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Abdelkarim Chankou - publié le Lundi 26 Novembre à 09:35

L’Iran le grand perdant de la trêve entre le Hamas et Israël




La rue arabe a été stupéfaite d’apprendre, après huit jours d’intense violence, que les faucons et les va-t-en guerre du gouvernement Netanyahu se sont finalement résignés au principe d’une trêve avec le Hamas, d’autant que, selon les sondages, plus de 80 % des Israéliens soutenaient la poursuite des raids aériens sur Gaza !



L’Iran le grand perdant de la trêve entre le Hamas et Israël
 Que s’est-ils donc passé pour que cette trêve, voulue tant par les Américains et les Européens que les Arabes et avec à leur tête l’Egypte, soit finalement signée le mercredi 21 novembre entre les deux belligérants ? Il s’est passé que le gouvernement de Netanyahu se serait subitement rendu compte que la menace iranienne était plus prioritaire que le Hamas. En effet, si les raids de l’armée israélienne s’étaient éternisés et surtout si celle-ci était centrée à Gaza, les Mollahs de Téhéran auraient arraché leurs barbes de joie. Et comment ! Pour être plus explicite, si Téhéran ne semble pas regarder à la dépense quand il s’agit d’armer le Hamas en lui fournissant notamment des missiles à moyenne portée, c’est pour que le Hamas occupe Tsahal le plus longtemps possible, et plus celle-ci guerroie dans/contre les territoires palestiniens plus l’éventualité d’une attaque de l’Etat hébreu contre les installations nucléaires iraniennes s’éloigne.

Maintenant que la trêve est entrée en vigueur, le 21 novembre à 19h00 GMT, est-ce que l’Etat hébreu va s’occuper de l’Iran ? Oui. Mais pas directement. Israël va essayer de capitaliser sur le fait d’avoir accéder aux souhaits des pays arabes et des occidentaux amis en signant la trêve avec le Hamas devenu par la même occasion plus présentable depuis son positionnement pro-occidental sur la Syrie. Autrement dit, Israël attend le retour de l’ascenseur. Un « retour sur investissement » qui pourrait avoir l’allure d’une union sacrée américano-arabo-euro-israélienne contre l’ennemi commun du moment : l’Iran des mollahs. Une mobilisation que Washington a tenté d’obtenir depuis bien longtemps mais sans réel succès. Maintenant que c’est presque chose faite c’est une première grande victoire diplomatique à mettre à l’actif de l’administration d’Obama. De même, que s’est-ils passé pour que le Hamas adhère à ladite trêve lui qui a toujours appelé ouvertement à la destruction d’Israël et à la libération de toute la Palestine ? Il s’est passé que l’accession aux affaires de la confrérie musulmane en Egypte a encouragé le Hamas -qui est sa branche palestinienne- d’accepter une vieille recette qui permet de faire la paix sans la faire réellement ; à savoir accepter d’être le voisin paisible d’Israël sans pour autant renoncer à lorgner au-delà de la nouvelle ligne verte qui fait des frontières du 4 juin 1967.

La recette qui se dit al houdna en arabe (trêve en français) a été signée par le prophète Mohammed et les tribus Qurayshites pour éviter la guerre d’entrée à la Mecque qui aurait pu être désastreuse pour les troupes musulmanes si elle avait lieu ; le messager de l’Islam ne disposait encore à cette époque que d’une petite armée de quelque 700 suiveurs, presque tous mal équipés et mal formés les uns que les autres. Les tractations entre les la petite armée du prophète et les puissantes tribus polythéistes mecquoises a abouti au traité dit de « al Hudaybiyyah », malgré l’opposition farouche de Omar Ibn Al Khattab, à la signature d'un pacte de paix d'une durée de dix ans. Période qui fut suffisante au messager de l’islam puisqu'en moins de deux ans il a pu mettre sur pied une véritable armée qui non seulement libérera la Mecque mais ira à la conquête du monde. Une trêve qu’Arafat avait louée, le 4 mai 1994, lors de la signature de l'accord de Jéricho-Gaza, qui investissait la nouvelle autorité nationale palestinienne de pouvoirs limités : « Je vois cet accord comme n'étant pas plus que l'accord signé entre notre Prophète Muhammad et les Qurayshites à La Mecque » avait dit Abou Ammar (1).

Cela signifie-il que le Hamas espère reprendre les hostilités là où il les a laissées pour libérer « toute la Palestine » une fois sa trêve avec Israël arrivée à échéance ? Franchement, mise de côté la littérature religieuse, non. Tout d’abord, parce qu’Israël a exigé une accalmie assez longue de 15 ans, ensuite parce que les gens d Hamas même devenus plus nombreux en 2028 (le nombre d’habitants palestiniens sera égal à celui des habitants juifs à la fin 2014, soit environ 6,1 millions, au taux de natalité actuel de 32,8 pour mille habitants dans les territoires palestiniens, contre 26,2 en Israël.) ne fera toujours pas le poids face à Israël.

Enfin et last but not least, l'un des dégâts colatéraux de cette guerre éclair dont aucun média n'a fait état : Au Maroc les manifestations pour Gaza ne sont plus ce qu'elles étaient ; dans ce sens qu'un courant, certes encore embryonnaire, commence à prendre forme. Constitué pour l'instant de radicaux libres (sans jeu de mots) ou politisés son mot d'odre peut se résumer comme suit : les Gazaouis sont capables maintenant de de défendre, voyons ce qu'on peut faire ici. Autrement dit, la dizaine de missiles Fajr-5 tirés par le Hamas sur les environs de Tel-Aviv et que les chaines spatiales ont diffusés en boucle a eu un effet bomerang sur la cause hamassienne.

(1) Sauf erreur d'appréciation de notre part, le défunt dirigeant plestinien (trop content de retourner en terre palestinienne après plusieurs années d'exil) disait cela pour amortir le choc que la signature dudit accorcd aurait eu sur une opinion publique arabo-palestinienne.



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