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Fatiha Regragui - publié le Lundi 11 Mai à 12:26

L’ajustement au Maroc : quelle leçon?




Le programme d'ajustement appliqué au Maroc au cours des années 1980 s'inspire des fondements théoriques de régulation (approche libérale) et ses retombées sont négatives et positives à la fois sur les différents pans de l'activité économique.
Quelle leçon peut- on tirer de cette expérience, passée dans l'application et présente dans l'effet.



Essai d'interprétation des retombées de l'expérience d'ajustement

Au cours des années 1980, le dirham s'est considéré comme surévalué, par les experts internationaux, en plus le marasme commercial a milité en faveur de l'adoption de cet instrument comme moyen de régulation économique.

Mais l'action par le taux de change a nécessité un ajustage direct et indirect du dirham.

Dans se sens, la réforme des taux d'intérêt à la hausse était le moyen susceptible de financer le déficit du trésor et le besoin de l'économie, l'assouplissement de la réglementation de change était également prôné pour aider à la croissance.

Finalement, la dévaluation était indispensable en prenant sa forme officielle en 1990 par la modification de la structure du panier de devises, constitutives de la valeur du dirham, après l’application d'un déluge de dépréciations volontaires entre 1980 et 1985.

L'objectif visé derrière cette mesure concernait la correction du déficit du compte commercial.

Cependant, ce dernier demeure présent bien que la correction du dirham ait duré longtemps.

Justement, l'excès d'une telle politique a porté atteinte à la vie du simple consommateur car elle s'est traduite par l'importation de l'inflation.

Néanmoins, certains secteurs ont profité de la dévaluation puisque la marge de prix de leur exportation s'est améliorée.

C'est bien le cas des secteurs de produits finis et d'alimentation, d'autant plus, ils ont connu une diversification productive remarquable et un grand recentrage d'emploi.

On peut alors épiloguer que la dévaluation a bien servi ces deux secteurs, alors que les autres secteurs endurent une difficulté. L'importance stratégique dont ils jouissent à l'égard de l'économie ajoutée à l'absence de substituts des biens qui en découlent rend la demande nationale rigide à la variation de leur prix (c'est le cas des biens d'équipement, d'énergie....).
Mais, ces effets ne sont pas uniquement attachés à la seule dévaluation, d'autres mesures d'action en partagent la responsabilité.

En effet, d'autres variables déterminent l'évolution du taux de change et par là elles endossent aussi la charge de ces résultats.

En fait, la déréglementation des taux d'intérêt était à l'origine du renchérissement du coût de financement de l'investissement, répercuté sur le prix de production, ce qui traduit l'effet fâcheux de cette mesure sur la production, sur le commerce et sur le consommateur.

Sans laisser passer l'occasion de mentionner que l'entrée en vigueur de la convertibilité du dirham et la création du marché de changes auront encore des conséquences sur les plans économique et financier.

En vertu de la convertibilité, le Maroc s'engage à racheter sa monnaie nationale contre devises, ce qui peut réduire les avoirs extérieurs et limiter les différentes interventions des autorités financières marocaines sur le marché financier international.

Entre autres, la convertibilité ouvre la possibilité d'entrée et de sortie libres de fonds et par là assurera la cotation du dirham sur les marchés financiers extérieurs selon le jeu de l'offre et la demande.

A ce sujet, de grands risques sont à considérer avec prudence liés à la dépréciation du dirham qui pourrait se juguler par la cession de devises.

Avoir des devises est une nécessité pour défendre le dirham, or cela fait appel à la perfection industrielle.

La libéralisation économique, financière et commerciale du Maroc a invité et invitera de nouveaux concurrents étrangers à s'installer sur le marché local.

La perfection industrielle sera remise en cause si le producteur marocain ne s'accommode pas et rapidement à la nouvelle réalité concurrentielle.


Tagué : Fatiha Regragui

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