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Reuters - Elizabeth Pineau - publié le Vendredi 11 Septembre à 10:54

L'Elysée installe la "génération Hollande"



Paris - L'arrivée de Myriam El Khomry au ministère du Travail confirme la volonté de François Hollande de faire émerger une nouvelle génération de talents, en prévision de la présidentielle de 2017 et au-delà dans un pays où les caciques font de la résistance.



Myriam El Khomry
Myriam El Khomry
A 37 ans, la benjamine du gouvernement a rejoint la semaine dernière le cercle des Emmanuel Macron (Economie), Najat Vallaud-Belkacem (Education nationale), Matthias Fekl (Commerce extérieur) et Axelle Lemaire (Economie numérique), propulsés à des postes importants avant leur quarantième anniversaire.

Comme Najat Vallaud-Belkacem et Fleur Pellerin, 42 ans, Myriam El Khomry, née à Rabat, au Maroc, fait partie de la "génération Hollande" issue de la diversité promue en prévision de l'élection présidentielle où le camp socialiste au pouvoir devra, quoi qu'il arrive, faire montre de renouveau.

"Le président considère qu'il appartient aux dirigeants politiques d'encourager ce renouvellement pour avoir un équilibre entre des personnalités d'expérience et des jeunes qui apportent un autre regard, une autre façon de faire de la politique", souligne un conseiller de François Hollande.

Pour autant, ce ne sont "ni des adolescents ni des débutants, ils ont une carrière derrière eux et sont en général pères et mères de famille".

S'il arrive de voir des personnalités de moins de 40 ans accéder aux plus hautes fonctions dans d'autres pays, le cas est plus rare en France, à l'exception de Laurent Fabius, Premier ministre à 37 ans.

Nommée en remplacement de l'expérimenté François Rebsamen, Myriam El Khomry a été élue locale pendant dix ans avant d'entrer au gouvernement. (Voir portrait )

"PAS PEUR LA NUIT"

"Hollande va regarder comment ça se passe", croit savoir une ministre. "Il l'a lancée de l'avion, il va voir si elle ouvre son parachute au bon moment et si elle retombe sur ses pieds. On verra ensuite pour de plus grands sauts."

Cette femme d'expérience se dit confiante sur les capacités de la nouvelle recrue. "Myriam, on peut partir avec elle en camp scout : elle a ce qu'il faut dans son sac à dos et elle n'a pas peur la nuit."

Principal défi pour la nouvelle ministre : aider François Hollande dans son pari d'inverser enfin la courbe du chômage.

"La baisse du chômage cela ne dépendra pas d'elle, c'est le résultat de l'état de l'économie", nuance un ministre. "Là où elle aura un rôle important, c'est sur les emplois aidés, l'accompagnement public des demandeurs d'emplois."

Avant elle, d'autres femmes comme Najat Vallaud-Belkacem, passée du Droit des femmes à l'Education nationale, et Fleur Pellerin, transférée de l'Economie numérique à la Culture, ont été placées sur le devant de la scène à leurs risques et périls.

A la différence de "nouvelles têtes" apparues en début de quinquennat comme Delphine Batho, Vincent Peillon, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, elles ne se sont pas brûlé les ailes.

"Le président les a mis à des postes très exposés, elles n'ont pas dévissé", confirme un responsable socialiste.

"Protégée, et même cocoonée" par l'exécutif, Najat Valklaud-Belkacem est d'abord "très habile", constate une de ses collègues, qui cite en exemple la mise en oeuvre de la très controversée réforme des collèges.

Autre personnalité en devenir, Axelle Lemaire peut compter sur le soutien de François Hollande, qui apprécie sa capacité de travail et ses idées.

ETOILE MONTANTE

Le soutien présidentiel profite aussi à Emmanuel Macron, étoile montante la plus brillante du gouvernement, même si une partie du Parti socialiste considère l'ancien banquier comme un homme de droite.

"François Hollande le trouve très intelligent, ce qui est vrai, et qu'il bouscule le jeu", dit un ministre, comparant collègue à un "chien fou qui s'ébroue", au mépris des conséquences et des codes des vieux renards du PS.

"Il dit ce qu'il pense mais il ne voit pas qu'il se fait instrumentaliser par les uns et les autres, notamment le Medef", prévient un responsable socialiste. "Et on ne sait pas ce qu'il veut faire après."

Un ponte du parti est plutôt optimiste sur l'avenir du protégé de l'Elysée. "Macron sera une pièce maîtresse du dispositif, un moteur de la campagne électorale, à condition de ne pas faire de "macronade'", dit-il, en référence au franc parler du ministre, notamment sur les 35 heures.

Dans un reportage diffusé en début d'année sur France 2, Jacques Attali trouvait dans le ministre de l'Economie, l'un de ses protégés, "l'étoffe d'un président de la République."

"Je l'ai dit dès que je l'ai vu. Parce qu'il a ce mélange très français de l'intellectuel et de la compétence, de la hauteur de vue et de la volonté, de l'entêtement aussi", jugeait l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand. 

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