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Kamal Znidar - publié le Vendredi 5 Juillet à 12:34

L'Egypte sous la menace de la guerre civile




Mardi, le ministre de la Défense et chef suprême des forces armées égyptiennes, le général Abdel Fattah Al-Sissi, demande explicitement à l'ex-président Mohamed Morsi de remettre le pouvoir pour sauver des vies qui seraient perdues dans des affrontements entre ses partisans et ses opposants en cas de sa résistance jusqu'au bout.



L'Egypte sous la menace de la guerre civile
Quelques heures après, dans un discours télévisé, Mohamed Morsi défie l'armée égyptienne et exprime son attachement à sa légitimité constitutionnelle. « Je vous dis : Mohammed Morsi n'a jamais volé le pouvoir. J'ai été élu. La Constitution a été choisie. Je n'ai pas d'autre option : j'ai fait et je continuerai à exercer ma responsabilité. Le sang des martyrs est précieux pour moi. Je tiendrai tête à ceux qui essayent de faire un bain de sang. Je dis que je résisterai », déclare l'ex-président sur les chaînes de la télévision égyptienne.

Après ce discours de l'ex raïs égyptien, plusieurs dizaines de milliers de militants des Frères Musulmans se sont réunis aux abords de la mosquée Rabia al-Adawiya pour soutenir Mohamed Morsi et réclamer le respect de l'ordre constitutionnel… Un jour après, l'armée égyptienne renverse l'islamiste Mohamed Morsi, suspend la Constitution et met à la tête de l'Egypte le président de la Cour constitutionnelle, Adly Mansour.

La réponse de Mohamed Morsi ne va pas tarder. L'ex-président égyptien écarté par l'armée réitère son attachement à sa légitimé constitutionnelle et qualifie de "Coup d'Etat" la mesure prise contre lui. Il finit son discours par appeler ses sympathisants à résister pacifiquement au coup d'Etat militaire et ne pas faire recours à la violence contre l'appareil militaire qui l'a évincé… En vain. Le pacifisme affiché par l'ex-raïs égyptien n'a pas empêché ses partisans de faire recours à la violence pour répondre à sa destitution.

Dans la ville de Marsa Matrouh au nord-ouest du pays, un groupe armé de partisans de Mohamed Morsi a organisé une attaque contre le siège des services de sécurité. Six membres de ce groupe ont été tués dans leurs affrontements avec militaires et policiers, auxquels s'ajoutent deux autres morts dans les rangs des forces de sécurité.

A Alexandrie, deuxième ville du pays, des affrontements à coups de pierres et de briques entre opposants et partisans du président écarté du pouvoir ont eu lieu. Bilan : trois morts et plus de cent blessés. Dans la même ville, la gare ferroviaire terminus (Station Mahatet Misr) a connu l'arrestation de trois personnes munies d'une bombe artisanale et des armes à feu.

A Minya, à 250 km environ au sud du Caire, de violents incidents ont également été signalés. Trois personnes, dont deux policiers, ont été tuées et quatorze autres ont été blessées. Ceci porte le nombre des victimes dans le soir de la destitution de Mohamed Morsi à quatorze morts, dont quatre membres des forces de sécurité, et plus de cent blessés.

D'une manière préventive, les forces de sécurité égyptiennes ont détenu Mohamed Morsi dans un bâtiment militaire avec son équipe. Elles ont également lancé trois cents mandats d'arrêt contre des membres du mouvement des Frères Musulmans, dont Mohamed Badie "le Guide suprême de la confrérie des Frères Musulmans", son adjoint Khairat al Chater et d'autres hauts responsables du mouvement.

Les forces de sécurité pensent qu'avec ces mesures préventives, elles vont apaiser la situation. Au contraire, la destitution de Mohamed Morsi et l'arrestation des membres des Frères Musulmans ne vont qu'empirer la situation. Dans les prochaines jours, il y'aura certainement plus de violences. L'Egypte n'est pas à l'abri de pleurer une dizaine voire une centaine de meurtres. Les islamistes du mouvement des Frères Musulmans sont nombreux et certains d'eux sont armés. Ceci représente une réelle menace à la sécurité de la société égyptienne.

Les Frères Musulmans sont convaincus de leur légitimité. Ce mouvement n'a pas seulement gagné les élections présidentielles, mais aussi tous les scrutins organisés en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak. Tout nouveau président qui accèdera au pouvoir -fort probable- ne va pas avoir la reconnaissance de l'ensemble des islamistes, ce qui laisse la porte ouverte à une guerre civile entre les islamistes et le reste des égyptiens.


Tagué : Kamal Znidar

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