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par Joseph Trevithick - publié le Vendredi 23 Octobre à 06:00

L'Afghanistan dans le flou

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Washington – L'un des plus grands problèmes auxquels se trouve confronté l'Afghanistan aujourd'hui est la divergence de point de vue qui le sépare de l'Occident sur ce qui constitue un système politique efficace et un Etat-nation opérationnel. Pour la majorité des Afghans, la vie tourne autour de leur communauté immédiate. L'autorité est exercée par des chefs locaux qui ne sont pas nécessairement affiliés au gouvernement central. Pour les Afghans, l'existence d'un pays appelé République islamique d'Afghanistan est dans une large mesure non appropriée.

L'état de la société afghane s'est révélé être un redoutable obstacle aux efforts internationaux dans le pays. En mars 2009, la Maison Blanche a publié un ''livre blanc suite au rapport sur la politique américaine à l'égard de l'Afghanistan et du Pakistan rédigé par le groupe politique intergouvernemental'', l'empreinte de ce qui devait être une politique nouvelle et unifiée pour l'Afghanistan et le Pakistan. Moins de six mois plus tard, la politique est déjà en train d'être révisée.

La sécurité reste cependant le point central. La première recommandation qui figure dans le livre blanc de mars 2009 souligne l'importance d' « [intégrer] la sécurité des populations dans la mise en place d'un gouvernement local et d'un développement économique réels. » Ce raisonnement est fondé sur l'idée qu'un gouvernement renforce sa légitimité et a moins de risques de connaître une insurrection s'il est plus à même d'assurer la sécurité de sa population. Toutefois, cette démarche suppose que l'ensemble de la population soit non armée, ce qui n'est pas le cas en Afghanistan.

L'aptitude à assurer sa propre défense en Afghanistan a historiquement été motivée par la nécessité de se protéger contre un large éventail de risques. Chaque village a des moyens officieux d'auto-défense. Le fait qu'ils soient indépendants du gouvernement fait craindre qu'ils puissent se ranger du côté des insurgés.

En outre, pour gagner le soutien des dirigeants de chaque localité, il faudrait recourir à quelque chose qui équivaut à la corruption dans l'esprit des puissances occidentales. Ce qui risque de passer pour de la corruption ailleurs est considéré, en Afghanistan, comme un arrangement mutuellement avantageux. Agir sans parrainage n'est pas du tout envisageable et même potentiellement injurieux pour toutes les personnes concernées.

Tandis que c'est habituellement de la responsabilité du gouvernement de déclarer illégales de telles pratiques, historiquement, le gouvernement central a eu peu d'influence hors de Kaboul, la capitale. De tels facteurs jouent un rôle considérable dans la manière dont les Etats-Unis peuvent et doivent agir en Afghanistan. En offrant aide et assistance à un niveau que les Afghans moyens comprennent, les Etats-Unis font preuve d'un niveau d'autorité qui leur parle. Pour l'heure, le gouvernement central n'a ni les ressources ni la capacité d'agir à cette échelle.

Ce qui fait le plus défaut en Afghanistan c'est le sens d'une identité nationale qui pourrait contribuer à stimuler ces développements. Actuellement, le principal identificateur est basé sur l'affinité plutôt que sur la citoyenneté.

Malgré tout, la communauté internationale imagine un Etat afghan qui inclue des institutions gouvernementales officielles, un large consensus sur l'égalité des sexes et un système judiciaire laïque. Pour atteindre ces objectifs, il faudrait que de nombreux changements interviennent dans les mentalités, changements qui se sont étalés sur des centaines d'années en Europe occidentale.

Les Etats-Unis continuent d'espérer qu'une évolution importante dans le développement de l'Afghanistan comme pays unitaire pourra être obtenue pacifiquement à travers un processus électoral à l'occidentale, actuellement étranger à la grande majorité des Afghans. Cette évolution devrait être vue comme un objectif à long terme auquel les acteurs internationaux peuvent apporter leur aide mais que les acteurs afghans devront réaliser.

Compte tenu de la situation économique et politique actuelle en Afghanistan, une politique de cohésion qui satisferait à la fois les Etats-Unis et l'Afghanistan impliquerait d'importants accords relatifs à l'engagement entre la communauté internationale et le gouvernement de Kaboul. Pour aider à construire un Afghanistan stable, la communauté internationale doit comprendre la réalité de la situation politique et économique afghane et s'engager avec Kaboul pour convenir de la trajectoire commune à suivre.

Les Etats-Unis devraient continuer de coopérer avec l'Afghanistan pour faire opposition au terrorisme et au commerce de la drogue, ce qui nécessite un soutien continu et le développement de forces de sécurité gouvernementales. De son côté, le gouvernement afghan devrait solliciter l'aide internationale en développant ses institutions officielles afin de renforcer son rôle non seulement à Kaboul mais aussi à travers le pays.

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* Joseph Trevithick travaille comme analyste à Globalsecurity.org, un site Web sur la défense de l'information, et est titulaire d'une maîtrise en résolution des conflits de l'Université de Georgetown. Cet article, d'abord paru dans The Sacramento Bee, a été écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 23 octobre 2009, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=265...


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