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Sara Squalli - publié le Samedi 16 Mars à 11:33

L’Afrique, un vivier de croissance pour les banques marocaines




Les trois premières banques marocaines en l’occurrence, Attijariwafa bank, la Banque Populaire et la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE Bank) sont aujourd’hui fortement implantées dans le continent africain, particulièrement au niveau des régions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).



Le siège de la Cemac
Le siège de la Cemac
Grâce à des stratégies de développement bien ficelées, ces banques ont fait de leurs filiales de véritables relais de croissance et des passerelles pour stimuler les investissements et les flux commerciaux entre le royaume et l’Afrique. Il faut dire que les banques marocaines ont pu bénéficier d’un contexte favorable ayant marqué les relations entre le royaume et bon nombre d’Etats africains depuis le début des années 2000. Le Roi Mohammed VI, en multipliant les déplacements et en œuvrant à la consolidation des relations bilatérales, a fait de l’Afrique subsaharienne une priorité de la politique étrangère du royaume. Sa tournée africaine qui a pris effet le 15 mars 2013 et qui le conduira au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Gabon s’inscrit justement dans cette optique. Ainsi, lorsque la volonté politique de renforcer les liens avec l’Afrique provient de la plus haute instance de l’Etat, les résultats ne peuvent être que bénéfiques pour l’ensemble des acteurs.

Le Maroc bénéficie d’un capital de sympathie élevé en Afrique subsaharienne et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest et Centrale. Les banques marocaines, outre leurs expertises, se sont appuyées sur cet acquis pour développer leurs marchés en misant particulièrement sur les deux régions précitées. Si le premier ensemble comprend 80 millions de consommateurs, le second, riche en ressources naturelles (pétrole, mines, etc.), offre des perspectives de croissance économique très favorables. En tout cas, avec des stratégies de développement différentes, les 3 banques marocaines sont en mesure d’affronter des opérateurs concurrents issus notamment de Chine et de Turquie, attirés par la nouvelle dynamique du continent africain.

Pionnière dans le développement en Afrique avec une présence en Guinée et en Centrafrique, le groupe Banque Populaire a été largement dépassé par ses concurrents locaux, dans leur expansion en Afrique, du fait d’une stratégie qu’on peut qualifier de timide à l’échelle internationale. Le second groupe bancaire du royaume s’est ressaisi depuis, en s’implantant en Mauritanie et surtout en acquérant en 2012 sept banques dans le cadre d’un accord avec la banque ivoirienne Atlantic Financial Group (AFG). Ce qui a permis à la Banque Populaire de se positionner dans 7 pays africains que sont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Les deux partenaires ont créé une nouvelle holding commune, Atlantic Business International, détenue à parts égales et portant participation des deux groupes dans les 7 banques précitées. Le groupe Banque Populaire a injecté un milliard de dirhams dans cette holding qu’il se charge d’ailleurs de gérer.

Avec cette acquisition, la Banque Populaire rattrape une partie de son retard vis-à-vis d’Attijariwafa bank et de BMCE Bank, avec une présence dans 10 pays africains. Pour ses nouvelles filiales, le groupe marocain table sur un produit net bancaire de l’ordre de 2,5 milliards de dirhams et un résultat net de 769 millions de dirhams à l’horizon de l’année 2015.

Après les expériences réussies de prises de contrôle de la Banque de Développement du Mali (BDM) et de la Congolaise des Banques, le groupe BMCE Bank fera réellement son entrée dans le continent noir suite à l’acquisition stratégique d’une participation à hauteur de 35 % dans le capital de Bank of Afrika (BoA) pour un montant de 41 millions d’euros en 2007, s’implantant ainsi dans 11 pays africains. Depuis, BMCE Bank n’a cessé d’acquérir des actions dans le capital de BoA pour en détenir actuellement plus de 65 % du chiffre global. La BoA a depuis élargi son réseau, s’implantant au passage à Djibouti, au Ghana et tout dernièrement au Togo. Ainsi, BMCE Bank couvre actuellement plus d’une quinzaine de pays africains et ambitionne de marquer sa présence dans la totalité des pays du continent à l’horizon de l’année 2025.

L’impact de ce développement sur le continent dans les comptes du groupe est palpable. En 2011, 35 % du résultat net du groupe de BMCE Bank provenait des filiales implantées à l’échelle internationale, notamment BoA, BDM et la Congolaise des Banques.

Le premier groupe bancaire marocain, Attijariwafa bank, consacre une partie significative de ses fonds propres pour consolider sa présence sur le continent africain. Disposant d’une base financière solide, la banque a fait son entrée dans le continent subsaharien avec l’acquisition, en 2007, de 66,67 % du capital de la Banque Sénégalo-Tunisienne (BST), avant d’accéder au capital du groupe sénégalais CBAO (Compagnie Bancaire de l’Afrique Occidentale). En 2008, c’est la Banque Internationale du Mali qui intégrera le groupe marocain. L’acquisition, toujours en 2008, des 5 filiales africaines du groupe Crédit Agricole, implantées en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, au Congo et au Cameroun, va donner à Attijariwafa bank sa dimension africaine en devenant la première banque de l’UEMOA. Ainsi, pour son expansion, le groupe peut désormais compter sur le groupe CBAO, comme ce fut le cas pour l’ouverture d’une filiale au Burkina Faso.

Le groupe marocain ambitionne de couvrir tous les pays de l’UEMOA et de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) à l’horizon 2015. Pour 2013, le Bénin, la Guinée et le Niger constituent des cibles potentielles.

A travers leurs implantations, les banques marocaines visent plusieurs objectifs. D’abord, contribuer au développement financier de la région et à l’amélioration du niveau de la bancarisation des économies subsahariennes dont le taux évolue entre 5 et 12 % contre 55 % actuellement au Maroc. Ensuite, cette présence des banques marocaines permet d’accompagner l’expansion des entreprises marocaines en Afrique aussi bien au niveau des investissements que des flux d’échanges. Dans ce cadre, signalons que plusieurs entreprises marocaines sont aujourd’hui implantées en Afrique dont Maroc Télécom, Managem, Addoha, Ynna Holding, IB Maroc ou encore Stroc. Dans ce cadre, les banques marocaines facilitent les investissements des opérateurs nationaux mais également ceux du Golfe et d’autres régions du monde. A ce tire, Attijariwafa bank et la société émiratie Invest AD ont signé en novembre 2012 une convention visant la création d’un fonds d’investissement destiné à l’Afrique. Et pour faciliter l’implantation des entreprises marocaines dans ce continent, les autorités marocaines ont augmenté en 2010 le montant pouvant être investi dans le continent, sans passer par l’Office des Changes. Ce montant a évolué de 30 millions à 100 millions de dirhams. A cela, il faut ajouter la création en 2011 d’un fonds de 200 millions de dirhams pour promouvoir le commerce et l’investissement entre le Maroc et ses partenaires africains. Enfin, à travers leur présence sur le continent, les banques marocaines souhaitent contribuer à la facilitation des flux des transferts de la diaspora africaine vers le continent.

Ainsi, les banques marocaines ont joué un rôle important dans la dynamique des investissements des entreprises marocaines en Afrique et ont permis l’amélioration des courants d’échanges entre les deux parties. Pendant la période entre 2003 et 2009, les investissements marocains à l’étranger ont atteint 35 milliards de dirhams dont 31 milliards de dirhams ont été réalisés par les banques et les entreprises marocaines. Ce qui fait du Maroc le second investisseur africain sur le continent après l’Afrique du Sud, et ce, grâce en grande partie à la forte présence de ces banques en Afrique subsaharienne.

Sara Squalli
Journaliste


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