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Abdelkarim Chankou - publié le Dimanche 24 Février à 03:29

Hippo-crisie à dose de cheval !






Si le pauvre consommateur d’Europe et d’ailleurs savaient combien de tonnes il a avalé de carcasses d’animaux mécaniquement transformées il n’aurait pas craché son dégoût à l’éclatement de l’affaire des lasagnes à la viande chevaline ! Tout y passait.

De la patte de volaille dont les cartilages sont broyés et transformés en délicieuses MORTadelles aux intestins de bovidés en passant par les mamelles de vaches laitières en fin de carrière ! C’est un peu le théorème de Lavoisier appliqué à la boucherie industrielle et autres plats cuisinés : Rien ne se perd, rien ne se crée mais tout se transforme ! Eh ! oui. Pour nourrir la planète de sept milliards de becs à des prix abordables il faudrait bien quelques sacrifices. Jadis encore les pauvres de certains pays du sud asiatique se nourrissaient du rat d’égout et il a fallu une véritable industrie de volaille et de cochonnaille de batterie pour que la protéine animale se démocratise.

Au Maroc, le scandale Spanghero a laissé indifférent. Pas parce que les plats cuisinés Findus incriminés ne s’y vendent pas ; tout le contraire, la classe moyenne de l’axe Casa-Rabat affolant des lasagnes Findus, mais pour une autre raison : Nombre de Marocains, en connaissance de cause ou sans le savoir, ont bouffé du cheval et même de l’âne ! Les rues des villes marocaines sont meubles de moul carossa qui proposent des sandwichs de merguez à 7 dirhams ! Mieux ! Lors des IXe Jeux méditerranéens de septembre 1983, organisés à Casablanca, les athlètes étrangers, logés dans la cité du Centre pédagogique régionale de Derb Ghallef, ont été nourris à la viande de bourrique par un fournisseur sans scrupules. Alors la viande des équidés les Marocains connaissent. Le marché de Derb Baladia (quartier Carlotti) à Casablanca est réputé depuis toujours pour ses boucheries chevalines qui sont plus demandées que leurs voisines camelines. Les musulmans mangent du chameau dont le Coran n’interdit pas la consommation mais que le Calife Omar avait recommandé ne pas manger. Idem du cheval dont le Coran n’interdit pas formellement la consommation de la viande. Mais il y a cheval et cheval. Il y ales sauvages qui pâturent librement dans les prairies et ceux qui ont rendu de bons et loyaux services (course, guerres, travaux…) et qui méritent plus une bonne retraite que les abattoirs.

Donc pour quoi ce « beurk » quasi général à la révélation de la filière Spanghero ? D’autant que la viande chevaline incriminée est plus saine que celle du bœuf qui entre 1985 et 2004 était le poison à éviter à cause de la maladie de la vache folle. Deux raisons à cette hypocrisie bien occidentale : Primo la viande chevaline montré du doigt est originaire de Roumanie ; or ce pays est dans l’imaginaire des Européens de l’Ouest la patrie des Roms et de Dracula suceur de sang. Secundo : grâce la démocratisation des sports équestres, le cheval est devenu l’ami des enfants au même titre que le chat ou le chien. Cette familiarité entre les enfants et certains animaux est si forte que dans certains pays, comme l’Angleterre, le lapin est interdit de consommation par consensus national.



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