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par Simin Wahdat - CGNEWS - publié le Jeudi 16 Septembre à 10:45

Il faut remettre les droits des Afghanes à l'ordre du jour




Washington – Lors de la chute des talibans, ma famille et moi-même étions déjà installés au Pakistan, après avoir fui notre pays d'origine, l'Afghanistan, comme tant d'autres. Le nouveau paysage politique apparu en 2001 a fait naître un tout nouvel espoir chez les Afghans, y compris dans ma famille. Je me souviens de l'enthousiasme grandissant pour les droits des femmes en Afghanistan qui était partagé par la communauté internationale et le gouvernement afghan.



En 2004, après avoir été réfugiés pendant onze ans, nous sommes rentrés à Kaboul. C'était une époque enjouée et prometteuse. La question de la liberté des femmes était encore nouvelle, non seulement pour Kaboul mais aussi pour le pays tout entier, pour la communauté internationale et les organisations d'aide. En 2004, les femmes obtenaient 25% des sièges au Parlement afghan, un des taux les plus élevés au monde.

Toutefois, en 2006, les droits des femmes, la sécurité, l'éducation et la santé sont devenus des sujets de préoccupation secondaires. Cette année-là, de terribles violences ont éclaté, attirant l'attention des Afghans et de la communauté internationale sur la sécurité. Ces dernières années, à seulement quelques kilomètres de Kaboul, les filles se sont vu refuser, une fois de plus, le droit d'aller à l'école; certaines se sont même fait asperger le visage d'acide ou ont été victimes d'autres actes de violence comme l'enlèvement, le viol et l'assassinat.

L'attention croissante, loin des droits des femmes afghanes, manifestée par le gouvernement afghan et la communauté internationale, me conduit à penser que les femmes ont été utilisées à des fins politiques. La présence de femmes au sein d'organisations publiques et du gouvernement semble ne revêtir qu'une valeur symbolique en Afghanistan; elles n'ont en effet ni pouvoir, ni influence réels.

L'approbation en mars 2009, par le président afghan Hamid Karzaï de la loi sur le ''Statut personnel des chiites'' qui anéantit les droits et les libertés des femmes chiites en Afghanistan, est une des manifestations de ce terrible constat. En vertu de ladite loi, les femmes n'ont pas le droit de refuser de satisfaire sexuellement leur mari, à moins qu'elles ne soient malades, et elles peuvent être privées de nourriture si elles agissent ainsi. Le droit de sortir de chez elles sans la permission d'un membre de leur famille de sexe masculin leur est également refusé. En août 2009, la loi est révisée, autorisant, seulement en cas d'urgence, les femmes shiites à sortir de chez elles sans permission.

Cette loi marque un net recul des droits des femmes.

La position du gouvernement afghan au regard des femmes est ambigüe. En effet, il proteste contre l'injustice des talibans, illustrée par l'histoire de Bibi Aisha qui s'est fait couper le nez et les oreilles par son mari et qui a fait la couverture de Time Magazine, mais soutient la loi sur la famille qui, en réalité, légalise les sévices contre les femmes.

Nous risquons de revenir à la situation que nous avons connue il y a près de dix ans pour ce qui est des droits des femmes. Si le gouvernement afghan et la communauté internationale ne font pas des droits des femmes une priorité, la torture et l'oppression de celles-ci redeviendront une pratique commune dans la société afghane.

Pour éviter ces tristes conjectures, le gouvernement afghan et la communauté internationale doivent faire preuve de patience et rester fidèles à leurs visions, projets et plans à long terme. Renforcer le gouvernement central est essentiel pour créer la sécurité dans le pays, ce qui est particulièrement important pour les femmes.

Par ailleurs, il est impératif de mettre en place des programmes d'enseignement qui non seulement apprennent aux populations à lire et à écrire mais qui leur offrent aussi des formations destinées à renforcer leurs aptitudes pour des emplois ainsi que des ateliers qui englobent la guérison des traumatismes, l'autonomisation personnelle et des fondements pour la consolidation la paix. Il importe également que les femmes qui travaillent au Parlement ou dans des organisations gouvernementales reçoivent une formation de leadership appropriée.

Mais ces programmes ne nous conduiront que jusqu'à un certain point.

Compte tenu de mon expérience comme stagiaire à Women for Women International et dans d'autres organisations non gouvernementales, je pense que nous ne devrions pas dépendre des gouvernements et des hommes politiques pour décider du sort des femmes en Afghanistan. Comme la communauté internationale discute du parti et des engagements à prendre à l'égard de l'Afghanistan, il est temps pour nous, en tant qu'individus et groupes au sein de cette communauté, de tendre la main vers ces femmes en Afghanistan qui ont désespérément besoin d'aide.

En Afghanistan, des hommes et des femmes sensés et de bonne volonté doivent trouver le courage de se lever et de se battre pour les droits des femmes. Ceux et celles qui font partie de la diaspora afghane doivent se joindre à eux pour faire pression sur le gouvernement afghan, le gouvernement des Etats-Unis et les organisations d'aide afin qu'ils accordent leur priorité aux droits des femmes.

Nous devons tous répondre aux promesses faites au cours des dix dernières années. Nous pouvons – et nous devons – prendre position pour les droits des femmes afghanes et leur avenir.

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*Simin Wahdat est étudiante à Bucknell University et stagiaire à Women for Women International à Washington. 


Tagué : cgnews

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