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Adil Alifriqui - publié le Vendredi 12 Avril à 15:57

L’ALECA : Un néocolonialisme européen au Maroc?




Lemag.ma : Le Maroc serait une première victime, parmi les démocraties naissantes du sud de la méditerranée, d’une stratégie européenne, visant son indépendance économique et sa souveraineté politique.



L’ALECA : Un néocolonialisme européen au Maroc?
Au Forum social mondial tenu récemment à Tunis, des associatifs altermondialistes maghrébins, sud-européens et scandinaves, avaient prêché un discours alarmé :

Il s’agirait selon ce qui fut débattus par eux, à large éventail, d’une guerre que s’apprête à mener l’Europe des 27, contre les pays du printemps démocratique, au sud méditerranéen.

Ainsi, le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et dans une moindre mesure la Jordanie, quand elle aura décidé son orientation ou pas vers la démocratie, seront tenus en laisse par les européens, via des ALECA.

Il s’agit en effet, de l’accord de libre échange complet et approfondi, dont le Maroc, parmi les quatre pays cibles, est le premier à avoir, effectivement, entamé les négociations dessus avec l’UE.

Concurrence déloyale

L’ALECA : Un néocolonialisme européen au Maroc?
Le gouvernement d’Abdelilah Benkirane, qui n’a point informé les marocains de cela, dans son programme gouvernemental, semble, mains et pieds liés, se jeter dedans, mettant ainsi, à rude épreuve, nombre de principes fondateurs de la souveraineté et d’indépendance du pays, spécialement aux niveaux économiques et législatifs.

Ainsi, en vertu de cet accord, quand il sera adopté par le royaume et le géant bloc voisin du nord, il sera question de l’intégration de l’économie marocaine au marché européen.

Derrière cet intitulé qui peut sonner séduisant pour certain, un danger guetterait.

Ainsi un large éventail de nouveaux domaines, seront intégrés à l’ALECA, tels que la libéralisation accrue dans le secteur agricole, des biens, des services, les questions de propriété intellectuelle, la protection des investissements et l’ouverture des marchés publics.

En somme, le principe de la préférence nationale, dont le gouvernement d’Abdelilah Benkirane, s’était fait chantre, depuis son élection, partira tout bonnement en fumée et avec lui, le petit agriculteur marocain et les PME/PMI, industrielles et servicistes.

L’ALECA prévoit de garantir aux investisseurs étrangers les mêmes droits qu’aux investisseurs nationaux, ce qui terrassera les entreprises nationales qui devront par leurs petits moyens, faire face à la concurrence des grands groupes européens, avec pour résultat, un déficit d’activité qui aggravera le taux de chômage.

Le peu de devises étrangères que captent le Maroc, par ses petites activités touristiques ou grâce aux virements de fonds des MRE, ne suffiraient à payer les grasses factures des entreprises européennes, qui auront toujours l’avantage du capital technique, leur objectif étant le rapatriement rapide des bénéfices ainsi que l’investissement lui-même.

Quand le parlement marocain n'aura plus droit de légiferer

L’ALECA : Un néocolonialisme européen au Maroc?
Plus grave encore, des activistes européens alertent que l’ALECA dépossédera le Maroc de son droit le plus élémentaire en tant qu’Etat souverain, à savoir légiférer.

Ainsi les entreprises européennes pourront traîner le Maroc devant des cours d’arbitrage international, lorsque la chambre des représentants qui est le représentant légal du peuple marocain, aura entrepris des changements de législation ou de fiscalité, qui seraient contre l’intérêt des investisseurs étrangers, au nom d’un concept élargi d’expropriation.

Au FSM de Tunis, l’on avait décriés le néo-libéralisme vorace de l’Europe face aux nouvelles démocraties en devenir, du sud de la méditerranée, dans lesquelles, l’UE avait défriché le terrain pour ses desseins de contrôle absolu, par les premières générations d’ALE, qui réduisirent, à cause des disparitions des rentrées des droits de douanes, les ressources financières de ces pays.

Les vides budgétaires causés, furent alors, comblés par l’endettement, assorti de lourdes conditionnalités, faisant ainsi d'autres laisses aux cous de ces pays, encore en apprentissage démocratique.



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