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MAP - Adil ZAARI JABIRI - publié le Lundi 9 Mai à 16:21

L’Empire du Milieu à portée de main




Pékin - Rabat est à 9952 KM de Pékin. Cette distance est parcourue en 14 heures de vol. Mais les deux capitales ont décidé de la raccourcir en scellant un partenariat stratégique de haute portée, à la faveur d’une diplomatie royale proactive et de la vision que se fait la Chine du monde, devenue aujourd’hui une puissance économique mondiale.



La Chine voit grand. Le Maroc aussi. Conscient de la nécessité de multiplier les partenaires et de diversifier ses marchés, le Royaume, en passe de devenir lui aussi une puissance en Afrique, n’entend plus compter que sur ses alliés dits «traditionnels». Après la Russie et les pays du Golfe, il décide aujourd’hui de frapper à la grande porte. Celle d’un pays prospère, déjà partenaire du Royaume dans plusieurs domaines, dépositaire d’une civilisation multimillénaire avec un peuple généreux qui force l’estime et l’admiration.

La visite qu’effectuera SM le Roi Mohammed VI à Pékin à partir de mercredi 11 mai, procède ainsi d’une nouvelle vision stratégique qui sous-tend désormais la politique internationale du Maroc, conçue, réfléchie et mise en œuvre par le Souverain et dont les contours ont été affirmés dans le discours royal devant les dirigeants des pays du Golfe à l’occasion du premier Sommet Maroc-CCG.

''Tout en restant attaché à la préservation de ses relations stratégiques, le Maroc n’en cherche pas moins, ces derniers mois, à diversifier ses partenariats, tant au niveau géopolitique qu’au plan économique. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit Notre visite réussie en Russie, le mois dernier, visite marquée par le développement de nos relations hissées au niveau de partenariat stratégique approfondi et par la signature d’accords structurants dans de nombreux domaines vitaux'', avait souligné le Souverain.

SM le Roi avait également annoncé, dans ce discours historique, le lancement de nouvelles alliances stratégiques avec la Chine et l’Inde. Deux géants du continent asiatique.

''Nous nous acheminons également vers le lancement de partenariats stratégiques avec l’Inde et la République Populaire de Chine, où Nous nous rendrons en visite officielle bientôt, si Dieu le veut'', avait affirmé SM le Roi, notant que ''le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix et n’est la chasse gardée d’aucun pays''.

Pour le géopolitologue français Charles Saint-Prot, Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris, le choix du partenaire chinois procède de la nouvelle politique internationale du Royaume sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI.

''SM le Roi a pris la mesure des évolutions géopolitiques du monde actuel qui est désormais plus multipolaire. Dès lors, il veille à ce que le Maroc s’adapte pour préserver ses intérêts nationaux. C’est ainsi que le Maroc développe une diplomatie tous azimuts'', a fait remarquer le professeur Saint Prot.

Tenant compte des changements internationaux et aussi des ambiguïtés de certains partenaires anciens, explique-t-il, le Maroc développe une subtile diplomatie plus diversifiée et plus équilibrée.

La visite annoncée du Souverain en Chine témoigne du ''dynamisme d’un jeu marocain qui sait s’adapter, veille à avoir plusieurs fers au feu et sait conserver un coup d’avance pour ne dépendre de personne. Cela s’appelle une politique d’indépendance nationale dans une ligne digne et hardie'', a estimé l’expert français.

La Chine est en effet une puissance responsable dont le jeu est plutôt clair. Sur le plan diplomatique, faut-il le rappeler, Pékin a adopté une position positive à l’égard du Maroc lors du vote de la résolution du 29 avril dernier à l’ONU. Ce pays refusant l’aventurisme et tout ce qui a trait à la déstabilisation, comme par exemple le polisario que les Chinois n’ont pas hésité à écarter des travaux du 2ème Sommet Afrique-Chine en décembre 2015 en Afrique du Sud. Cette mise à l’écart du mouvement séparatiste d’une aussi importante rencontre internationale était intervenue quelques semaines après une précédente éviction, au grand dam d’Alger, de la liste des participants au 3ème Sommet Inde-Afrique, tenu en octobre à New Delhi.

L’Afrique est le nouvel Eldorado des Chinois. Ils proposent pour ce continent une coopération win-win sans arrières pensées, ni passif colonialiste. Pour les dirigeants de Pékin, l’Afrique est plutôt un continent à développer et non pas à conquérir ou à exploiter. Ils y implantent d’ailleurs des investissements colossaux et d'ici à 2020, Pékin va porter ses échanges commerciaux avec l'Afrique à 400 milliards de dollars et les investissements directs dans ce continent à 100 milliards de dollars.

Sur le plan économique, la Chine propose un accord de libre-échange au Maroc. Elle considère le Royaume comme une porte d’entrée vers l’Afrique et le pays du sud le plus proche de l’Europe. D’ailleurs, l'équipementier chinois en télécommunications Huawei installera son nouveau siège pour la région Afrique francophone à Casablanca.

Le Maroc se place donc comme un acteur incontournable d’une coopération triangulaire entre la Chine et ses partenaires africains.

La stabilité du Royaume et le modèle de développement singulier bâti sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI et qui s’appuie sur la promotion des grands chantiers comme celui de la station solaire Noor, le complexe portuaire Tanger-Med, le port de Nador-West Med et celui du grand port Dakhla Atlantique, ainsi que le train à grande vitesse et la liaison ferroviaire s’étendant de Tanger à Lagouira en vue de relier le Maroc au reste des pays africains, sont des atouts qui confortent la position du Royaume en tant que hub de développement de ce modèle de coopération. La Chine constitue aussi un grand marché à explorer pour l’exportation des produits marocains.

Les phosphates, les agrumes, les tomates et le poisson sont des produits à haute valeur ajoutée qui permettraient au Maroc d’avoir un positionnement privilégié sur le marché chinois.

Aussi, le Maroc tentera-t-il un benchmark fructueux avec le modèle chinois dans les domaines des technologies, de l’industrie, des infrastructures et de la recherche scientifique.

Outre son poids économique dans le monde, la Chine pèse par sa puissance militaire, la solidité de ses institutions et la force de ses convictions politiques. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité et un négociateur redoutable sur la scène internationale. Là encore, le Maroc peut compter sur elle pour l’épauler dans ses défis de développement et le soutenir dans la défense de ses intérêts nationaux stratégiques.



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