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CGNews - eMarrakech - publié le Samedi 20 Septembre à 11:32

Israël et Syrie: ne rompez pas le dialogue




Bilal Y. Saab et Bruce Riedel - Washington - Les négociations indirectes la entre la Syrie et Israël qui ont démarré au mois de mai dernier sont allées aussi loin qu’il était possible. Leur but, qui était de rompre la glace entre les deux pays après huit ans de mutisme et de sonder la détermination de la partie adverse sur certaines questions, a été atteint.



Aujourd’hui, le président Bachar el Assad veut aller plus loin, ainsi qu’en témoigne la proposition de pourparlers de paix directs qu’il vient de faire à Israël, dans un sommet quadripartite auquel participeraient la Syrie, la Turquie, la France et le Qatar. Mais Assad sait que deux grandes incertitudes grèvent encore cet espoir d’un accord de paix historique avec les Israéliens: la position du prochain gouvernement américain et le résultat d’un éventuel scrutin israélien.

Si Assad est reconnaissant du rôle qu’a joué la Turquie jusqu’à présent (elle a accueilli cinq séries de négociations, dont la dernière, à Istanbul les 18 et 19 septembre), et de la promesse de la France de prêter ses bons offices dans tous les entretiens syro-israéliens, il ne s’intéresse à un accord de paix avec Israël que dans la mesure où celui-ci sera le fruit d’une médiation des Etats-Unis. Un accord sanctionné par Washington aurait pour effet non seulement de garantir le retour du Golan à la Syrie (en contrepartie d’un accord de sécurité durable avec Israël), mais aussi et surtout de mettre fin à l’isolement de la Syrie dans le concert des nations. La leçon la plus importante que Bachar el Assad a apprise de son père, c’est que de bons rapports avec Washington, plus que toute autre capitale étrangère, servent les intérêts stratégiques de la Syrie. Il sait aussi que, tant que la nouvelle équipe ne sera pas en place à Washington, il est illusoire de poursuivre la négociation qu’il propose. Côté israélien, l’incertitude est la même. Et Assad doit attendre que le sort du futur gouvernement soit décidé - ce qui se fera par voie d’élection - pour être sûr que le prochain Premier ministre sera sur la même longueur d’onde que Ehud Olmert. En attendant l’élection du président américain en novembre et la nomination d’un nouveau Premier ministre israélien dans les six mois à venir, la Syrie et Israël sont condamnés à ronger leur frein. Pendant ce temps, toutefois, les tensions entre les deux pays sont vives, même si deux ans se sont écoulés depuis l’affrontement non résolu de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah. Israël reste profondément inquiet que la Syrie pourrait bien réarmer les milices chiites en prévision d’un deuxième tour. Les hauts responsables israéliens de la défense estiment que, dans l’état actuel de leur déploiement de forces, les Syriens pourraient, en l’espace de quelques heures, aéroporter des commandos dans le Golan et s’y rendre maître de plusieurs sommets. En vue de cette éventualité, Israël a récemment effectué de grandes manoeuvres avec munitions à balles réelles sur le plateau. “L’autre côté monte en puissance”, affirme Ehud Barak, ministre israélien de la défense, qui suit de près les exercices. “Ce n’est pas pour le plaisir que nous nous déployons les grands moyens.” De son côté, en réponse à ces manoeuvres, la Syrie a immédiatement mis son armée en alerte rouge. D’un point de vue strictement militaire, il est peu probable que la Syrie et Israël s’embarquent dans une guerre à tout crin dans un avenir proche ou moyen. Bien que la Syrie ait récemment modernisé ses systèmes de défense aérienne et côtière, acquis le matériel anti-blindé le plus avancé que Moscou ait à offrir et développé ses capacités de combat asymétrique, son armée n’arrive toujours pas à la cheville de celle d’Israël. Les dirigeants syriens savent fort bien qu’un affrontement militaire direct entre les deux pays se traduirait par une victoire israélienne sans conteste. Mais, Israël a beau ne pas se soucier d’un affrontement militaire conventionnel avec la Syrie, il redoute fortement ses stocks d’armes chimiques et biologiques (ACB) et ses missiles sol/sol. La Syrie peaufine ses capacités en ACB depuis les années 1980 et a acquis, tout récemment, la capacité de lancer des fusées à moyenne et longue portée en grand nombre. Dotées de têtes nucléaires ou biologiques, ces fusées pourraient semer la terreur et la dévastation en Israël. Faut-il en conclure que ces considérations militaires excluent toute éventualité de guerre? Pas forcément. Une conflagration pourrait toujours éclater par suite d’une erreur de calcul ou d’interprétation. Jamais, depuis les années 1980, le risque d’une erreur d’interprétation fatale n’a été aussi grand. Pour éviter des malentendus de ce genre, Israël et la Syrie doivent maintenir le contact et le dialogue. Tant que la situation sur le terrain reste explosive, les négociations indirectes qui se déroulent aujourd’hui encore en Turquie sont importantes dans la mesure où elles minimisent les risques de malentendus entre les deux pays. Telle est la valeur du rôle unique qu’a joué et que joue encore la Turquie à ce jour


Tagué : guerre, militaire, paix, syrie

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