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Moulay Hicham Mouatadid - publié le Mercredi 20 Juin à 08:57

L’armure marocaine au sein du printemps arabe




Le Maroc a humé le mistral du printemps arabe dans ses états les plus amadoués proportionnellement à d’autres États qui ont été touché par ces métamorphoses politiques. Cette particularité marocaine est le résultat d’un lamarckisme qualifié de relatif, et d’une conscience institutionnel qui s’est inscrite, depuis un passé récent, au sein d’une approche socio-économique. Maints éléments ont sauvé le Maroc d’un printemps arabe acariâtre, il s’agit principalement de la nature du régime politique, la culture du système politique, le courage pour les réformes, la volonté pour les changements, la création d’un modèle marocain, la conception de l’islam, l’engagement international ainsi que les choix stratégiques de la communauté internationale.



L’armure marocaine au sein du printemps arabe
La nature du régime politique marocain, soit la monarchie constitutionnelle, est le pilier principal de la pérennité sociale, mais surtout le garant de la pluralité politique et de la diversité d’opinion. Au mépris des autres régimes arabes, qu’ils soient présidentiels, parlementaires, dictatures militaires, et voir même les monarchies, le Maroc se distingue par la double mission du Roi à savoir le chef d’État et le commandant des croyants. Cette double mission est à l’origine de cette accointance inébranlable entre le Roi et le peuple ainsi que l’institution monarchique et les institutions de l’État. Or, le marocain dans son état de croyant ou dans son statut de citoyen est assidûment dans un assujettissement religieux (allégeance), social et politique avec la personne du Roi. Conséquemment, c’est cette légitimité historique, à plusieurs dimensions, de cette accolure entre la monarchie et la nation au Maroc,  qui a charpenté l’enjeu cheville dans l’équation du printemps arabe au Maroc. 

Outre, la nature du régime politique marocain, la culture du système politique au Maroc est la cuirasse qui a pu attiédir le premier coudoiement avec le printemps arabe.  À l’opposé de la majorité des États arabes, le Maroc indépendant, a refusé catégoriquement le système de parti unique. L’acquiescement d’un esprit politique fondé sur la pluralité et la diversité d’opinion a orné au Maroc une docilité à l’heure où plusieurs courants transperçaient, majoritairement, le monde en mouvement. Contrairement aux systèmes totalitaires et autocratiques, l’État marocain s’évertue, au sein d’un processus de démocratisation, de fertiliser un système politique qui accommode une place vitale aux caractéristiques internes et régionales tout en respectant les inspirations  et les engagements internationaux. La perfectibilité caractérise le jeu politique au Maroc, ainsi, malgré qu’il soit perfectible, il reste réel vu la nature de la société, le degré de la maturité politique et la déontologie psychologique des acteurs. 

Le courage pour les réformes, depuis un passé récent, est l’estrade que le Maroc a accoutumé pour une compétitivité régionale et internationale. La réforme constitutionnelle, large, audacieuse et d’avant-garde, est le rossignol par quoi le Maroc a ouvert le vestibule au printemps arabe. Néanmoins, c’est avec un esprit de concertation et consultation que l’État envisage d’assurer une bonne gouvernance dans le cadre d’une approche participative avec les différents acteurs civils et politiques de la nation. Par ailleurs, la hardiesse étatique, en plein printemps arabe et sans hésitation, a décidé de choisir  la consolidation des organes et outils d'encadrement des citoyens, l’affermissement des mécanismes de moralisation de la vie publique et la constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l'homme et de la protection des libertés. Toutefois, et pour accompagner la maturité politique confabulée par les révolutions, le Maroc a choisi l’évolution dans le sens de la consolidation de l'Etat de droit, la garantie de l'indépendance de la justice, le renforcement du principe de séparation et d'équilibre des pouvoirs.

La volonté pour les changements, un autre morphème apologétique que le Maroc a su manier pour s’adapter aux enjeux du printemps arabe. Or, le Maroc s’est affriolé dans un ample chantier d’évolutions majeures, d’ouverture politique considérable par rapport à la majorité des État touchés par les révolutions, sans marginaliser le développement socio-économique très significatif entamé pendant plus d’une décennie.  La formule sur quoi le Maroc a fondé sa volonté de changement repose sur l’harmonisation des réformes politiques et sociales d’un côté, et la conciliation des progressions politiques et démocratiques d’un autre côté. En revanche, le Maroc doit approfondir d’avantage, et d’une manière concevable, les réformes dans les domaines de la justice, la santé, l’éducation et la lutte contre la corruption. Cependant, c’est dans un esprit de continuité et d’engagement que les décideurs et les gestionnaires marocains essaient, chacun selon sa conscience, sa maturité intellectuelle, son expertise et surtout sa volonté pour le développement, de concrétiser les changements dans le cadre des grandes orientations de l’État.

La création d’un modèle marocain était toujours au cœur de chaque aiguillage politique de l’État. La réalisation de ce modèle de gouvernance et de gestion a évolué dans un cadre bien structuré et pacifique, puisqu’il a toujours cherché de mesurer dans chaque action et décision, les attentes, les aspirations et les préoccupations de toutes les parties prenantes et ce, dans l’espace et dans le temps.  Cette philosophie lui a accordé d’être une référence pour plusieurs pays du sud en général et arabes en particulier, et aussi dans les relations maghreb-arabes et sud-sud. Cette image de marque que l’État a cultivée, elle accentue son rôle géostratégique et consolide son concept de la nation ainsi que sa crédibilité institutionnelle. L’amabilité du printemps arabe n’a pas vacillé le cadre institutionnel au Maroc grâce à son modèle doté d’un ensemble de mécanismes et instruments malléable aux conjonctures, avec une capacité d’écoute intelligente et décryptage célère pour les dysfonctionnements de la société.

Le Maroc a toujours confirmé que l’islam est assidûment seyant avec la démocratie, les droits de l’homme et les libertés. Cette conception à la fois rationnelle et émotionnelle s’inspire d’une sagesse religieuse qui acquiesce au Maroc le statut d’un pays où l’islam est modéré. Au Maroc, c’est cette abstinence qui a pu anéantir la dimension islamiste du printemps arabe. L’islam politique qui a constitué les points faibles des anciens régimes des États arabes où les révolutions ont pu gagner du terrain, au Maroc c’est un domaine bien organisé et administré suivant une conception de consultation et concertation guider par le commandant des croyants.

Les choix stratégiques de la communauté internationale d’être du côté des peuples, au lieu des chefs d’États, dans leurs révolutions, augure une nouvelle volonté internationale de flanquer les peuples dans leur processus de démocratisation. Cette nouvelle pensée stratégique est à la fois fructueuse aux pays chaperons et avantageuse pour les peuples de ladite révolution. Les avantages seront économiques pour les pays accompagnateurs et relativement socio-politiques, à moyen et lent terme, pour les peuples du printemps arabe. Les enjeux stratégiques de ces changements nécessitent, de la part des stratèges, un syllogisme politique fondé sur un esprit de sagesse nationale. Or, le Maroc qui est entrain de traverser encore ce desmosome conjoncturel, doit poursuivre et approfondir ces réalisations. Les reformes doivent être menées avec une cruauté et rigueur et ce, dans un esprit de bonne gouvernance et transparence renforcée. 



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