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Jalal Talabani veut un nouveau drapeau pour l'Irak


AFP - publié le Mardi 5 Septembre 2006 à 19:04 modifié le Mardi 5 Septembre 2006 - 19:04

Le président irakien Jalal Talabani a promis mardi que l'Irak disposerait bientôt d'un nouveau drapeau, au risque d'attiser la polémique, et a estimé que les troupes britanniques pourraient quitter le pays d'ici fin 2007.



Interrogé sur la date à laquelle le contingent britannique, fort aujourd'hui de 7.200 hommes dans le sud de l'Irak, pourra quitter le pays, Jalal Talabani a répondu "d'ici fin 2007".

"Je ne pense pas que les combats se poursuivent jusque-là, si le plan de réconciliation nationale se poursuit comme prévu. Et si certains groupes continuent de se battre à ce moment, nos forces seront capables de s'occuper d'eux", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse avec la ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett.

Cette dernière s'est montrée plus prudente, au lendemain de la mort de deux soldats britanniques dans un attentat dans le sud du pays.

"Il ne s'agit pas d'une date limite, mais de l'opinion personnelle du président. Ce sont les circonstances qui nous permettront de nous décider", a-t-elle nuancé.

Mme Beckett est arrivée lundi soir à Bagdad pour sa première visite en Irak depuis sa prise de fonction en mai.

M. Talabani est également revenu sur la controverse au sujet du drapeau irakien, qui oppose autorités régionales kurdes et gouvernement irakien.

"C'est le drapeau de Saddam. Beaucoup de crimes ont été commis sous cet emblème, dans le sud et dans le nord du pays ainsi que contre nos voisins", a déclaré M. Talabani.

Il faisait allusion à l'oppression et aux massacres dont ont été victimes les chiites dans le sud de l'Irak et les Kurdes dans le nord, ainsi qu'à la guerre contre l'Iran (1980-1988) et à l'invasion du Koweït (1990-1991).

"L'Irak aura bientôt un nouveau drapeau et le Parlement va bientôt discuter de ce nouveau drapeau", a-t-il promis.

Le gouvernement autonome kurde avait mis le feu aux poudres la semaine dernière en ordonnant que le drapeau kurde flotte seul sur les bâtiments publics de la région automne du Kurdistan irakien, où il était parfois associé au drapeau irakien.

Le Parlement irakien a ouvert mardi, après une pause estivale d'un mois, une nouvelle session qui devrait être largement consacrée à la question controversée du fédéralisme.

"Je demande à tous les gens de bonne volonté de se joindre à nous pour soutenir le projet de réconciliation nationale, sans lequel nous ferons face à la plus sombre période de l'histoire irakienne moderne", a déclaré le président du Parlement, le sunnite Mahmoud Machhadani, en ouvrant la séance.

Les députés ont commencé par prolonger d'un mois l'état d'urgence en vigueur depuis près de deux ans, qui donne des pouvoirs accrus aux forces de sécurité et instaure un couvre-feu dans le pays, à l'exception de la région autonome du Kurdistan.

"Lors des prochaines sessions, le Parlement va discuter de la loi concernant la formation de régions", a indiqué mardi Abbas al-Bayati, porte-parole de l'Alliance unifiée irakienne (AUI), le bloc chiite conservateur qui détient la majorité relative, avec 128 sièges.

Ce projet est combattu par les Arabes sunnites, qui voient dans le fédéralisme l'éclatement de l'Irak et la concentration des richesses dans des régions autonomes contrôlées par les Kurdes au nord et les chiites au sud, les sunnites devant se contenter du centre du pays, largement désertique.

La violence s'est par ailleurs poursuivie mardi en Irak, où 20 personnes, dont cinq policiers, ont été tuées dans plusieurs attaques à travers le pays.

L'armée américaine a indiqué que trois de ses soldats avaient été tués lundi dans la province sunnite rebelle d'Al-Anbar (ouest).

Ces décès portent à 2.654 le nombre de militaires américains et personnel assimilé morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte établi par l'AFP d'après des chiffres du Pentagone.



           







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