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Rhezali Abdelaziz - publié le Mercredi 8 Août à 00:19

Impôts agricoles: une source pour la recherche agronomique






Impôts agricoles: une source pour la recherche agronomique
L’agriculture marocaine est une plaque tournante de l’économie nationale, par sa participation au PIB qui peut aller jusqu’au 16%, ce secteur reste la force motrice sans contestation de la roue de développement de notre pays. Les agriculteurs marocains jouissaient et jouirent encore d’une grande faveur, il s’agit de l’exonération totale du secteur agricole des impôts. Les agriculteurs surtout les grands, ont pleinement bénéficié du Dahir de 21 Mars 1984 qui a dicté l’exonération totale du secteur agricole des impôts jusqu’au l’an 2000, cette exonération a été prolongée jusqu’au l’an 2013 suite à une décision royale.

Lors de son discours, le roi Mohammed VI a annoncé que le but de cette prolongation est de mettre en place un autre régime fondé sur les principes de justice fiscale, de solidarité sociale et de la préservation des activités agricoles. Suite à cette déclaration royale, une polémique a été déclenchée, et plusieurs débats et points de vue ont suivi le discours du monarque. Entre autres, des intellectuels se sont attaqués au tabou absolu de cette défiscalisation, stipulant son iniquité et inefficacité, et considérant que c’est une malédiction qui a frappé le pays depuis des années. En effet, les grands agriculteurs sont seuls les grands bénéficiaires de cette faveur. Or, les impôts directs et indirects, constituent la première source financière du budget de l’état, et contribuent efficacement au financement des dépenses publiques et de la promotion des œuvres sociales et économiques du pays. La constitution marocaine actuelle, dans l’article 39, déclare que tous supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens les charges publiques. En revanche, ceci est en contradiction avec la réalité. A vrai dire, une différenciation atteint les marocains au terme de la fiscalisation surtout que les grands agriculteurs ne payent aucun centimes pour l’état. Au contraire, ils bénéficient davantage des subventions qui se chiffrent en millions de dirhams. Les pouvoirs de l’état sont appelés vivement à réfléchir sur la fiscalisation du monde agricole, ne serait ce en premier temps, les grands exploitants comme première cible de l’impôt. D’autre part, dans un monde en pleine mutation portant le slogan de la recherche comme un chemin incontournable pour une meilleure productivité, l’état ne peut pas à elle seule pousser notre agriculture plus loin sans l’intervention du secteur privé (Grandes exploitations). En effet, sa participation dans les impôts serait une source en or afin de financer les grands projets de recherche dans le monde agricole marocain. Cet axe, très crucial chez les grandes puissances du monde notamment les Etats Unis Américaines et la France, est négligé au Maroc.

Notre pays se contente d’importer la technicité européenne et américaine sans se forcer à conduire des essais qui couvrent ses conditions édaphiques et climatiques. Par conséquent, comment peut-on pousser cette agriculture en avant sachant que les moyens nécessaires afin de piloter de vrais essais et une recherche bien ciblée et pointue sont absents ?

A titre d’exemple, le Maroc importe les semences de plusieurs cultures maraichères et fourragères de l’extérieur. Faute de moyens, notre pays ne dispose pas d’un arsenal scientifique puissant pour produire sa propre semence, et reste toujours contraint de recourir vers l’importation et gâcher sa devise de but de combler ce besoin. Devant notre gouvernement en 2013 une équation à résoudre, extraire les impôts et financer la recherche agronomique, ou se contenter de voir de loin des gens entrain d’encaisser des milliards au dépens d’un peuple assoiffé d’une vraie démocratie, qui veut sortir d’un donjon sombre et cruel vers un jardin charmant et verdâtre.



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