Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Italie: référendum à risque, en pleine vague populiste, pour Renzi: Le chef du gouvernement... | via @lemagMaroc https://t.co/JlyujW1Cxy



Mostafa KHEIREDDINE - publié le Lundi 4 Juillet à 11:04

Importation des déchets, entre enjeux environnementaux et défis énergétiques

Pour une veille environnementale sur les déchets importés






Importation des déchets, entre enjeux environnementaux et défis énergétiques
Il est connu, depuis fort longtemps, que certains pays africains accueillent des déchets dangereux moyennant des redevances de leur élimination. Les pays de la corne de l’Afrique sont destinataires de navires de déchets dangereux (électroniques, toxiques,..) au point de devenir des décharges à ciel ouvert.

Cette pratique trouve ses explications, dans une réglementation environnementale en vigueur dans les pays du Nord, qui fait de l’élimination des déchets un processus coûteux, mais surtout, d’une complicité des politiques et élus de certains pays du Nord qui encouragent à demi-mot le transfert des déchets vers le continent africain.

Aussi, est-il nécessaire de souligner, l’insouciance évidente de certains pays africains de la question de la préservation de l’environnement et la protection de la santé des populations, et qui rend cette pratique de plus en plus courante.

Ces derniers jours, la presse électronique et les réseaux sociaux ont fait l’écho de la présence de navires de déchets dans le complexe industriel de Jorf Lasfer. Relayée par la presse écrite, l’information portant sur l’importation de 2500 tonnes de déchets pneumatiques et de plastiques a pris des dimensions inquiétantes.

COP22 oblige, l’autorité gouvernementale chargée de l’environnement a dû sortir de son mutisme à travers un communiqué, précisant qu’elle « n’a autorisé l’importation que des déchets type « RDF » qui sont des déchets non dangereux utilisés en tant que combustible de substitution à l’énergie fossile classique dans les fours de cimenteries à l’échelle internationale », et ce en « en conformité avec les dispositions de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination et ses textes d’application et de celles de la convention de Bâle relative aux mouvements trans-frontières des déchets que la Maroc a adopté en 1995 ».

Au-delà de ce communiqué rassurant, convient-il de souligner que si l’importation des pneumatiques rechapées est une pratique courante au Maroc, soit l’équivalent de 35000 tonnes/an, il n’est, toutefois, pas connu que le Maroc est une destination de déchets dangereux. Exploités par l’activité industrielle, les pneus à l’état usé ou déchiqueté sont une source d’énergie pour les industriels, et principalement les cimentiers.

Pour une stratégie de revalorisation des déchets industriels
Et donc, à quelle que chose malheur est bon, ce premier test industriel, comme le souligne le communiqué, d’importation et de valorisation de déchets doit s’inscrire dans les principes, les droits et les devoirs consacrés par la loi-cadre 99-12 portant charte nationale de l’environnement et du développement durable. Et qu’il y a là une occasion à veiller à leur applicabilité par l’ensemble des acteurs institutionnels et socio-économiques.

A charge des pouvoirs publics d’assurer la bonne gouvernance environnementale, notamment « la mise en conformité des politiques publiques avec les exigences de protection de l'environnement et du développement durable » (art.24). Aux acteurs économiques importateurs des déchets de « procéder à des audits environnementaux pour vérifier l'impact de leurs activités sur l'environnement » et de « réduire les effets négatifs de leurs activités sur les milieux et les écosystèmes dans lesquels ils sont implantés » (art.21). Et à la société civile de « prévenir les autorités compétentes des atteintes ou dangers affectant l'environnement et des actes caractérisés de gaspillage des ressources » (art.23).

Pour conclure, il est temps qu’une stratégie de revalorisation des déchets industriels soit mise en place. Le balisage s’impose, de par les quantités générées par le système productif industriel, mais surtout, afin d’éviter que des circuits illicites d’importation de déchets dangereux prennent place. Ne peut-on rappeler que, des milieux mafieux dans le pourtour méditerranéen font de l’exportation des déchets dangereux une activité très rentable.

Mostafa KHEIREDDINE
Urbaniste senior
Université de Montréal
Chercheur en sciences de la ville

 



               Partager Partager


Nouveau commentaire :
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook, Twitter ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.

Les internautes peuvent signaler des messages qu’ils estiment non conformes à ces Charte de modération en cliquant sur le bouton « Alerter ».