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Deanna Armbruste - cgnews - eMarrakech .info - publié le Mardi 26 Août à 01:59

Israël : le dur travail de la paix




Deanna Armbruster : Oasis de la Paix (Israël) – Il y a, en Israël, un village où les Arabes et les juifs vivent en voisins. De part et d’autre, on s’efforce de créer une société juste qui pourrait servir de modèle pour la paix dans la région.



Quel est son nom? Oasis de la Paix. Oui, ça fait penser à une utopie, à quelque chose de magique, d'idéaliste, mais les gens qui y vivent se retrouvent tous les jours confrontés au plus profond d'eux-mêmes aux réalités d'un conflit violent et douloureux. Comme tout ce qui vaut la peine, la paix aussi doit se mériter.

Certains craignent que ce petit village à lui tout seul ne menace les 5,4 millions de juifs qui vivent en Israël et les 5,1 millions de Palestiniens et d'Arabes en Israël et en Palestine. Mais c'est impossible. Seul un couple, qui vit là depuis plus de 25 ans, est mixte. Les autres familles non mixtes, sont juives, musulmanes, et chrétiennes; elles partagent des convictions très puissantes sur leurs propres identités, mais elles font un effort volontariste, depuis tantôt trente ans et plus, pour vivre côte à côte et ainsi marquer la société de leur empreinte.

Neve Shalom, comme on l'appelle en hébreu, ou Wahat al-Salam, en arabe, a beaucoup à nous apprendre sur les relations interconfessionnelles.

A l'école primaire judéo-arabe, les enfants étudient le catéchisme des autres avec une curiosité toute naturelle. Les élèves rompent ensemble le jeûne de ramadan, partagent une succah pour la fête de Sukkot et échangent de menus cadeaux à Noël. Et le dialogue commence, sans jamais s'arrêter, au Centre spirituel pluraliste, où le débat transcende la religion, sachant que ce conflit n'est pas celui qui opposerait la Torah, le Coran et la Bible.

Les difficultés commencent à partir du moment où les éléments réels du conflit sont posés sur la table.

Le conflit israélo-palestinien est un affrontement entre deux entités nationales autour du problème de la terre, des ressources, de la sécurité, de la liberté, de l'égalité, du pouvoir, de l'identité, et de la justice. Pour être productif, le dialogue doit aussi aborder ces questions-là, au-delà des aspects inter et intra religieux.

Donc, pour espérer trouver une solution au conflit israélo-palestinien, il faut prendre du recul. L'objectif ultime devrait être de créer un climat de stabilité entre les Israéliens et les Palestiniens qui leur permettrait de vivre côte à côte dans la sécurité et la liberté dans un esprit de coopération et de respect. Cela veut dire : construire ensemble sur un espace commun, partager l'histoire, faire sienne la douleur et la souffrance de l'autre. Israéliens et Palestiniens, juifs, musulmans, chrétiens, tous doivent avoir la volonté de reconnaître l'autre. La volonté de reconnaître en l'ennemi notre égal en humanité. Plus facile à dire qu'à faire

La solution du conflit israélo-palestinien est la seule clef qui permettra de déverrouiller le dialogue entre le monde arabe et l'Occident. En l'absence de ce catalyseur, le dialogue se fera attendre. Or seul le dialogue offre une fenêtre d'ouverture pour faire avancer la compréhension et trouver des solutions; aucune solution n'est possible sans discussion préalable.

L'Occident doit apprendre à mieux connaître l'islam, non parce que c'est la religion de "nos ennemis", mais parce que, comme chez les enfants de Neve Shalom/Wahat al-Salam, c'est la religion de nos voisins.

Oasis de la Paix nous montre l'exemple : cessons de considérons les Arabes comme des gens qui nous inspirent la peur. Oui, nous peignons l'autre de couleurs terrifiantes pour voir en lui l'ennemi, mais nous pourrions aussi nous interroger, casser les reins aux préjugés, revoir nos certitudes, éveiller nos consciences. Au-delà, c'est l'Occident qui doit tout apprendre sur les conflits économiques, politiques, sociaux, et culturels qui plombent la région.

Où se situe le clivage entre l'Orient et l'Occident ? Pas seulement au niveau des religions, mais aussi de la dynamique politique, la course aux ressources, de l'égoïsme, de l'indépendance, du rapport des forces. Quand nous aurons compris cela, nous verrons que les rapprochements sont possibles.

Sur la liste des candidats à l'Oasis de la Paix, 500 familles sont en attente. Cet automne, 15 de ces familles donneront le premier coup de bêche sur leur lopin de terre et poseront la première pierre de leur nouvelle maison, de leur nouvel avenir. Sans peut-être pleinement mesurer les difficultés qui les attendent, ils sont porteurs de toute la bonne volonté du monde.

Aux yeux du monde, ils offrent un rayon de lumière.

Les résidents de ce petit village nous montrent, à la force du poignet, que la paix est à portée de main de tous ceux qui la désirent et qui sont prêts, pour la trouver, à sacrifier leurs préjugés d'antan afin que tous puissent la partager.

Puisqu'ils nous donnent cet exemple, c'est à nous qu'incombera bientôt la responsabilité de le suivre.

* Deanna Armbruster est directrice exécutive de l'association American Friends of Neve Shalom/Wahat al-Salam et auteur de Tears in the Holy Land: Voices from Israel and Palestine.


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