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Abderrahim El Maslouhi - publié le Mardi 5 Mars à 14:54

L’action sociale de la Monarchie au service du traitement du bâti menaçant ruine dans la ville de Fès






Abderrahim El Maslouhi
Abderrahim El Maslouhi
En un sens, le lundi 4 mars 2013 incarnera pour bien des Marocains des retrouvailles chaleureuses avec l’Histoire. Le vaste chantier de réhabilitation urbanistique et socioéconomique, auquel le Souverain vient de donner le coup d’envoi ce jour même, a de quoi faire vibrer les esprits passionnés d’Histoire. Et pour cause. Depuis sa fondation en 789 ap. J.-C. par les Idrissides, la ville de Fès a marqué de son sceau les destinées du Maroc historique. La cité impériale a été, tour à tour, capitale de l’empire, centre de rayonnement spirituel et commercial d’Afrique du nord et lieu privilégié de tous les brassages culturels qui ont jalonné le bassin méditerranéen depuis le VIIIe siècle. Décrétée patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) en 1981, la ville de Fès a été, depuis, l’objet d’une sollicitude royale toute particulière. Pour ne citer qu’un exemple, le Roi feu Hassan II lui vouait un attachement quasi religieux comme en témoignait le choix de la ville pour abriter les grands sommets arabes des années 1980.

À présent, le projet de réhabilitation se donne comme visée explicite de régénérer ce que les rides du temps et les négligences de l’homme semblent avoir altéré. Fruit de la collaboration de plusieurs départements ministériels et des acteurs locaux concernés, le programme de préservation de la capitale scientifique de la ville présente une double dimension : la première est d’ordre esthétique au sens noble du terme, dans la mesure où elle vise à réhabiliter le patrimoine architectural multiséculaire de la ville qui compte toujours d’innombrables bâtisses et monuments historiques, dont des médersas, des murailles, des mosquées, des fondouks et des ponts. Avec cette composante esthétique, la cité de Fès, qui demeure encore une destination privilégiée du tourisme culturel mondial, puisera de nouvelles forces pour augmenter sa valeur ajoutée à deux secteurs clés de l’économie nationale : le tourisme et l’artisanat.

Le second volet du projet, le plus significatif à nos yeux, est d’ordre proprement social. Révélateurs d’une approche novatrice en matière de développement humain, la rénovation du bâti menaçant ruine marque une réorientation du regard vers de nouveaux lieux de l’action sociale de la monarchie. En d’autres termes, il ne s’agit plus uniquement de s’attaquer au fléau, on ne peut plus classique, de l’habitat insalubre caractéristique de certaines villes modernes du Royaume, mais aussi de porter l’attention aux déficits urbanistiques qui ne relèvent pas de la même problématique que les « bidonvilles », mais qui n’en réclament pas moins un traitement vigilant en termes de droit d’accès au logement décent. La signature, sous la Haute Autorité Royale, de la deuxième convention relative au traitement des édifices menaçant ruine dans la Médina de Fès est symptomatique de cette action sociale de la Monarchie.

D’ailleurs, comme annoncé par le Ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville,  le programme relatif au traitement du bâti menaçant ruine dans le tissu ancien de la ville prolonge des actions menées de longue date, qui ont permis le relogement de 476 ménages, l’étaiement et l’intervention d’urgence en faveur de 1.592 bâtisses et le confortement de 283 édifices. Selon la même source, l’actuel plan d’action s’étalera sur la période allant de 2013 à 2017, profitera à 3.666 édifices en médina et mobilisera une enveloppe budgétaire de l’ordre de 330 millions de dirhams environ. Le programme ainsi défini marque autant une opérationnalisation qu’un élargissement spectaculaire de la notion de « droit au logement décent » telle que formulée par l’article 31 de la nouvelle Constitution.
Chemin faisant, le répertoire marocain du développement humain débouche sur une formule pour le moins magique : puiser dans les registres de l’Histoire pour construire l’avenir. 

Abderrahim El Maslouhi
Professeur à la faculté de droit de Rabat-Agdal



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