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Abdelatif Oubella - publié le Lundi 4 Août à 18:58

L’amorce du processus de la « régionalisation avancée » fait entrevoir les changements attendus au niveau de la gouvernance

.. et la gestion des affaires locales, ainsi que sur la nature des projets régionaux




Le Discours du Trône du 31 Juillet 2014 qui amorce le processus de la «régionalisation avancée » (étape historique dans l’émergence politique et économique des régions marocaines) fait entrevoir les changements attendus au niveau de la gouvernance et la gestion des affaires locales, ainsi que sur la nature des projets régionaux.



« Le Maroc s’apprête à mettre en place la régionalisation avancée dans les différentes régions du Royaume, avec, en tête, nos provinces du Sud ». S.M Le Roi Mohamed VI (Discours du Trône du 31 Juillet 2014).

Le Discours du Trône du 31 Juillet 2014 qui amorce le processus de la «régionalisation avancée » (étape historique dans l’émergence politique et économique de régions marocaines) fait entrevoir les changements attendus au niveau de la gouvernance et la gestion des affaires locales, ainsi que sur la nature des projets régionaux.

Le Maroc est un pays de 35 millions d’habitants parfaitement positionné géographiquement pour constituer, à travers des régions développés, un pôle compétitif de l’économie mondiale. Les ressources humaines du Maroc se renforceront par « le milliard d’habitants du continent Africain », qui constitue déjà « un marché intérieur marocain par extension ».

1. Rompre avec la mauvaise gouvernance des collectivités territoriales.
Les collectivités territoriales sont longtemps restées « attentiste » à l’arrivée des lignes budgétaires annuelles. La part des dépenses d’investissements resté faible (10%), a conduit à une production de budgets en « équilibres ou en excédents » (déficit reporté « en amont » sur le déficit public de l’État) qui ne s’est pas inscrit dans la logique de réduction des déficits publiques.
Cette situation a eu de lourdes conséquences sur le développement des régions (limite du développement sociale, économique, culturel, environnemental) et sur les finances publiques de l’État (creusement du déficit public).
Cet endettement prive notre pays de ses politiques volontaristes, limite l’étendue de ses investissements (barrages, réseaux ferroviaires, aménagement de plaines agricoles), l’essentiel étant le remboursement de la dette publique.
L’expérience des associations et coopératives féminines de mise en valeur de produit locaux, qui ont pu à travers leur remarquable dynamisme créer « des emplois productifs et de l’autofinancement » alors même qu’il n’existait pas de subventions allouées à leurs projets, démontre l’importance de l’introduction dans la gestion des collectivités territoriales, « d’une culture de l’action, du résultat et du bilan concret ».
Ainsi, en parallèle, à une mise à niveau des mécanismes de contrôle des dépenses publiques, les collectivités territoriales devront être assujetties à des résultats concrets et probants en termes « économique, social, culturel et environnementale ».

2. Inscrire les projets régionaux dans la perspective de « croissance, développement et d'autonomie financière des régions ».

a. Le défi de la croissance :
Malgré leurs atouts importants, une grande partie des régions marocaines ne prennent pas la mesure des changements qui doivent s'opérer (défi de la croissance et du développement) pour amener à une situation d’équilibre (création des « richesses et revenus » des régions, limite des déficits).
Ainsi, l’un des buts de « la régionalisation avancée » étant de relever le niveau « économique, social, culturel et environnemental » de bon nombre de ces régions (en particulier de l’arrière-pays), à travers le développement de leurs avantages comparatifs (agriculture, pêche, industrie, services). Les régions marocaines seront ainsi appelé à s’inscrire dans « la création de richesses et emplois locaux, ainsi que des revenus régionaux» qui les positionneront en bonne place dans l’économie mondiale.
La chine, a relevé le défi de « la croissance et du développement » à travers une économie orienté vers les exportations, faisant « des régions et des villes portuaire du littoral » les pièces maitresses d’une stratégie industrielle basé sur la réduction des coûts de production par l’existence « d’une main-d’œuvre abondante et bon marché ».
La migration Africaine au Maroc (jeune, qualifié et compétente) constitue un levier de croissance : les migrants tirent l’activité économique et la demande intérieure nationale vers le haut, ils sont des passerelles vers leurs pays d’origines (marchés extérieurs).
b. Un développement régional amorcé par des projets structurants :
Les infrastructures de transports, de logistique et la création de pôles économiques régionaux constituerons des puissants leviers « de croissance et développement ».
Dans le cadre la mise en place « d’un nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud », le Conseil Économique et Social (CESE) a établit un rapport qui apportent quelques propositions concrètes dont "l'autoroute atlantique et le méga-projet du port « Atlantique Sud » de Dakhla ainsi que plusieurs autres pôles économiques". Cependant, le coût du projet du CESE dans son ensemble est élevé (140 milliards de Dirhams).
Alors que, « la réalisation du réseau ferroviaire des provinces du sud » (liaison ferroviaire entre AGADIR-TIZNIT-GUELMIM-TANTAN-TARFAYA-LAAYOUNE) "projet a portée stratégique" comme l'indique le Centre Marocain de la Conjoncture (CMC), serait moins coûteux (35 milliards de dirhams).
En favorisant, l’accélération des échanges entre le Nord et le Sud du pays (réduction du temps et des coûts de transport), la connexion entre pôles économiques (ports de pêches, pôles touristiques, marchés locaux et internationaux), l’émergence de nouveaux pôles urbains, et en s’inscrivant dans la logique de réduction de la facture énergétique (qui anticipe sur l’ère post-pétrolière), ce projet peut à lui seul transformer la réalité socio-économique de plus de 3 millions d’habitants.
c. L’autonomie financière des régions un des enjeux de la régionalisation avancée.
L’un des enjeux de la régionalisation avancée est le désendettement de l’État.
Ainsi, les régions devrons-telles « créer leurs propres revenues » et se détacher peu à peu des ressources de l’État.

3. Procéder à un changement de la composition actuelle des conseils régionaux.

Les régions qui auront à posséder un pouvoir exécutif et seront en charge « d’une gestion totale des budgets des assemblées communales, ainsi qu’elles devront déterminer des choix de politiques publiques stratégiques, ne doivent pas souffrir d’un « déficit de la représentation», lequel ne peut aller de pair avec le principe de « la bonne gouvernance et de la bonne gestion des ressources publiques ».
Alors qu’ils représentent 70% de la population, « les jeunes et les femmes » sont pourtant sous-représentés dans les assemblées et les partis politiques (12%). Le chiffre des femmes élues à la présidence des conseils est insignifiant (1%).
L’augmentation de la participation « des jeunes et des femmes » dans la vie politique locale et régionale les conduira à « être mieux représenté ». Une participation accrue aboutira à un changement de la composition actuelle des assemblées locales et régionales, à "l’émergence d' élites politiques régionales capable d'assumer leurs responsabilités".


Abdelatif OUBELLA
Acteur associatif, militant pour "le réseau ferroviaire des Provinces du Sud".




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