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Chekri Rachid - publié le Mardi 18 Juin à 22:24

L'Algérie à l'heure des répression.






Chekri Rachid
Chekri Rachid
Ce récit est rédigé après le verdict judiciaire, plutôt politique qui a annoncé iniquement la condamnation du directeur du journal Le Matin, en l’occurrence monsieur Benchicou. Cet écrit comporte un fort soutien à la victime de la libre expression. Ceux qui ont agi de la sorte ignorent que cet acte n’est qu’une confirmation que le pouvoir est ébranlé par la marche de la vérité vers la République, notre République.

L’imposture s’affiche pour disparaître. Même si l’injustice semble être un code pénal méticuleusement appliqué, Benchicou, Hafnaoui ont milité pour une cause juste, celle de dénoncer les vrais concepteurs de la faillite algérienne. Le champ de l’expression se rétrécit davantage par l’arrivée massive de phénomènes sinistres qui engloutissent le verbe et sa teneur en vérité. Dans ce pays, il est facile d’enfreindre les lois, d’assassiner des âmes que de dénoncer la dérive même dangereuse des responsables. Cet acte reste des plus répréhensibles. Le code pénal approuvé par les députés témoigne clairement de l’intention des tenants du pouvoir d’isoler l’intellectuel, de dompter les lettrés et bâillonner la presse afin d’assurer une mort certaine de la citoyenneté.

Renoncer à la lutte pour notre cause émancipatrice du joug tyrannique, est une démarche des plus pusillanimes. Le peuple, las d’être dévié par des idéologies rétrogrades, demeure interné dans une psychose inédite, en voyant tous ceux qui s’emparent indûment de son destin, dévoient abusivement sa liberté et confisquent sa légitimité, tout en assistant à ceux qui ont combiné ses propres obsèques à travers cette vulgaire façon de s’imposer pour infliger au pays le plus dangereux cataclysme de tous les temps qu’est l’obscurantisme. Les récents appels au lynchage voire à la liquidation de tous ceux qui prônent le civisme, déconseillent la gaucherie spirituelle, propagent la conscience politique ne sont en fait qu’un prélude à une barbarie aiguillonnée par le cercle du régime actuel. Cette grave disposition à agir en qualité de mandataires de ce peuple prouve que le souci de la chaise prime sur l’intérêt national. L’usage purement dogmatique des mosquées aux fins de mobiliser une partie de ce peuple contre une autre relève de la parfaite manipulation voire de la démence, à l’ère où le monde entier s’évertue à abolir la violence sous toutes ses formes. Cette stratégie à laquelle recourt monsieur le président en usant de ses vénaux propagateurs pour intimider, menacer et exécuter nos journalistes, démontre distinctement sa fausse apparence d’homme de paix, comme il prétend l’être, tout en arborant sa véritable nature fasciste. La machine de l’usurpation continue de sévir encore sur notre terre, en menaçant même notre atavisme. L’envahissement de l’Algérie par des courants plutôt par des doctrines exterminatrices de notre empreinte héréditairement algérienne, a fait de ce pays un champ pour toute cette guerre qui ne cesse de générer une sorte d’instabilité qui profite aux mercenaires fanatiques du panarabisme.

Cette nation reste la grande victime de ses institutions, une victime à laquelle on persiste à reconnaître le droit d’être réduite à une secte catéchisée par des préceptes passéistes. Les prêches religieux plutôt terroristes émanant de tous ces lieux de culte et publiquement cautionnés par le « Khalifa » de la tutelle sont sujets à être rejetés de par tous les citoyens préoccupés par le péril de ces homélies. Notre primordiale réaction est de répondre à tous ces dépassements ignominieux, pilotés par ces officiels qui sont censés représenter un État, à travers une action plus décisive que sont l’épaulement et le soutien aux hommes visés dans ces sermons qui portent un message dérivatif à la religion. En contemplant l’actualité politique algérienne, une sorte de pessimisme jaillit aux tréfonds de ma personne. Tous les présages d’un dérapage se manifestent sans qu’aucune réaction n’émerge pour enrayer sa marche vers notre république. L’état du pays déjà affaibli par la morbide gestion administrative, est soumis à affronter les différentes tentatives de déstabilisation de par tous ces assoiffés du pouvoir, en l’occurrence cet actuel collectif du gouvernement. Du criant style de tromperie à l’usage de la violence, ce président s’offre déjà toutes les chances de victoire au prochain scrutin avec comme moyen les basses manœuvres et les médias qui restent prohibés aux autres compétiteurs en lice, ce qui illustre clairement cette détermination à régner anticonstitutionnellement pour concrétiser les projets dévastateurs de l’Algérie. Ce auquel le peuple n’a pas assisté depuis l’indépendance du pays s’exerce aujourd’hui en toute indécence. Une gabegie exhaustive émaille le quotidien des Algériens, une indignité choquante corrode la vie du citoyen. Nos politiques se plaisent dans le fait de se confiner dans une opulence criminelle ce qui a laissé dangereusement l’accès à ces charlatans pour reconvertir ce peuple en un cheptel docile au profit de la vassalité. Des rôles de complicité se jouent visiblement au profit d’un autre règne plus calamiteux : l’achat massif des voix avec les deniers publics, l’entrave de la collecte des signatures d’autres candidats, en usant des embûches d’ordre administratif. Des agissements médiévaux refont surface comme pour ensorceler tout ce peuple afin de garantir une pérennité dans le métier d’opprimer tous ceux qui portent des idées opposées à celle du régime bouteflékien. L’équipe accapareuse du pouvoir pendant un quinquennat infructueux, a décidé d’incendier le pays pour un autre mandat ravageur au préjudice de notre souveraineté.

La concorde nationale que vante monsieur le monarque pour affermir son obédience fondamentaliste qui consiste à tendre la main aux tueurs des innocents, n’est pas au service de tout ce peuple, le temps où la question kabyle demeure une problématique intensifiée par le dépit et le complexe du président vis-à vis de cette région irréductible de l’Algérie. L’acte d’accorder une amnistie patibulaire aux assassins de la nation, sans condescendre à écouter les revendications, pourtant pacifiques, des citoyens kabyles, ces fondateurs du nationalisme, explique clairement le caractère ségrégatif de Bouteflika. Les élections prochaines, en dépit de la fraude institutionnalisée, peindront à jamais notre combat en insignifiant si nous demeurons ainsi des otages du mutisme. Même si la « dynastie » détentrice de tous Les moyens falsificateurs des vérités peut indubitablement sévir contre tout effort revendicateur de la légalité, nous devrons continuer à exhiber notre ténacité à fonder une mûre démocratie quelles que soient les brigues de nos contempteurs. Une guerre psychologique est d’ailleurs menée par le clan exploiteur du pays en usant des médias lourds contre tous ceux qui postulent démocratiquement le trône du pouvoir, à savoir les autres candidats. Les campagnes d’intimidation gérées par instructions ministérielles comme pour entraver les procédures administratives des prétendants aux présidentielles, entachent déjà ce scrutin de discrédit, ce qui divulgue l’inédit arbitraire commis en narguant publiquement toutes les lois nationales. Le suffrage d’avril 2004, occasionne une vraie opportunité pour pouvoir sonder la conscience populaire, évaluer la culture démocratique des Algériens, et surtout contrecarrer la visée bâathiste planifiée trompeusement par l’oligarchie d’Oujda. Notre pays franchit une phase des plus scabreuses, conséquence d’une gérance sans repère, infligée par ceux que le peuple ne cesse de vomir depuis l’indépendance. Les oiseuses réformes qu’ont endossées les institutions sur tous les plans, ne se sont avérées qu’une poudre aux yeux comme pour berner ce crédule peuple qui continue d’essuyer un pouvoir unique en matière d’absolutisme. Les précédents mandats de tous ceux qui ont manié l’infaillible machine de la fraude pour s’étendre perpétuellement sur le strapontin de la royauté, indiquent clairement que l’appétit de dominer sans partage surpasse les avantages du pays. Ceux qui ont coudoyé les misères qu’a endurées le pauvre algérien, savent indubitablement qu’une révolte spontanée va engloutir ce riche pays avec tous ces paradoxes qui divisent cette terre en deux lieux plutôt communautés différemment conçues, l’une à l’antipode de l’autre : il y a cette arrogante oligarchie qui assujettit tout un peuple, dont les milliards du pétrole leur sont un butin impartageable, avec l’assurance d’être entièrement à l’abri de tout éventuel besoin, en s’obstinant dans leur talent d’étouffer toute voix d’opposition, chasser tous les journalistes soucieux du devenir tragique de leur pays, puis il y a cette classe qui vit sous le seuil de l’indigence, et qui demeure passive par le coup de la coercition, devant le destin que lui a réservé une indépendance déviée. La fonction dite publique, où les milliers d’employés subissent l’humiliation et l’avanie, de par la dérisoire rémunération que lui édicte la sphère dominante dans l’Algérie pétrolifère au début du troisième millénaire, où la majeure partie des travailleurs affiche une situation de mendicité sans précédent.

Une politique spectacle émaille le monde du travail, où des enseignants pendus par le manque et la privation affrontent péniblement leur morose quotidien en se voyant accepter l’ordre d’arracher des résultats qui honoreront l’éducation nationale avec une certaine arrogance ineffable, une manière d’exiger une impossible mission à ces instituteurs plutôt à ces mendiants qui n’arrivent même pas à se permettre un livre chaque mois vu la situation catastrophique de l’injuste politique des salaires, chose qui influe désastreusement sur le minable budget mensuel de chaque éducateur. Tandis que nos messieurs les députés, les ministres, et autres cadres affiliés à la dynastie privilégiée de l’autocratie, fournissent un excédent effort en démagogie et mensonge se plaisent dans l’art de se pavaner dans les livings régaliens, avec l’appui couard du grand chef. En leur distribuant dédaigneusement la rente du pays par millions sans respecter même l’ordre de mérite, pour la simple malsaine visée qu’est taire la vérité sur l’état social incontestablement avili du citoyen, c’est-à-dire une façon machiavélique de troquer leur silence contre un enrichissement juridiquement illégal. La vraie réforme ne consiste pas à changer des programmes, la réelle panne de l’école algérienne ne réside en aucun cas dans la nature de la connaissance présentée à l’enfant, la problématique séjourne dans la non mise à l’aise du réacteur de l’éducation qu’est ce même enseignant, ce phare de toutes les nations, le temps où nos proches voisins tunisiens et marocains accusent des avancées spectaculaires dans ce même secteur et ce grâce à l’état de luxuriance pécuniaire dont jouit chaque maître dans ces pays frères. Offenser cette vérité, signifie faire germer un malaise pour gangrener beaucoup plus les cervelles enfantines des générations innocentes. La fuite en avant choisie par le pouvoir pour faire omettre le fond de la crise au peuple, renfonce plus encore le mal aux confins de l’amputation de l’identité algérienne en délaissant voire en s’attaquant ainsi à l’école de la république cette garante de la substance spirituelle de la patrie. Des phénomènes graves de reniement historique se manifestent chez nos étudiants, résultat de la fausse conception didactique des programmes combinés pour la seule intentionnelle fin qu’est l’abrutissement de nos chérubins. La décadence du niveau intellectuel qui accompagne cette haine patriotique condamne cette grande masse sortante de nos universités à la déviation. Des exemples flagrants d’indifférences administratives surprennent à travers les injonctions de la direction adressées à toutes les écoles pour favoriser la bêtise, doper la médiocrité, en imposant aux enseignants des systèmes d’évaluations insolites, pour interdire ainsi le redoublement des faibles élèves assurant ainsi une façade plus éblouissante de l’école nationale afin de plaire aux gens du sérail d’une part, et faire l’apologie de la personne du président d’autre part. Un syndrome singulier de faillite sème le doute au sein des connaisseurs en l’occurrence, les pédagogues, les enseignants avertis et autres, en remarquant la préoccupante facilité qui revêt les épreuves des différents examens, de la sixième au fameux baccalauréat, recette qui fait hausser le taux de réussite pour s’enorgueillir et se justifier vis-à-vis de l’opinion nationale pour avoir atteint le fallacieux objectif de la fameuse réforme éducative impulsée par le clan présidentiel. En se ruant impétueusement sur le système du fondamental qui est certes la tumeur de l’intelligence algérienne, nos planificateurs adoptent un changement qui porte toujours les stigmates d’une pérennité, en éreintant l’enfant avec une masse de livres esthétiquement impeccables. Nos enfants affrontent un surmenage précoce qui agit dangereusement sur leur productivité scolaire, ce qui accule d’ailleurs les enseignants à l’épuisement et à l’asthénie. Une erreur de diagnostic montre visiblement les fausses études hâtivement élaborées à l’insu du principal acteur dans cette délicate opération de refonte du système éducatif du pays, l’exclusion voulue de l’instituteur lors de ce chantier si efficient, aura sûrement des incidences sinistres sur l’avenir déjà hypothéqué du monde de l’éducation par l’entêtement et le pédantisme des représentants de la tutelle en question. L’actualité nationale est sujette à des questions qui démontrent plus encore la fragilité du régime algérien, la distance qui sépare le peuple de ses gouvernants dévoile bien cette criante méconnaissance de ces derniers des réalités sociales du pays. Notre pays n’a guère connu de conjoncture pareille depuis l’indépendance, La surdité que feint le président par rapport aux plaintes émanant du peuple qui crie à la famine, n’augure rien d’optimiste, le cas de la pomme de terre qui a disparu du marché depuis des mois dénude notre pouvoir de toute stratégie économique et le dépourvoit de toute crédibilité politique. La rentrée sociale de l’année courante est en passe d’être unique en matière d’accumulation d’angoisse, d’appréhension suite à l’état de pessimisme dont vivent tous les Algériens. Les raisons d’une telle situation sont singulièrement imputées aux contrecoups dévastateurs de la politique entérinée par le gouvernement en place, ce qui rend l’espoir de vivre dans la dignité une fin utopique.

Pourtant la santé financière du pays est à couvert de tout malaise, ce qui pousse le simple citoyen à s’interroger sur le rôle des dirigeants qui paraissent être en comble somnolence sous l’emprise d’un enrichissement bâti par tous les moyens illicites de la rapine, de la concussion et des détournements, dans une république qui exhibe tous les présages d’une monarchie hybride. Les subtilisations ostensibles de l’argent du peuple qui s’effectuent journellement au su de ceux qui sont censés préserver les richesses nationales, prouvent qu’une impunité absolue pousse dangereusement l’anarchie à s’installer solidement dans ce pauvre pays, le temps où des scandales financiers s’éclatent en pleine lumière du jour découvrant la connivence et la complicité de hauts responsables à savoir des ministres, des militaires et autres commis de l’État, chose qui sème la méfiance au sein de la société, les dernières élections législatives du 16 fameux 17 mai auxquelles le peuple n’a pas pris part, a démontré d’ailleurs une démission quasi totale de l’algérien quant aux décisions dérivant de ces gouvernants parachutés à ces postes si sensibles de responsabilités par le moyen du trucage électoral et de la corruption. Ces récentes élections, ont fait montre d’un ras-le-bol populaire qui a divulgué ouvertement l’absence entière de confiance vis-à-vis de l’État, une moralité que ces adeptes du pouvoir par la force et l’imposture ne veulent point assimiler tant la soif et la boulimie du règne leur sont une doctrine inéluctable.


Tagué : Chekri Rachid

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