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Zineb El Kadri - publié le Jeudi 23 Octobre à 11:32

Hymne à ma mère



En littérature, le thème de la mère est omniprésent,car c’est tout un monde symbolique et un principe instinctif
En effet, C'est un sujet relevant de l'intime, de la sphère privée. Cependant cette thématique a inspiré de nombreux auteurs et a suscité des sentiments divers : de l'émotion, des regrets, de la colère voire même de la haine...
Le thème de la mère ouvre des champs inépuisables pour la création littéraire.On trouve plusieurs écrivains qui parlent de leurs mères ainsi que les relations entretenues entre la mère et l'enfant. De Madame de Sévigné qui tenait une correspondance avec sa fille Madame de Grignan chaque jour, au joli texte de Gérard de Cortanze "Miss Monde", en passant par les manques terribles des narrateurs de Patrick Modiano, célébrons la mère dans tous ses états
Le visage de la mère est d'abord source de vie. Visage de l'amour sacré, de la protection, la mère est la référence première, le premier idéal pour l'enfant. Pour différents auteurs, la mère est une grande source d'inspiration. La mère est à la fois source de création et force étouffante et destructrice. Des métaphores de fertilité et de stérilité, de régénération et d'avortement pleuvent dans la littérature.



La mère: souveraine de l'amour

A ma mère
O Dieu, clément miséricordieux
Ma mère, qui m’est sacrée
Comme les livres saints, et qu’un testament
J’adorais dès le matin bleuâtre
Qui se levait là, près de l’eau douceâtre
Dans l’embrun gris monté des flots,
Du fleuve qui chantait matines
A voix de minarets dans la bruine, les mosquées
O ma mère, avec vos yeux bleuâtres,
Que je regardais comme cieux,
Abaissés sur moi tout de tendresse,
Et vos mains pleines de câlins,
Lorsqu’en vos bras vous me souleviez
De votre douceur de velours satiné
Pour me renaitre en jubilation et allégresse
Alléluia, du nouveau jour s’épandront mes balbutiements,
Aux aubes des jours sacrés…
O ma mère qui m’est si vénérable et douillette
Comme votre caftan de satin,
Et qui ressemblait à une écume de mer,
Jetant aux rocs ses blanches mousselines,
Lorsque je la touchais de mes petits doigts,
Ma Mère, avec aux mains des bracelets
Que je croyais des auréoles de lumière,
Lors de mes songes puérils, immenses,
Je te voyais princesse non reine d’un pays
Où les nimbes entourent les têtes de la plèbe
Mais dont je me souviens encore et encore …
O ma Mère aussi qui priez, adjurez
Parfois lorsqu’à tort j’avais peine,
Des implorations fortuites qui les faisaient
De mes consternations choses sereines
Et qui de tendresse me les offriez
Alors que pour rien du tout, je pleurais…
O ma mère, dans mon enfance,
J’étais en vous, et vous en moi,
Et vous étiez dans ma dévotion,
Comme les Mères des croyants que l’on vénère,
Décrites dans maints livres et encyclopédies d’Histoire,
Que je feuilletais avec impatience et insouciance,
Survolant les paradis verdâtres
Renommant les créatures célestes dorées et argentées
Ou les mille et une âmes montaient sans cesse,
Et vous m’étiez la Mère-Dévote,
Et dont on m’avait cru le renom,
Qui portait comme de lumière
Une auréole, un nimbe suspendu aux cheveux.
Mais temps qui va et jours qui passent,
Et oui, ma Mère, j’ai grandi,
Vous m’avez été solennellement l’amie intime
Aux moments où j’avais l’âme blasée,
Ainsi que parfois dans la vie
Il en est d’avoir trop songé
Et sur la voie qu’on a empruntée
De s’être ainsi souvent leurré.
Et vous m’avez lors rassérénée et bercée
Des jours affligés dont j’étais l’amphitryon,
Et m’avez aussi excusée
Parfois encore aussi mes erreurs,
Ma Mère, qui lisiez en moi,
Par télépathie, ce que je pensais sans le proférer,
Et saviez mon chagrin ou mon euphorie
Et me l’avériez d’un ravissant sourire.
O ma Mère des vénérées, si robuste et si fine,
C’est votre sang qui parle en moi,
Et mon âme béate qui se confine
En vous, et d’amour, et de foi,
Car vous m’étiez comme Sainte,
Et lorsque vous êtes partie,
J’ai su que je me suis fourvoyée.

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