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MAP - Ali Refouh - publié le Jeudi 27 Février à 12:20

Hnya, une sage-femme en première ligne pour la préservation de la santé infantile



Essaouira - Hnya est une de ces personnes qui, de par leur fonction, savent plus que les autres que la vie, combien est-elle précieuse, ne tient qu'à des pratiques simples et pas coûteux que tout un chacun peut facilement adopter dans son existence de tous les jours.



Et pour cause, cette quadragénaire au regard apaisant, exerce en tant que sage-femme depuis une vingtaine d'années à Essaouira et sa région, une longue carrière durant laquelle elle a dû lutter, avec ses consoeurs et confrères, pour corriger des habitudes et des croyances qui condamnaient bien des vies.

"La culture de l'hygiène était absente chez les gens, notamment dans le monde rural. A titre d'exemple, le cordon ombilical était coupé avec la première lame qui tombait dans la main de l'accoucheuse, sans se soucier des règles sanitaires mineurs qui peuvent épargner bien des maux à l'enfant", raconte Hnya dans une déclaration à la MAP.

"Il y avait d'autres usages absurdes qui entouraient l'accouchement et les soins du nouveau-né. On appliquait, ainsi, du henné et du khôl sur le nombril du bébé pour, soi-disant, aider à la cicatrisation, ce qui est tout à fait faux", s'insurge-t-elle, expliquant que "ces produits sont des sources d'infection et induisent, notamment, le risque d'atteinte au tétanos".

La lutte contre ces pratiques, qui ne constituent qu'une partie infime d'un ensemble de croyances qui, hélas, résistent toujours à l'évolution de la médecine et à la vie moderne, a constitué ainsi le cheval de bataille de Hnya et de ses compagnons de lutte, armés en cela de leurs connaissances scientifiques et leur sens inné de la communication. 

"Quand nous avons commencé à travailler dans les régions rurales, nous avons accentué nos efforts pour éradiquer ces pratiques malsaines", indique Hnya, ajoutant qu'il s'agissait d'initier la population locale à des gestes simples comme "se laver les mains avant d'entamer l'opération d'accouchement, utiliser pour une seule fois une lame de rasoir neuve et bannir l'usage de produits nuisibles sur le nombril ou tout autre partie du corps du bébé". 

"Cette mission n'était pas de tout repos. Certes, les gens étaient prédisposés au changement, mais il a fallu, quand même, essayer de parler un même langage, simplifier les notions, persévérer dans la diffusion du message, quitte à tomber dans la répétition, et s'armer de patience. En fin de compte, ils ont commencé à appréhender les conseils qui leur sont donnés", se réjouit-elle. 

"Aujourd'hui, il y a un début de prise de conscience grâce au travail de sensibilisation accompli à plusieurs niveaux. Mais il faut persévérer", estime-t-elle. 

Mais l'expérience de Hnya, qui se trouve au premier contact du bébé avec le monde extérieur et représente le soutien et la confidente pour les femmes enceintes, ne révèle pas que des croyances à bannir. D'autres pratiques à encourager existaient, et qui sont aujourd'hui ironie du sort- menacées par les mutations socio-économiques. 

"Dans ces sociétés traditionnelles, certaines habitudes saines étaient, toutefois, d'usage comme l'allaitement maternel et le contact peau à peau précoce des mères et de leur nouveau-né", souligne-t-elle, racontant que "dès que la mère se sentait bien, elle prenait le bébé dans ses bras et lui donnait le sein. Cela fait partie des points positifs dans notre culture".

Du haut de ses vingt ans d'expérience et dans des termes posés, simples et directs, qui dénotent un sens élevé de communication, cette "femme sage" tient à lancer son message à tous les couples: "L'accouchement dans un milieu surveillé, le respect des règles de l'hygiène, le contact mère-bébé et l'allaitement maternel sont les règles d'or pour une existence saine de nos enfants". C'est simple, mais vital.

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