dudit film porte la nationalité israélienne.

Aussi, l’attaque du consulat au moment des tractations pour la formation d’un gouvernement en bonne et due forme servirait-elle à punir Benghazi de l’interception le 31 juillet dernier d’une  délégation du Croissant-Rouge iranien sur une route de cette ville par un groupe d'inconnus armés qui n'ont pas présenté de mandat d'arrêt.

 Enfin! rien que le fait que le croissant rouge iranien s’active à Benghazi laisserait entendre que les services iraniens seraient présents en Libye.



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