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MAP - publié le Jeudi 30 Octobre à 09:57

Grève générale: Les syndicats évoquent un succès, le gouvernement assure avoir garanti le fonctionnement normal des services publics



Rabat - Pendant que les centrales syndicales mettent en avant le succès de la grève nationale générale à laquelle ils ont appelé, ce mercredi, le gouvernement a assuré, par la voix de M. Mustapha El Khalfi, ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, avoir assumé sa responsabilité en garantissant "la liberté du travail et le fonctionnement normal des services publics".



Mustapha El Khalfi
Mustapha El Khalfi
Alors que les syndicats ont avancé que la grève a été observée à presque 84 pc, M. El Khalfi a indiqué que le mouvement s'est déroulé dans un climat normal, soulignant que le Maroc a consolidé ses acquis aux plans politique et démocratique en tant que pays des institutions et des libertés où la grève est désormais une pratique inscrite dans la normalité démocratique. Le ministre a, toutefois, invité les centrales syndicales à assumer leurs responsabilité dans cette grève.

Concernant la réforme des régimes de retraite, qui a constitué l'une des motivations invoquées par les syndicats pour justifier cette grève, M. El Khalfi a fait savoir, dans une déclaration à la MAP, que cette réforme est nécessaire et que sans elle le paiement des pensions sera arrêté dans quelques années. Il a affirmé que le gouvernement est déterminé à perséverer sur la voie de la réforme suivant une approche participative.

Il a ajouté que dès qu'il recevra l'avis consultatif du Conseil économique, social et environnemental au sujet du projet de réforme des régimes de retraite, le gouvernement ouvrira le dialogue avec les syndicats et ce avant l'élaboration de la version définitive de la réforme.

La réforme des régimes de retraite en général et celle des pensions civiles assurées par la Caisse marocaine des retraites en particulier, est nécessaire et urgente en ce sens que le déficit de ce régime atteindra 135 milliards de dirhams en 2023 si la réforme n'est pas réalisée, ce qui mettrait la Caisse dans l'incapacité de payer les pensions, a expliqué M. El Khalfi.

D'après le ministre, chaque jour de retard dans la réforme, coûte 60 millions de dirhams concernant la dette relative au régime des pensions civiles.

Le ministre a, d'autre part, indiqué que le dialogue social n'est pas gelé, soutenant que le gouvernement a tenu avec les syndicats pas moins de sept rencontres de dialogue social au cours desquelles, l'exécutif a réaffirmé son engagement à poursuivre la mise en oeuvre de l'accord du 26 avril 2011 et des nouvelles mesures, comme l'augmentation du Smig dans les secteurs public et privé à la faveur de 53 mille fonctionnaires du secteur public avec une enveloppe estimée à 160 millions de dirhams, et des pensions pour 92.500 bénéficiaires, ainsi que la création du fonds de compensation pour perte d'emploi (500 MDH) et l'annulation de l'obligation de ''la condition 3240 jours'' pour pouvoir bénéficier de la retraite.

De leur côté, l'Union marocaine du Travail, la Confédération démocratique du Travail et la Fédération démocratique du Travail ont affirmé que la grève générale nationale a été suivie à 83,7 pc au niveau de toutes les régions et provinces du Royaume et de tous les secteurs professionnels, les administrations, les établissements et les services publics, selon les rapports et les résultats préliminaires parvenus à la commission nationale de la grève, qualifiant de "succès éclatant" le taux de participation à ce débrayage.

"La participation de la classe ouvrière et de l'ensemble des salariés à cette grève syndicale ouvrière a dépassé toutes les prévisions", ont souligné les trois centrales syndicales dans un communiqué commun.

Après avoir présenté des indicateurs attestant du succès de la grève dans la majorité des régions, ces centrales ont relevé qu'au niveau des secteurs professionnels sur tout le territoire national, le débrayage a concerné, d'une manière totale et générale, tous les secteurs vitaux et stratégiques, productifs et de services, publics et privés.

Pour leur part, l'Union générale des travailleurs au Maroc et la Fédération démocratique du Travail ont fait état, dans un communiqué commun, d'un taux de participation de près de 84 pc, en moyenne nationale, ventilé à plus de 90 pc dans les secteurs publics et semi-publics et à 80 pc dans le secteur privé.

Ces deux centrales syndicales ont estimé que la participation "large et consciente" de l'ensemble des salariés à cette étape historique "constitue, incontestablement, une réponse civilisée aux politiques impopulaires du gouvernement visant, sur la forme et sur le fond, à aggraver les disparités sociales et à attenter à la dignité du peuple marocain".

Les syndicats avaient indiqué que cette grève intervient pour protester contre "l'atteinte portée au pouvoir d'achat de l'ensemble des salariés et aux classes populaires par le gouvernement à travers des augmentations successives des prix et la poursuite du processus de violation des libertés syndicales, la révocation des responsables syndicaux et leur poursuite en justice ainsi que le licenciement d'ouvriers, le gel du dialogue social et des conventions collectives, en violation flagrante de l'engagement de l'exécutif de reprendre le dialogue après le 1er mai 2014 sur les revendications pressantes de la classe ouvrière".

Les centrales syndicales revendiquent en outre l'augmentation des salaires et des pensions de retraite, l'application de l'échelle mobile, la réduction de la pression fiscale ainsi que la consolidation des lois sociales en premier chef le droit d'appartenance à un syndicat, le droit de grève et l'application du code du travail.

Les syndicats exigent, par ailleurs, d'entreprendre une réforme globale des régimes de retraite, de renoncer à la réforme paramétrique et la généralisation de la protection sociale, de veiller sur l'obligation de déclaration à la CNSS, de satisfaire les revendications sectorielles et catégorielles, d'asseoir les bases des négociations collectives au niveau de tous les secteurs, de mettre fin aux travaux temporaires et précaires et de sous-traitance et de garantir la stabilité du travail.

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