Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU


AFP - publié le Lundi 14 Mars à 11:39

HRW appelle l'Egypte à annuler les peines d'adolescents chrétiens condamnés pour "outrage à l'islam"



LE CAIRE - Human Rights Watch (HRW) a appelé l'Egypte lundi à "protéger la liberté d'expression" et à annuler les peines de prison de quatre adolescents chrétiens coptes, condamnés pour "outrage à l'islam" après avoir parodié dans une vidéo une scène de prière.



Le 25 février, un tribunal correctionnel de Minya (centre) avait condamné trois adolescents âgés de 15 à 17 ans à cinq ans de prison, tandis qu'un quatrième, âgé de 15 ans, avait été condamné à l'enfermement dans un centre de détention pour mineurs pour une durée non déterminée. Après ce verdict, les jeunes adolescents n'ont pas été arrêtés.

Dans la vidéo, filmée début 2015 par un de leurs professeurs --lui-même condamné à trois ans de prison dans un procès séparé-- on peut voir l'un des adolescents s'agenouiller et mimer une prière musulmane, les autres gesticulant hilares autour de lui. L'un d'eux fait ensuite mine, avec le pouce, de décapiter celui qui priait.

L'avocat des jeunes garçons Maher Naguib avait assuré à l'AFP qu'ils voulaient parodier une décapitation telle que la pratique le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Leur vidéo avait d'ailleurs été tournée après que des jihadistes de l'EI ont filmé en février 2015 l'exécution de 21 chrétiens coptes en Libye.

"Se moquer de (l'EI) ou de tout autre groupe religieux avec une blague d'enfants, n'est pas un crime", a affirmé Nadim Houry, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient, dans un communiqué. Il a appelé les autorités à "révoquer l'article du code pénal utilisé pour traduire en justice" les personnes soupçonnées de "blasphème".

"Au lieu de céder à des vues rétrogrades sur le blasphème, les autorités égyptiennes devraient protéger la liberté d'expression", poursuit M. Houry.

Les condamnations pour outrage à la religion sont relativement fréquentes selon les organisations de défense des droits de l'Homme. Entre 2011 et 2013, 27 accusés sur 42 jugés ont ainsi été condamnés, selon un rapport de l'Initiative Egyptienne pour les Droits personnels.

Dimanche, le ministre de la Justice Ahmed el-Zind a été démis de ses fonctions après avoir provoqué un tollé en affirmant qu'il serait prêt à emprisonner "même un prophète".

Ces derniers mois, plusieurs affaires similaires ont éclaté en Egypte. En décembre, un intellectuel musulman, Islam al-Behairy, avait été condamné à un an de prison pour avoir critiqué le discours de certains imams et ainsi "mis en doute les enseignements fondamentaux" de l'islam. Et fin janvier, l'écrivaine Fatma Naout avait écopé de trois ans pour avoir dénoncé l'abattage rituel des animaux pour la fête sacrée du sacrifice, l'Aïd al-Adha.

               Partager Partager

Fil Info | Lemag | Presse | Tribune | Sahara